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Coopérations Décentralisées

 

        Au sein du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local, il existe une Direction de Coopération Décentralisée et des Partenariats chargée de mettre en place un cadre de définition des normes devant régir la solidarité interrégionale. La mise à disposition d’un appui technique pour la négociation, l’élaboration des conventions de coopérations décentralisées et intercommunale. La Division des Etudes, des Statistiques, de la Planification et des Statistiques quant à elle, est chargée de la recherche et de l’exploitation de toutes les opportunités de coopération avec les Communes d’ici et d’ailleurs. Le MINDDEVEL à travers la cette Division met en place un cadre pour faciliter aux maires les lourdeurs administratives dans leurs initiatives de jumelage.

        En effet, la mondialisation a fait en sorte que l’action publique à l’international ne soit plus une exclusivité des Etats. De nouveaux acteurs ont vu le jour et évolue parallèlement aux actions de l’Etat. L’essor de ces nouveaux acteurs sur la scène internationale s’est accompagné d’une restructuration de la souveraineté de l’Etat. Celui-ci, tout en demeurant le seul détenteur de multiples prérogatives, a encouragé d’autres entités territoriales en son sein à intervenir, à côté de lui, dans le champ international. Au nombre de ces acteurs, il y a lieu d’épingler les Organisations non Gouvernementaux, les médias, les associations professionnelles, la société civile et les Collectivités Territoriales Décentralisées. Alors qu’au sommet de la terre de Rio en 1992, les entités territoriales décentralisées étaient absentes, elles sont aujourd’hui totalement impliquées dans toutes les négociations et initiatives en matière de développement durable. Dès lors, ces dernières jouent de plus en plus un rôle important dans la promotion du développement au niveau local. Les ressources disponibles n’étant parfois pas suffisantes pour financer et matérialiser les projets, les Communes se lancent à la conquête des partenaires extérieures (d’autres collectivités) pouvant contribuer d’une façon ou d’une autre à accélérer leur développement : C’est la coopération décentralisée.

        La coopération décentralisée est perçue comme une pratique d’échanges internationaux faisant intervenir des collectivités et associations locales, des ONG, des entreprises, des administrations centrales etc. Elle résulte d’une convention par laquelle deux ou plusieurs Communes décident de mettre en commun leurs divers moyens en vue de réaliser des objectifs communs, c’est la substance de l’article 131 alinéa 1 de la loi de 2004 fixant les règles applicables aux Communes. Elle peut s’opérer entre deux ou plusieurs Communes camerounaises ou entre celles-ci et des Communes étrangères. Il s’agit concrètement d’un instrument nouveau mais approprié pour dynamiser les initiatives locales de développement. C’est donc la coopération qui peut naitre entre les collectivités des pays développés avec celles des pays en voie de développement.

        Dans ce cas, la qualité et le statut d’agent de coopération décentralisée sont réservées aux collectivités locales car on maintient qu’il s’agit d’une des relations décentralisées au sens public du terme. Cette forme de partenariat extérieur est aussi appelé « jumelage ».

        La convention préalablement établie afin de régir le partenariat doit être soumise à la double autorisation du conseil municipal et du Ministre en charge de la décentralisation. Ce processus vise à mettre l’aide au développement directement à la disposition des collectivités territoriales des pays du Sud en contournant les administrations centrales des Etats. Leurs domaines de prédilection sont aussi variés que divers. Ceux-ci vont de la démocratie locale à la santé publique, en passant par la lutte contre les inégalités sociales et la promotion du développement économique, sans oublier la protection de l’environnement ou l’action humanitaire. Quatre grandes étapes ont marqué l’intuition de la coopération décentralisée comme nouveau concept de relation intercommunale basé sur :

  • Une volonté de solidarité marquée par une approche humanitaire (un moyen de « rapprochement entre les hommes ») ;
  • Une volonté d’agir pour le développement marqué par une approche de développement (une coopération de proximité qui réalise des actions concrètes répondants aux besoins des populations) ;
  • Une volonté d’appui au processus de décentralisation marquée par une approche d’appui institutionnel (un moyen de soutenir la dynamique de démocratisation) ;
  • Une volonté de coopération basée sur les enjeux des partenaires marqués par une approche d’intérêt mutuel.