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(1) La présente loi porte Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées, ci-après
désignées « les Collectivités Territoriales ».
(2) Elle définit :
– le cadre juridique général de la décentralisation territoriale ;
– le statut des élus locaux ;
– les règles d’organisation et de fonctionnement des Collectivités Territoriales ;
– le régime spécifique applicable à certaines Collectivités Territoriales ;
– le régime financier des Collectivités Territoriales.

(1) Les Collectivités Territoriales de la République sont les Régions et les Communes.
(2) Elles exercent leurs activités dans le respect de l’unité nationale, de l’intégrité du
territoire et de la primauté de l’Etat.
(3) Les Collectivités Territoriales sont d’égale dignité. Aucune collectivité territoriale ne
peut établir ou exercer de tutelle sur une autre.
(4) Tout autre type de Collectivité Territoriale est créé par la loi.

(1) Les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest bénéficient d’un statut spécial fondé sur leur
spécificité linguistique et leur héritage historique.
(2) Le statut spécial visé à l’alinéa 1 ci-dessus se traduit, au plan de la décentralisation,
par des spécificités dans l’organisation et le fonctionnement de ces deux Régions.
(3) Le statut spécial se traduit également par le respect des particularités du système éducatif
anglophone, et la prise en compte des spécificités du système judiciaire anglo-saxon basé sur la
Common Law.
(4) Des textes particuliers précisent le contenu des spécificités et des particularités visées à
l’alinéa 3 ci-dessus.

Des mesures d’incitation fiscales et économiques spéciales peuvent, en tant que de besoin, être
accordées à certaines Régions, en fonction de leur contexte, par des textes particuliers.

(1) La décentralisation consiste en un transfert par l’Etat, aux Collectivités Territoriales, de
compétences particulières et de moyens appropriés.
(2) Elle constitue l’axe fondamental de promotion du développement, de la démocratie et de la
bonne gouvernance au niveau local.

(1) Les Collectivités Territoriales s’administrent librement par des
organes élus, dans les conditions fixées par la loi.
(2) Les organes délibérants et exécutifs des Collectivités Territoriales
tiennent leurs pouvoirs du suffrage universel.

Les Collectivités Territoriales peuvent, exceptionnellement, être
administrées par des organes non élus notamment en application des
dispositions relatives à la constitution d’une délégation spéciale.

Les Collectivités Territoriales sont des personnes morales de droit
public. Elles jouissent de l’autonomie administrative et financière pour
la gestion des intérêts Régionaux et locaux et règlent, par
délibérations, les affaires de leur compétence.

Les Collectivités Territoriales disposent d’un patrimoine,
du personnel, des domaines public et privé et de services
propres, distincts de ceux de l’Etat et des autres
organismes publics.

Les Collectivités Territoriales peuvent, dans le cadre de
leurs missions, exécuter des projets en partenariat avec
elles, avec l’Etat, les établissements publics, les
entreprises du secteur public, parapublic et privé, les
organisations de la société civile ou des partenaires
extérieurs dans les conditions et modalités fixées par les
lois et règlements en vigueur.

(1) Les Collectivités Territoriales disposent de budgets et
de ressources propres pour la gestion des intérêts régionaux
et locaux.
A ce titre, elles :
– élaborent et votent librement leur budget ;
– disposent de ressources propres ;
– bénéficient des ressources provenant de l’Etat et des
autres personnes publiques ou privées ;
– reçoivent tout ou partie du produit tiré de l’exploitation
des ressources naturelles sur leur territoire dans les
conditions fixées par la loi ;
– produisent des ressources propres nécessaires à la
promotion du développement économique, social, sanitaire,
éducatif, culturel et sportif de leur territoire.
(2) Les ressources mentionnées à l’alinéa 1 ci-dessus sont
librement gérées par les Collectivités Territoriales dans
les conditions fixées par la loi.

Les ressources nécessaires à l’exercice par les
Collectivités Territoriales de leurs compétences leur sont
dévolues soit par transfert de fiscalité, soit par
dotations, soit par les deux à la fois.

(1) La Collectivité Territoriale est seule responsable, dans le respect
des lois et règlements, de l’opportunité de ses décisions.
(2) Le Chef de l’Exécutif représente la Collectivité Territoriale dans
la vie civile et en justice.
(3) Le Chef de l’Exécutif peut prendre ou faire prendre tous actes
conservatoires ou interruptifs de déchéances.

(1) L’organe délibérant de la Collectivité Territoriale statue sur les
actions à intenter ou à soutenir au nom de la Collectivité Territoriale.
(2) Il peut toutefois, en début d’exercice budgétaire, mandater le Chef
de l’Exécutif à l’effet de défendre les intérêts de la Collectivité
Territoriale concernée en toutes matières.

La responsabilité de la Région ou de la Commune est dégagée lorsque le
représentant de l’Etat s’est substitué au Chef de l’Exécutif Communal ou
Régional dans les conditions fixées par la loi.

(1) Les Collectivités Territoriales exercent leurs compétences dans le
respect des sujétions imposées par la défense nationale.
(2) L’exercice des compétences prévu par la présente loi n’empêche pas
les autorités de l’Etat de prendre, à l’égard des Collectivités
Territoriales de leurs établissements ou entreprises publics ou de leurs
regroupements, les mesures nécessaires à l’exercice des attributions
desdites autorités en matière de sécurité, de défense civile ou
militaire, conformément aux lois et règlements en vigueur.

L’Etat transfère aux Collectivités Territoriales les compétences nécessaires à leur
développement économique, social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif.

(1) Les Collectivités Territoriales exercent à titre exclusif, les compétences
transférées par l’Etat.
(2) Par dérogation à l’alinéa 1 ci-dessus, les compétences transférées peuvent être
exercées par l’Etat :
a) Si le Gouvernement entend intervenir ponctuellement dans le cadre du
développement harmonieux du territoire ou en vue de résorber une situation d’urgence
;
b) En cas de carence dûment constatée par arrêté du Ministre chargé des
Collectivités Territoriales, saisi par :
– Le Ministre concerné par la matière transférée ;
– L’organe délibérant de la Collectivité Territoriale à la majorité des deux tiers
(2/3) de ses membres.
(3) Un décret du Premier Ministre précise les modalités d’application du présent
article.

Le transfert et la répartition des compétences entre les Collectivités Territoriales
s’effectuent en distinguant celles qui sont dévolues aux Régions et celles qui sont
dévolues aux Communes.

(1) Le transfert et la répartition des compétences prévu à l’article 19 ci-dessus
obéissent aux principes de subsidiarité et de complémentarité.
(2) Les transferts de compétences prévus par la présente loi ne peuvent autoriser
une Collectivité Territoriale à établir ou à exercer une tutelle sur une autre.

Tout transfert de compétence à une Collectivité Territoriale s’accompagne du
transfert, par l’Etat à celle-ci, des ressources et moyens nécessaires à l’exercice
effectif de la compétence transférée.

(1) Les Collectivités Territoriales recrutent et gèrent
librement le personnel nécessaire à l’accomplissement de
leurs missions, conformément à la législation et à la
réglementation en vigueur.
(2) Toutefois, le personnel de l’Etat peut être affecté,
détaché ou mis à disposition auprès des Collectivités
Territoriales, à la demande de celles-ci, selon les
modalités fixées par voie règlementaire.
(3) L’Etat met en place une fonction publique locale dont le
statut est fixé par un décret du Président de la République.

Les fonctionnaires ou agents déconcentrés de l’Etat, qui ont
apporté directement ou indirectement leur concours à une
Collectivité Territoriale pour la réalisation d’une
opération, ne peuvent participer, sous quelque forme que ce
soit, à l’exercice du contrôle des actes afférents à cette
opération.

(1) Le transfert d’une compétence entraîne, de plein droit,
la mise à disposition de la Collectivité Territoriale
bénéficiaire de l’ensemble des biens meubles et immeubles
utilisés, à la date de ce transfert, pour l’exercice de
cette compétence.
(2) La mise à disposition prévue à l’article 1 ci-dessus est
constatée par un décret de dévolution du Premier Ministre.

(1) Il est institué une Dotation Générale de la
Décentralisation destinée au financement partiel de la
décentralisation.
(2) La loi de finances fixe, chaque année, la fraction des
recettes de l’Etat affectée à la Dotation Générale de la
Décentralisation mentionnée à l’alinéa 1 ci-dessus.
(3) La fraction mentionnée à l’alinéa 2 ci-dessus ne peut
être inférieure à quinze pour cent (15%).

(1) Les charges correspondant à l’exercice des compétences
transférées font l’objet d’une évaluation préalable au
transfert desdites compétences.
(2) Toute charge nouvelle incombant aux Collectivités
Territoriales en raison de la modification par l’Etat, par
voie règlementaire, des règles relatives à l’exercice des
compétences transférées, doit être compensée par le
versement approprié à la Dotation Générale de la
Décentralisation prévue à l’article 25 ci-dessus ou par
d’autres ressources fiscales, suivant des modalités définies
par la loi. L’acte règlementaire susmentionné en fait
mention.
(3) Dans le cas où l’insuffisance des ressources financière
des Collectivités Territoriales risque de compromettre la
réalisation ou l’exécution des missions de service public,
l’Etat peut intervenir par l’octroi de dotations spéciales
aux Collectivités Territoriales concernées.

(1) Les charges financières résultant, pour chaque
Collectivité Territoriale, des transferts de compétences,
font l’objet d’une attribution par l’Etat de ressources d’un
montant au moins équivalent auxdites charges.
(2) Les ressources attribuées sont au moins équivalentes aux
dépenses effectuées par l’Etat, pendant l’exercice
budgétaire précédant immédiatement la date du transfert de
compétences.

(1) Les compétences transférées aux Collectivités Territoriales en matière domaniale
s’exercent dans le respect de la législation en vigueur, en ce qui n’est pas
contraire aux dispositions de la présente loi.
(2) Les projets ou opérations initiés par une Région ou par une Commune sont établis
conformément à la législation et à la réglementation domaniales en vigueur.

(1) L’Etat peut céder aux Collectivités Territoriales tout ou partie des
biens meubles et immeubles relevant de son domaine privé, ou passer avec
elles des conventions portant sur l’utilisation de ces biens.
(2) La cession aux Collectivités Territoriales, par l’Etat, des biens
meubles et immeubles cités à l’alinéa 1 ci-dessus, peut être opérée à la
demande de celles-ci ou à l’initiative de l’Etat, pour leur permettre
d’exécuter leurs missions, d’abriter des services ou de réaliser des
équipements collectifs.

L’Etat peut, conformément aux dispositions de l’article 29 ci-dessus,
soit faciliter aux Collectivités Territoriales l’accès à la pleine
propriété de tout ou partie des biens meubles et immeubles relevant de
son domaine privé, soit affecter simplement à celles-ci le droit d’usage
de certains de ses biens meubles et immeubles.

(1) La Commune est tenue de requérir, par délibération, l’autorisation
de l’Exécutif Régional pour les projets d’intérêt local initiés sur le
domaine public maritime ou fluvial.
(2) La délibération prévue à l’article 1 ci-dessus est soumise à
l’approbation du représentant de l’Etat.

(1) Pour les projets ou opérations d’intérêt local initiés sur le
domaine public maritime et le domaine public fluvial par les personnes
physiques, les Collectivités Territoriales ou toute autre personne
morale, il est requis l’autorisation de l’organe délibérant de la
Région, après avis du Conseil Municipal où se situe le projet.
(2) La délibération prévue à l’alinéa 1 ci-dessus est soumise à
l’approbation du représentant de l’Etat.

(1) Dans les zones du domaine public maritime et du domaine public
fluvial dotées de plans spéciaux d’aménagement approuvés par l’Etat, les
compétences de gestions sont déléguées par ce dernier aux Régions et aux
Communes concernées, pour les périmètres qui leur sont respectivement
dévolus dans lesdits plans.
(2) Les redevances y afférentes sont versées aux Régions et aux Communes
intéressées.
(3) Les actes de gestion que prennent les Chefs des Exécutifs des
Collectivités Territoriales sont soumis à l’approbation du représentant
de l’Etat compétent et sont communiqués, après cette formalité, aux
organes délibérants pour information.

Pour les projets ou opérations initiés par l’Etat sur le domaine public
maritime et sur le domaine public fluvial, soit dans le cadre de
l’exercice de la souveraineté, soit dans l’optique de la promotion du
développement économique et social, ou de l’aménagement du territoire,
l’Etat prend sa décision après consultation de l’organe délibérant de la
Région, sauf impératif de défense nationale ou de préservation de
l’ordre public. Dans ce dernier cas, l’Etat communique la décision à
l’organe délibérant de la Région, pour information.

Le domaine public artificiel est géré exclusivement par l’Etat.
Toutefois, l’Etat peut le transférer aux Régions, suivant des modalités
de classement fixées par décret du Premier Ministre.

(1) Les projets ou opérations initiés par une Collectivité Territoriale
sont exécutés conformément à la législation et à la réglementation en
vigueur.
(2) Sauf impératif de défense nationale ou de maintien de l’ordre
public, les avis du Conseil Régional et du Conseil Municipal sont requis
pour les projets et opérations initiés par l’Etat sur le territoire de
la Commune.
(3) La décision mentionnée à l’alinéa 2 ci-dessus est communiquée, pour
information, au Conseil Régional ou au Conseil Municipal concerné.
(4) Les terrains du domaine national peuvent, en tant que de besoin,
être immatriculés au nom de la Commune ou de la Région, notamment pour
servir d’assiette à des projets d’équipements collectifs.

(1) Les Collectivités Territoriales disposent de services propres et
bénéficient, en tant que de besoin, du concours des services
déconcentrés de l’Etat.
(2) Les services publics locaux des Collectivités Territoriales peuvent
être exploités en régie, par voie de concession ou d’affermage.

Les Collectivités Territoriales peuvent créer des établissements ou
entreprises publics locaux, conformément à la législation en vigueur
applicable aux établissements publics, aux entreprises ou aux sociétés à
participation publique et aux personnes morales de droit privé
bénéficiant du concours financier de la puissance publique.

(1) Les Collectivités Territoriales exercent leurs missions
dans le respect de la Constitution, des lois et des
règlements en vigueur.
(2) Aucune Collectivité Territoriale ne peut délibérer en
dehors de ses réunions légales, ni sur un objet étranger à
ses compétences ou portant atteinte à la sécurité de l’Etat,
à l’ordre public, à l’unité nationale ou à l’intégrité du
territoire.
(3) En cas de violation par une Collectivité Territoriale
des dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus, la nullité absolue
de la délibération ou de l’acte incriminé est constatée par
arrêté du représentant de l’Etat, sans préjudice de toutes
autres sanctions prévues par la législation et la
réglementation en vigueur.
(4) Le représentant de l’Etat prend à cet effet, toutes
mesures conservatoires appropriées.

(1) Toute personne physique ou morale peut formuler, à
l’intention de l’Exécutif Communal ou Régional, toutes
propositions tendant à impulser le développement de la
Collectivité Territoriale concernée ou à améliorer son
fonctionnement.
(2) Tout habitant ou contribuable d’une Collectivité
Territoriale peut, à ses frais, demander communication ou
prendre copie totale ou partielle des procès-verbaux des
organes délibérants, des budgets, projets et rapports
annuels de performance, plans de développement, comptes ou
arrêtés, suivant des modalités fixées par voie
réglementaire.
(3) Les actes mentionnés à l’alinéa 2 ci-dessus sont
également publiés sur le site électronique de la
Collectivité Territoriale et déposés à son siège où ils
peuvent être consultés.

Les associations et organisations de la société civile
locales, ainsi que les comités de quartier et de village
concourent à la réalisation des objectifs des Collectivités
Territoriales.

(1) La régie consiste, pour une Collectivité
Territoriale, à gérer directement le service
dans le cadre fixé par la réglementation.
(2) Les services publics locaux gérés en régie
fonctionnent conformément au droit commun
applicable aux services publics de l’Etat.
(3) Toutefois, des services d’intérêt public
peuvent être exploités en régie par les
Collectivités Territoriales, lorsque l’intérêt
public l’exige, et notamment en cas de carence
ou d’insuffisance de l’initiative privée.

Les organes délibérants des Collectivités
Territoriales arrêtent la liste et les
dispositions qui doivent figurer dans le
Règlement intérieur des services qu’ils se
proposent d’exploiter sous forme de régie locale
d’intérêt public.

(1) Lorsque plusieurs Collectivités
Territoriales sont intéressées par le
fonctionnement d’une régie, celle-ci peut être
exploitée :
a) soit sous la direction d’une Collectivité
Territoriale vis-à-vis des autres Collectivités
Territoriales comme mandataire ;
b) soit sous la direction d’un regroupement
formé par les Collectivités Territoriales
intéressées.
(2) Au cas où le regroupement est constitué
exclusivement en vue de l’exploitation d’un
service industriel ou commercial, les
Collectivités Territoriales peuvent demander que
l’organisation de l’administration ainsi créée
se confonde avec celle de la régie. Dans ce cas,
l’acte fondateur du groupement est modifié dans
les conditions fixées par les dispositions de la
présente loi.

(1) Les services susceptibles d’être assurés en
régie par les Collectivités Territoriales
peuvent être soumis au contrôle technique de
l’Etat.
(2) Les modalités d’application de l’alinéa 1
ci-dessus sont fixées par voie réglementaire.

(1) La gestion déléguée consiste, pour une
Collectivité Territoriale, à confier la gestion
d’un service public à une autre personne morale.
(2) Les modes de gestion déléguée sont :
– la concession ;
– l’affermage ;
– la régie intéressée ;
– la gérance ;
– les sociétés d’économie mixte.
(3) Les modes de gestion des services publics
Régionaux ou communaux prévus à l’alinéa 1
ci-dessus sont fixés par voie réglementaire,
conformément aux dispositions de la présente
loi.

Dans les contrats portant concession des
services publics, les Collectivités
Territoriales ne peuvent insérer de clause par
laquelle le concessionnaire prend à sa charge
l’exécution des travaux étrangers à l’objet de
la concession.

Les contrats de travaux publics conclus par les
Collectivités Territoriales ne peuvent prévoir
de clause portant affermage d’une recette
publique, à l’exception des recettes issues de
l’exploitation de l’ouvrage qui fait l’objet du
contrat.

Les entreprises exploitant des services publics
en régie intéressée sont soumises, pour tout ce
qui concerne l’exploitation et les travaux de
premier établissement qu’elles peuvent être
amenées à faire pour le compte de l’autorité
concédante, à toutes mesures de contrôle et à la
production de toutes les justifications
conformément à la réglementation en vigueur.

Les regroupements de Collectivités Territoriales
peuvent, par voie de concession, exploiter des
services présentant un intérêt pour chacune des
Collectivités Territoriales concernées.

(1) Toute Collectivité Territoriale ayant
concédé ou affermé un service public ou
d’intérêt public, peut procéder à la révision ou
à la résiliation du contrat de concession ou
d’affermage, lorsque le déficit du
concessionnaire, dû à des circonstances
économiques ou techniques indépendantes de sa
volonté, revêt un caractère durable et ne permet
plus audit service de fonctionner normalement.
(2) Les dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus
sont applicables mutatis mutandis au
concessionnaire ou exploitant.
(3) La Collectivité Territoriale intéressée
doit, soit supprimer le service dont il s’agit,
soit le réorganiser suivant les modalités plus
économiques.

(1) Les Collectivités Territoriales peuvent, par
délibération de leur organe délibérant, soit acquérir des
actions ou obligations des sociétés chargées d’exploiter des
services locaux, soit recevoir à titre de redevance des
actions d’apports ou parts des fondateurs émises par
lesdites sociétés, suite à l’approbation préalable du
représentant de l’Etat, suivant la participation maximale
fixée par la présente loi.
(2) Dans ce cas, les statuts des sociétés visées à l’alinéa
1 ci-dessus doivent prévoir en faveur de la Collectivité
Territoriale concernée :
a) lorsqu’elle est actionnaire, l’attribution statutaire en
dehors de l’Assemblée générale d’un ou de plusieurs
représentants au Conseil d’Administration ;
b) lorsqu’elle est obligataire, le droit de faire défendre
ses intérêts auprès de la société par un délégué spécial.
(3) Les modifications aux statuts d’une telle société sont
soumises à l’approbation préalable du représentant de
l’Etat, lorsqu’elles intéressent ces Collectivités
Territoriales.

(1) Les titres acquis par les Collectivités Territoriales
dans le cadre de la création ou de la participation à des
sociétés à capitaux publics ou à des entreprises doivent
être émis sous forme nominative ou représentés par des
certificats nominatifs.
(2) Ils sont acquis sur le fondement d’une délibération de
l’organe délibérant de la Collectivité Territoriale
concernée et conservés par le receveur de la Collectivité
Territoriale, même au cas où ils sont affectés à la garantie
de la gestion du Conseil d’Administration.

(1) Les titres affectés à la garantie de la gestion du
Conseil d’Administration sont inaliénables.
(2) L’aliénation des titres ne peut avoir lieu qu’en vertu
d’une délibération approuvée dans les mêmes conditions que
la décision d’acquérir.

(1) La responsabilité civile afférente aux actes accomplis
en tant qu’administrateur de la société, par le représentant
d’une Collectivité Territoriale au Conseil d’Administration
de la société dont elle est actionnaire incombe à la
Collectivité Territoriale, sous réserve d’une action
récursoire contre l’intéressé.
(2) L’action récursoire prévue à l’alinéa 1 ci-dessus ne
peut intervenir qu’en cas de faute personnelle ou de faute
lourde portant atteinte aux intérêts de la Collectivité
Territoriale concernée.

La participation des Collectivités Territoriales ou du
regroupement desdites Collectivités Territoriales ne peut
excéder trente-trois pour cent (33%) du capital social des
entreprises ou organismes mentionnés à la présente section.

Les domaines public et privé d’une Collectivité Territoriale
se composent de biens meubles et immeubles acquis à titre
onéreux ou gratuit.

L’organe délibérant de la Collectivité Territoriale statue
sur la gestion des biens et sur les opérations immobilières
effectuées par la Collectivité Territoriale concernée.

Les prix des acquisitions immobilières effectuées par les
Collectivités Territoriales est payé suivant les modalités
fixées par la réglementation en vigueur, pour les opérations
analogues effectuées par l’Etat.

(1) La vente des biens appartenant aux Collectivités
Territoriales est assujettie aux mêmes règles que celle des
biens appartenant à l’Etat.
(2) Le produit de ladite vente est perçu par le receveur de
la Collectivité Territoriale.

(1) Les Collectivités Territoriales peuvent être
propriétaires de rentes sur l’Etat, notamment par l’achat de
titres, l’emploi de capitaux provenant de remboursements
faits par des particuliers, d’aliénation, des soultes
d’échanges, de dons et legs.
(2) Le placement en rentes sur l’Etat s’opère en vertu d’une
délibération de la Collectivité Territoriale concernée.

(1) Les capitaux disponibles détenus par le Receveur de la
Collectivité Territoriale peuvent servir à l’achat des
rentes ou d’actions. Dans ce cas, il en assure l’inscription
et la conservation des titres.
(2) Les inscriptions des rentes possédées par les
Collectivités Territoriales sont considérées comme
immeubles.

Les membres de l’Exécutif, ainsi que le Receveur de la
Collectivité Territoriale ne peuvent, sous quelque forme que
ce soit, par eux-mêmes ou par personne interposée, se rendre
soumissionnaires ou adjudicataires, sous peine d’annulation
par le représentant de l’Etat.

Les contrats de droit privé des Collectivités Territoriales
sont passés conformément au droit commun.

(1) Lorsque plusieurs Collectivités Territoriales possèdent
des biens ou des droits indivis, celles-ci mettent en place,
par une convention, après habilitation de l’organe
délibérant, une Commission composée de délégués des organes
délibérants de chacune d’elles.
(2) Chacun des organes délibérants élit en son sein, au
scrutin secret, le nombre de délégués arrêté de commun
accord.
(3) Les délibérations de la Commission sont soumises à
toutes les règles applicables dans les organes délibérants.

(1) Les attributions de la Commission et de son Président
comprennent l’administration des biens et droits indivis et
l’exécution des travaux qui s’y rattachent.
Ces attributions sont les mêmes que celles des organes
délibérants des Collectivités Territoriales et de leurs
organes Exécutifs en pareille matière.
(2) Nonobstant les dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus, les
ventes, échanges, partages, acquisitions ou transactions
demeurent réservés aux organes délibérants qui peuvent
autoriser le Président de la Commission à passer les actes
qui y sont relatifs.

(1) Les délibérations de la Collectivité Territoriale ayant
pour objet l’acceptation des dons et legs, lorsqu’il y a des
charges ou conditions, ne sont exécutoires qu’après avis
conforme du Ministre chargé des Collectivités Territoriales.
(2) S’il y a réclamation des prétendants à la succession,
quelles que soient la quotité et la nature de la donation ou
du legs, l’autorisation d’acceptation ne peut être accordée
que par arrêté du Ministre chargé des Collectivités
Territoriales.

(1) L’Exécutif Communal ou Régional peut, à titre
conservatoire, accepter les dons ou legs et former avant
l’autorisation, toute demande en délivrance.
(2) La délibération du Conseil qui intervient
ultérieurement, a effet à compter du jour de cette
acceptation.
(3) L’acceptation doit être faite sans retard et autant que
possible dans l’acte même qui constitue la donation. Dans le
cas contraire, elle a lieu par un acte séparé, également
authentique, et doit être notifiée au donateur, conformément
aux dispositions de la législation en vigueur fixant les
obligations civiles et commerciales.

(1) Les Collectivités Territoriales ou les regroupements de
Collectivités Territoriales acceptent librement les dons ou
legs qui leur sont faits sans charge, condition, ni
affectation immobilière.
(2) Dans tous les cas où les dons et legs donnent lieu à des
réclamations des familles, l’autorisation de les accepter
est donnée par arrêté, conformément aux dispositions de
l’article 68 ci-dessus.

Lorsque le produit de la libéralité ne permet plus d’assurer
des charges, un arrêté du Ministre chargé des Collectivités
Territoriales peut autoriser la Collectivité Territoriale
concernée à affecter ce produit à un autre objet conforme
aux intentions du donateur ou du testateur. A défaut, les
héritiers peuvent revendiquer la restitution de la
libéralité. En aucun cas, les membres de l’Exécutif de la
Collectivité Territoriale ne peuvent se porter acquéreurs de
la libéralité.

Toute construction nouvelle ou reconstruction pour le compte
de la Collectivité Territoriale ne peut être faite que sur
la production de plans et devis mis à la disposition de
l’organe délibérant de la Collectivité Territoriale.

(1) A travers ses représentants, l’Etat assure la tutelle sur les Collectivités
Territoriales par le biais du contrôle de légalité.
(2) Il leur fournit un appui-conseil pour l’exercice efficace des compétences
transférées et veille à leur développement harmonieux sur la base de la solidarité
nationale, des potentialités Régionales et communales et de l’équilibre
interrégional et intercommunal.

(1) Les pouvoirs de contrôle de l’Etat sur les Collectivités
Territoriales et leurs établissements sont exercés, sous
l’autorité du Président de la République, par le Ministre
chargé des Collectivités Territoriales et par le
représentant de l’Etat dans la Collectivité Territoriale.
(2) Les pouvoirs de contrôle mentionnés à l’alinéa 1
ci-dessus s’exercent à l’exclusion de toute appréciation
d’opportunité et sous réserve des cas prévus à
l’Article 77
ci-dessous.
(3) Dans la Région, le Gouverneur, nommé par décret du
Président de la République, est le représentant de l’Etat. A
ce titre, il a la charge des intérêts nationaux, du contrôle
administratif, du respect des lois et règlements et du
maintien de l’ordre public. Il supervise et coordonne, sous
l’autorité du Gouvernement, les administrations civiles de
l’Etat dans la Région.
(4) Il assure la tutelle de l’Etat sur la Région.
(5) Le Préfet est le représentant de l’Etat dans la Commune.
A ce titre, il a la charge des intérêts nationaux, du
contrôle administratif, du respect des lois et règlements et
du maintien de l’ordre public.
(6) Le Gouverneur et le Préfet, représentants du Président
de la République, du Gouvernement et de chacun des
Ministres, sont seuls habilités à s’exprimer au nom de
l’Etat devant les organes délibérants des Collectivités
Territoriales, les Syndicats des Communes et les organes de
gestion des établissements des Collectivités Territoriales.

(1) Les actes pris par les Collectivités Territoriales sont
transmis au représentant de l’Etat auprès de la Collectivité
Territoriale concernée, par courrier recommandé ou par dépôt
auprès du service compétent, contre accusé de réception.
(2) La transmission par voie électronique des actes au
représentant de l’Etat est admise dans les conditions fixées
par la législation et la réglementation en vigueur.
(3) La preuve de la réception des actes par le représentant
de l’Etat peut être apportée par tout moyen.
(4) Les actes mentionnés à l’alinéa 1 ci-dessus sont
exécutoires de plein droit, quinze (15) jours après
réception, et après leur publication ou leur notification
aux intéressés. Ce délai peut être réduit par le
représentant de l’Etat.
(5) Nonobstant les dispositions des alinéas 1 et 2
ci-dessus, le représentant de l’Etat peut, dans le délai de
quinze (15) jours à compter de la date de réception,
demander une seconde lecture de l’acte concerné. La demande
correspondante revêt un caractère suspensif, aussi bien pour
l’exécution de l’acte que pour la computation des délais
applicables en cas de procédure contentieuse, conformément à
la législation en vigueur.

(1) Les décisions réglementaires et individuelles prises par
le Chef de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale dans
le cadre de l’exercice de ses pouvoirs de police, les actes
de gestion quotidienne sont exécutoires de plein droit dès
qu’il est procédé à leur publication ou notification aux
intéressés.
(2) Ces décisions sont transmises au représentant de l’Etat
et au responsable local du Ministère chargé des
Collectivités Territoriales, dans un délai de quinze (15)
jours.

(1) Par dérogation aux dispositions des articles 74 et 75
ci-dessus, demeurent soumis à l’approbation préalable du
représentant de l’Etat et transmis au responsable local du
Ministère chargé des Collectivités Territoriales, les actes
pris dans les domaines suivants :
– les budgets, les comptes et les autorisations spéciales de
dépenses ;
– les emprunts et garanties d’emprunts ;
– les conventions de coopération internationale ;
– les affaires domaniales ;
– les délégations de services publics au-delà du mandat en
cours de l’organe délibérant de la Collectivité Territoriale
;
– les conventions relatives à l’exécution et au contrôle des
marchés publics, sous réserve des seuils de compétence
prévus par la réglementation en vigueur ;
– le recrutement du personnel, suivant les modalités fixées
par voie réglementaire.
(2) Les plans communaux et régionaux de développement et les
plans régionaux d’aménagement du territoire sont élaborés en
tenant compte des plans de développement et d’aménagement
nationaux. La délibération y relative est par conséquent
soumise à l’approbation du représentant de l’Etat.
(3) Les délibérations et les décisions prises en application
des dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus sont transmises au
représentant de l’Etat, suivant les modalités prévues à
l’article 74 ci-dessus. L’approbation dudit représentant est
réputée acquise lorsqu’elle n’a pas été notifiée à la
Collectivité Territoriale concernée, dans un délai maximal
de trente (30) jours à compter de la réception desdits actes
par tout moyen.
(4) Le délai prévu à l’alinéa 3 ci-dessus peut être réduit
par le représentant de l’Etat, à la demande du Chef de
l’Exécutif de la Collectivité Territoriale. Cette demande
revêt un caractère suspensif, aussi bien pour l’exécution de
l’acte que pour la computation des délais applicables en cas
de procédure contentieuse, conformément à la législation en
vigueur.

(1) Le représentant de l’Etat porte à la connaissance du
Chef de l’Exécutif Communal ou Régional, par tout moyen
laissant trace écrite, des illégalités relevées à l’encontre
de l’acte ou des actes qui lui sont communiqués.
(2) Le représentant de l’Etat défère à la juridiction
administrative compétente les actes prévus aux articles 75
et 76 ci-dessus qu’il estime entachés d’illégalité, dans un
délai maximal d’un (01) mois à compter de la date de leur
réception.
(3) La juridiction administrative saisie est tenue de rendre
sa décision dans un délai maximal d’un (01) mois.
(4) Nonobstant les décisions de l’alinéa 2 ci-dessus, le
représentant de l’Etat peut annuler les actes des
Collectivités Territoriales manifestement illégaux,
notamment en cas d’emprise ou de voie de fait, à charge pour
la Collectivité Territoriale concernée d’en saisir la
juridiction administrative compétente.

(1) Le représentant de l’Etat peut assortir son recours
d’une demande de sursis à exécution. Il est fait droit à
cette demande lorsque l’un des moyens invoqués dans la
requête paraît, en l’état de l’instruction, sérieux et de
nature à justifier l’annulation de l’acte attaqué.
(2) Lorsque l’acte attaqué est de nature à compromettre
l’exercice d’une liberté publique ou individuelle, le
président de la juridiction administrative saisie un de ses
membres, délégué à cet effet, prononce le sursis dans un
délai maximal de quarante-huit heures.
(3) La juridiction administrative peut, sur sa propre
initiative, prononcer le sursis à exécution pour tout marché
public que lui transmet le représentant de l’Etat aux fins
d’annulation.

(1) Le Chef de l’Exécutif Communal ou Régional peut déférer
à la juridiction administrative compétente, pour excès de
pouvoir, la décision de refus d’approbation du représentant
de l’Etat, suivant la procédure prévue par la législation en
vigueur.
(2) L’annulation de la décision de refus d’approbation par
la juridiction administrative compétente saisie équivaut à
une approbation, dès notification de la décision à la
Collectivité Territoriale.

Toute personne physique ou morale justifiant d’un intérêt
pour agir peut contester, devant le juge administratif
compétent, un acte mentionné aux articles 74, 75 et 76 ci-dessus, suivant les modalités prévues par la législation
régissant la procédure contentieuse, à compter de la date à
laquelle l’acte incriminé est devenu exécutoire.

(1) Tout acte à portée générale d’une Collectivité
Territoriale devenu exécutoire, ainsi que toute demande du
représentant de l’Etat se rapportant à un tel acte et
revêtant un caractère suspensif, doit faire l’objet d’une
large publicité, notamment par voie d’affichage, au siège de
la Collectivité Territoriale et des services de la
circonscription administrative concernée.
(2) La procédure prévue à l’alinéa 1 ci-dessus s’effectue
par voie de notification, lorsqu’il s’agit d’un acte
individuel.

Toute demande d’annulation d’un acte d’une Collectivité
Territoriale adressée au représentant de l’Etat par toute
personne intéressée, antérieurement à la date à compter de
laquelle un tel acte revêt un caractère exécutoire, demeure
sans incidence sur le déroulement de la procédure
contentieuse.

(1) Sur demande :
a) le Chef de l’Exécutif Communal ou Régional reçoit du
représentant de l’Etat les informations nécessaires à
l’exercice de ses attributions ;
b) le représentant de l’Etat reçoit du Chef de l’Exécutif
Régional ou Communal des informations nécessaires à
l’exercice de ses attributions.
(2) Le Chef de l’Exécutif Régional ou Communal informe
l’organe délibérant du contenu de tout courrier que le
représentant de l’Etat souhaite porter à sa connaissance.

(1) L’Etat et ses démembrements fournissent un appui-conseil aux
Collectivités Territoriales.
(2) L’appui-conseil consiste à fournir des conseils, avis, suggestions
et informations aux Collectivités Territoriales dans l’exercice de leurs
compétences.

Les autorités chargées de fournir l’appui-conseil de l’Etat veillent au
fonctionnement régulier et au développement harmonieux des Collectivités
Territoriales, de leurs établissements, ainsi qu’au rendement, à la
bonne administration, à la bonne gestion et à la qualité des services
locaux.

(1) L’appui-conseil est donné à la demande de la Collectivité
Territoriale ou suscité par les autorités mentionnées à l’Article 73
ci-dessus.
(2) Les avis, conseils et suggestions donnés dans ce cadre ont un
caractère consultatif.

Il est créé un Conseil National de la Décentralisation, chargé du suivi et de
l’évaluation de la mise en œuvre de la décentralisation.

Il est créé un Comité Interministériel des Services Locaux, chargé de la préparation
et du suivi des transferts de compétences et des ressources aux Collectivités
Territoriales.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement des organes de suivi prévus aux
articles 87 et 88 ci-dessus sont fixées par décret du Président de la République.

Il est créé un Comité National des Finances Locales, chargé notamment de la
mobilisation optimale des recettes des Collectivités Territoriales, ainsi que de la
bonne gestion des finances locales.

Il est créé une Commission Interministérielle de la Coopération Décentralisée,
chargée du suivi et de l’évaluation de la coopération décentralisée.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement des organes de suivi prévus aux
articles 90 et 91 ci-dessus sont fixées par décret du Premier Ministre.

Les parlementaires prennent part aux travaux du Conseil National de la
Décentralisation, conformément aux modalités définies par voie réglementaire des
organes de suivi prévus aux articles 87, 88, 90 et 91 ci-dessus, selon des modalités
définies par voie réglementaire.

(1) La coopération décentralisée s’entend comme toute relation de partenariat entre
deux ou plusieurs Collectivités Territoriales ou leurs regroupements, en vue de
réaliser des objectifs communs.
(2) Elle peut s’opérer entre des Collectivités Territoriales camerounaises ou entre
celles-ci et des Collectivités Territoriales étrangères, dans les conditions fixées
par la législation et la réglementation en vigueur et dans le respect des
engagements internationaux de l’Etat.
(3) Elle prend la forme d’une convention librement conclue entre les Collectivités
Territoriales ou leurs regroupements.
(4) Sont exclus du champ de la coopération décentralisée, les contrats de
partenariat, ainsi que les relations de solidarité que peuvent entretenir les
Collectivités Territoriales dans le cadre des Syndicats des Communes.

Les Collectivités Territoriales peuvent adhérer à des organisations internationales
de Villes ou Régions jumelées ou à d’autres organisations internationales de Villes
ou de Régions.

Un décret du Premier Ministre fixe les modalités de la coopération décentralisée.

(1) Les Collectivités Territoriales peuvent, en tant que de besoin,
s’associer sous forme contractuelle pour la réalisation d’objectifs ou
de projets d’utilité publique avec :
– l’Etat ;
– une ou plusieurs personne (s) morale (s) de droit public créées sous
l’autorité ou moyennant la participation de l’Etat ;
– une ou plusieurs personne (s) morale (s) de droit privé ;
– une ou plusieurs organisation (s) de la société civile.
(2) Les Collectivités Territoriales peuvent créer divers regroupements
ou y adhérer dans le cadre de leurs missions pour l’exercice de
compétences d’intérêt commun, en créant des organismes publics de
coopération par voie conventionnelle, conformément à la législation
applicable à chaque cas.

(1) Les Collectivités Territoriales peuvent librement entretenir entre
elles des relations fonctionnelles et de coopération, conformément à la
législation et à la réglementation en vigueur. A ce titre, elles peuvent
se regrouper pour l’exercice des compétences d’intérêt commun, en créant
des organismes publics de coopération par voie conventionnelle.
(2) Lorsqu’un regroupement de Collectivités Territoriales exerce des
compétences dans un domaine faisant l’objet d’un transfert, ce transfert
s’opère au profit du regroupement concerné, sur décision de chacun des
organes délibérants des Collectivités Territoriales intéressées. Dans ce
cas, les Collectivités Territoriales concernées établissent entre elles
des conventions par lesquelles l’une s’engage à mettre à la disposition
de l’autre ses services ou ses moyens afin de faciliter l’exercice de
ses compétences par la Collectivité Territoriale bénéficiaire.

(1) Deux ou plusieurs Régions peuvent créer entre elles, à l’initiative
de leurs présidents respectifs, des ententes sur des objets d’intérêt
régional commun compris dans leurs attributions.
(2) Les ententes font l’objet de conventions autorisées par les conseils
respectifs, signées par leurs présidents, et approuvés par arrêté du
Ministre chargé des Collectivités Territoriales.
(3) Les questions d’intérêt commun sont débattues dans des conférences
où chaque Région est représentée par une commission spéciale élue à cet
effet et composée de trois (03) membres élus au scrutin secret.
(4) Les commissions spéciales forment la commission administrative
chargée de la direction de l’entente.
(5) Le représentant de l’Etat auprès de chaque Région intéressée peut
assister aux conférences visées à l’alinéa 3 ci-dessus ou s’y faire
représenter.
(6) Les décisions qui y sont prises ne deviennent exécutoires qu’après
avoir été entérinées par tous les Conseils Régionaux, sous réserve des
dispositions de la présente loi.

Lorsque des questions autres que celles prévues à
l’Article 278 de la
présente loi sont en discussion, le représentant de l’Etat dans la
Région où la conférence a lieu déclare la réunion dissoute.

Des groupements mixtes peuvent être constitués par accord entre des
Régions et l’Etat, avec des établissements publics, ou avec des communes
en vue d’une œuvre ou d’un service présentant une utilité pour chacune
des parties.

(1) Le groupement mixte est une personne morale de droit public. Il est
autorisé et dissous par décret du Président de la République.
(2) Le décret d’autorisation approuve les modalités de fonctionnement du
groupement et fixe les conditions d’exercice du contrôle administratif,
financier ou technique.
(3) La législation et la réglementation portant sur les établissements
publics sont applicables aux groupements mixtes.

(1) Le groupement mixte peut réaliser son objet notamment par voie
d’exploitation directe ou par simple participation financière dans des
sociétés ou organismes à participation publique majoritaire, dans les
mêmes conditions que les Régions.
(2) Les modalités de cette participation sont fixées par les actes
constitutifs.

(1) Les Communes d’un même département ou d’une même Région
peuvent, par délibérations concordantes acquises à la
majorité d’au moins deux tiers (2/3) de chaque Conseil
Municipal, se regrouper en Syndicat, en vue de réaliser des
opérations d’intérêt communal.
(2) Le Syndicat des Communes est créé par une convention
signée des Maires des Communes concernées. Ladite convention
fixe les modalités de fonctionnement et de gestion du
syndicat, telles que prévue par la présente loi.

(1) Le Syndicat de Communes est un établissement public
intercommunal, doté de la personnalité juridique et de
l’autonomie administrative et financière.
(2) Il demeure soumis aux dispositions de la présente loi.

(1) Les organes du Syndicat des Communes sont :
– le Conseil Syndical ;
– le Président du Syndicat.
(2) Le Conseil Syndical prévu à l’alinéa 1 ci-dessus est
composé des Maires, assistés chacun de deux (02) conseillers
désignés au sein de chaque commune syndiquée.
(3) Le mandat des membres du Conseil Syndical obéit au
régime juridique du Conseil Municipal auquel ils
appartiennent. En cas de vacance ou démission, les membres
sont remplacés suivant les règles applicables aux
représentants des Communes d’Arrondissement au Conseil de la
Communauté Urbaine.

(1) Les procès-verbaux et les délibérations du Conseil
Syndical sont communiqués par le Président aux Maires des
Communes syndiquées.
(2) Les Maires sont tenus de communiquer les procès-verbaux
et les délibérations prévus à l’alinéa 1 ci-dessus à leur
Conseil Municipal, à l’occasion de la prochaine session
dudit Conseil.

Le Conseil Syndical délibère sur les matières de sa
compétence notamment :
– le budget du Syndicat ;
– les comptes administratifs et de gestion du Syndicat ;
– l’acquisition, l’aliénation et l’échange des biens
syndicaux ;
– les programmes d’action du Syndicat ;
– les demandes d’intervention des communes syndiquées ;
– les adhésions de nouvelles communes ;
– la gestion d’une entreprise publique ou d’un établissement
public intercommunal.

Le Président représente le Syndicat dans les actes de la vie
civile et en justice.
A ce titre, le Président :
– est responsable devant le conseil syndical ;
– exécute les délibérations et les décisions prises par le
Conseil Syndical ;
– est l’ordonnateur des dépenses et prescrit l’exécution des
recettes du Syndicat ;
– propose l’organigramme et le plan d’action du Syndicat ;
– prépare et présente les comptes du Syndicat ;
– conclut les marchés dans le respect des textes en vigueur
;
– souscrit, dans les formes établies par les règlements, les
baux, emprunts et tous actes d’acquisition, de vente, de
transaction, d’échange, de partage ou d’acceptation de dons
et legs.

Le budget du Syndicat est préparé, voté, exécuté et apuré
conformément aux stipulations de la convention de création.

Le budget du Syndicat est élaboré et exécuté conformément
aux modalités définies par le régime financier des
Collectivités Territoriales Décentralisées.

(1) L’adhésion d’une Commune à un Syndicat déjà constitué
est soumise à l’approbation préalable du Conseil Syndical.
(2) La délibération du Conseil consacrant l’admission d’une
nouvelle Commune doit être notifiée par le Président aux
Maires des Communes syndiquées.

Une Commune peut se retirer du Syndicat, après consentement
du Conseil, selon les modalités fixées par la convention de
création du Syndicat.

(1) Le Syndicat des Communes est dissout :
– de plein droit, à l’expiration de sa durée ou à
l’achèvement de l’opération qu’il avait pour objet de
conduire ;
– par délibération des Conseils Municipaux intéressés prise
à la majorité des deux tiers (2/3) au moins des membres de
chaque Conseil Municipal, suivant les règles de droit
commun.
(2) L’acte de dissolution détermine, sous réserve du droit
des tiers, les conditions dans lesquelles le Syndicat est
liquidé.

Est considéré comme « élu local », au sens de la présente loi, toute personne exerçant un mandat
électif au sein d’une Collectivité Territoriale en qualité de :
– Conseiller Municipal ;
– Conseiller Régional ;
– Conseiller à la Communauté Urbaine ;
– Membre du Conseil Syndical ;
– Membres des organes des Collectivités Territoriales représentant le commandement traditionnel
et désignés ex officio.

(1) La qualité d’élu local s’acquiert et se perd conformément aux
dispositions législatives et réglementaires qui régissent le mandat
concerné.
(2) La qualité de membre de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale
est constatée par arrêté du Ministre en charge des Collectivités
Territoriales.

(1) La qualité d’élu local donne droit à la délivrance d’une carte d’élu
local.
(2) Les modalités de délivrance et les caractéristiques de la carte
prévue à l’alinéa 1 ci-dessus sont fixées par arrêté du Ministre en
charge des Collectivités Territoriales
.

Outre la carte d’élu local mentionnée à l’article 117 ci-dessus, les
membres de l’Exécutif des Collectivités Territoriales peuvent bénéficier
d’un passeport de service, dans les conditions fixées par la
réglementation en vigueur.

(1) Lors des cérémonies officielles et dans les circonstances
solennelles de l’exercice de ses fonctions sur le territoire de la
Collectivité Territoriale, l’élu local arbore des attributs et insignes
protocolaires.
(2) Le port des attributs et insignes est obligatoire à l’occasion :
– des fêtes et cérémonies officielles ;
– des visites officielles des autorités gouvernementales et hautes
personnalités dans la Collectivité Territoriale ;
– des célébrations de mariages ;
– des obsèques d’un élu local de sa Collectivité Territoriale.
(3) Le port de l’insigne est recommandé à l’occasion :
– des sessions de l’organe délibérant ;
– de toutes autres réunions et manifestations publiques.
(4) Lors des cérémonies officielles auxquelles prennent part le
Président de la République et les parlementaires, ainsi que dans les
circonstances exceptionnelles de l’exercice de leurs fonctions, les
membres de l’Exécutif des Collectivités Territoriales portent en
ceinture, une écharpe aux couleurs nationales, avec glands à franges
dorées pour le Chef de l’Exécutif et glands à franges argentées pour les
autres membres de l’Exécutif.
(5) Toutefois, lorsqu’ils président le Conseil Municipal, la célébration
d’un mariage ou une cérémonie de signature d’une convention, les membres
de l’Exécutif communal peuvent porter, en bandoulière, une écharpe aux
couleurs nationales, avec glands à franges dorées pour le Maire et
glands à franges argentées pour les Adjoints.
(6) L’insigne et l’écharpe aux couleurs nationales mentionnées ci-dessus
ne peuvent être arborés avec les symboles d’un parti politique, d’une
association ou d’une organisation religieuse.

(1) Les membres de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale fixent, de
manière apparente sur leurs véhicules de fonctions, une cocarde
permettant, de nuit comme de jour, leur identification.
(2) Les caractéristiques de ladite cocarde sont fixées par décret du
Président de la République
.

L’insigne, l’écharpe aux couleurs nationales, la cocarde et la carte
d’élu local mentionnées ci-dessus sont acquis sur le budget de la
Collectivité Territoriale.

Dans l’exercice de ses fonctions, l’élu local jouit des droits ci-après
:
– droit à la participation ;
– droit à l’indemnité de session ;
– droit à la formation et à l’information ;
– droit à la santé ;
– droit à la protection ;
– droit au transport et au déplacement ;
– droit aux obsèques.

Les élus locaux assistent aux réunions, manifestations,
concertations organisées dans la Collectivité Territoriale
ou en rapport avec celle-ci.

(1) L’élu local n’exerçant pas de fonction exécutive au sein
de la Collectivité Territoriale jouit à l’égard de son
employeur du droit à la participation aux sessions et
activités de ladite Collectivité.
(2) Lorsqu’il est saisi, par écrit, au moins trois (03)
jours avant l’échéance, l’employeur est tenu, soit
d’aménager son temps de travail, soit de laisser à l’élu
local le temps nécessaire pour participer, notamment :
– aux sessions de l’organe délibérant ;
– aux réunions des commissions instituées par l’organe
délibérant ;
– aux réunions des assemblées délibératives et des bureaux
des organismes, et à toutes autres réunions ou l’élu
représente la Collectivité Territoriale.
(3) L’absence de l’élu local de son lieu de travail du fait
de sa participation aux sessions de l’organe délibérant ne
peut être une clause de déclassement catégoriel ou
indiciaire, de sanction disciplinaire ou de rupture du
contrat de travail, sous peine de dommages et intérêts à son
profit.
(4) L’élu local désireux de suspendre son contrat de travail
pour se consacrer pleinement à l’exercice de son mandat doit
en informer son employeur par lettre recommandée avec accusé
de réception.
(5) L’accord obtenu assure à l’élu qui le demande une simple
suspension des effets de son contrat de travail jusqu’à
l’expiration de son mandat.
(6) A l’expiration de son mandat, l’élu local dont le
contrat a été suspendu peut, s’il le désire, reprendre son
activité professionnelle et retrouver, dans les deux (02)
mois, un emploi équivalent.

Tout élu local bénéficie, à l’occasion de la tenue d’une
session ou réunion de l’organe délibérant, d’une indemnité
de session dont le montant est fixé par voie réglementaire.

(1) L’élu local a droit à une formation adaptée à son
mandat.
(2) Dans les trois (03) mois qui suivent son élection,
l’organe délibérant de la Collectivité Territoriale adopte
un plan de formation des élus locaux. Il détermine les
orientations, les priorités et les crédits ouverts à ce
titre.
(3) Le tableau récapitulatif des actions de formation des
élus locaux financées par la Commune ou la Région est annexé
au compte administratif.
(4) Une formation est obligatoirement organisée au cours des
six (06) premiers mois du mandat pour les membres de
l’Exécutif et les Présidents des commissions de l’organe
délibérant.
(5) L’élu local salarié, bénéficiaire d’une formation de la
part de sa Collectivité Territoriale, est tenu d’adresser
une demande écrite à son employeur dix (10) jours au moins
avant le début de ladite formation.

L’élu local a droit à l’information sur toutes les affaires
de la Collectivité Territoriale. Le représentant de l’Etat
et les responsables des services déconcentrés de l’Etat sont
tenus de lui communiquer, sur sa demande, toute information
totale ou partielle, et tout document utile à la gestion de
la Collectivité Territoriale.

La Collectivité Territoriale peut souscrire une police
d’assurance pour répondre aux cas d’accidents et de maladie
d’un élu local survenus à l’occasion de l’exercice de son
mandat.

(1) L’élu local est protégé conformément à la législation
pénale en vigueur et les lois spéciales contre les menaces,
outrages, violences, injures ou diffamation dont il peut
être l’objet dans l’exercice ou en raison de son mandat.
(2) La Collectivité Territoriale est tenue, en collaboration
avec les services compétents de l’Etat, d’assurer cette
protection et de réparer, le cas échéant le préjudice qui en
est résulté.
(3) La protection mentionnée à l’alinéa 2 ci-dessus est
étendue aux conjoints, enfants et ascendants directs des
Chefs d’Exécutifs ou leurs suppléants, décédés dans
l’exercice de leurs fonctions, en raison des faits à
l’origine du décès ou pour des faits commis postérieurement
au décès mais du fait des fonctions qu’exerçait l’élu
décédé.
(4) Sans préjudice des dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus,
l’outrage et l’injure commis envers le Chef de l’Exécutif de
la Collectivité Territoriale ou le président de la séance
pendant les sessions de l’organe délibérant sont passibles
des peines prévues par la législation pénale. La
Collectivité Territoriale est alors subrogée aux droits de
la victime pour obtenir des auteurs de ces infractions la
restitution des sommes versées à l’élu intéressé. Elle
dispose, en outre, aux mêmes fins, d’une action directe
qu’elle peut exercer, au besoin par voie de constitution de
partie civile, devant la juridiction pénale.

(1) Est en mission officielle, l’élu local qui, dans le
cadre de son mandat ou de l’exercice de ses fonctions,
effectue un déplacement hors de sa Collectivité ou à
l’extérieur du territoire national.
(2) Le Chef de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale se
met en mission. Il met en mission les autres élus locaux. Il
en informe préalablement :
– le Gouverneur de la Région pour les élus de la Région ;
– le Préfet, pour les élus municipaux ;
– le Sous-préfet, pour les élus municipaux en cas d’urgence.

Les modalités d’application des dispositions de l’article
130 ci-dessus sont fixées par voie réglementaire.

(1) En cas de décès en cours de mandat, l’élu local
bénéficie, de la part de sa Collectivité Territoriale de
rattachement, du droit aux obsèques. Celui-ci porte sur
l’attribution d’un cercueil, le transport des restes mortels
et de la famille, ainsi que la participation aux frais
funéraires, suivant les modalités fixées par l’organe
délibérant.
(2) L’élu local décédé peut également prétendre aux
distinctions honorifiques à titre posthume.

Dans l’exercice de ses fonctions, l’élu local membre de
l’Exécutif de la Collectivité Territoriale bénéficie des
droits ci-après :
– droit à la rémunération et aux indemnités ;
– droit au logement ;
– droit aux congés ;
– droit au transport ;
– droit à la pension.

(1) Les membres de l’Exécutif de la Collectivité
Territoriale bénéficient d’une rémunération
mensuelle, d’une indemnité de fonction et d’une
indemnité de représentation dont les modalités
d’attribution sont définies par voie
réglementaire
.
(2) Les montants des indemnités dues aux membres
de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale,
supportées par le budget de la Collectivité
concernée, sont fixés par délibération approuvée
par le Ministre chargé des Collectivités
Territoriales.

(1) Le Chef de l’Exécutif de la Collectivité
Territoriale a droit à une résidence officielle,
propriété de la Collectivité Territoriale.
(2) La résidence officielle du Chef de
l’Exécutif est située au chef-lieu de la
Collectivité Territoriale.
(3) En l’absence d’un tel logement, la
Collectivité Territoriale peut recourir à une
location dont le coût est déterminé par
délibération.
(4) Lorsque le Chef de l’Exécutif de la
Collectivité Territoriale habite un immeuble
personnel, des frais d’entretien peuvent lui
être attribués chaque année par une
délibération.
(5) Le montant des frais d’entretien mentionnés
à l’alinéa 4 ci-dessus ne peut excéder
l’indemnité de représentation calculée sur une
période d’égale durée.
(6) Les délibérations prévues aux alinéas 3 et 4
ci-dessus sont approuvées par le Ministre chargé
des Collectivités Territoriales.

Le droit au logement reconnu au Chef de
l’Exécutif emporte prise en charge sur le budget
de la Collectivité Territoriale, des
consommations d’électricité, d’eau et de
téléphone, ainsi que des services de domesticité
et de gardiennage, dans les limites fixées par
la réglementation en vigueur.

(1) Les membres des Exécutifs des Collectivités
Territoriales ont droit, après douze (12) mois
de service effectif, à un congé annuel de trente
(30) jours francs, suivant un planning annuel
adressé à l’organe délibérant et au représentant
de l’Etat.
(2) Le membre de l’Exécutif de la Collectivité
Territoriale bénéficiaire d’un congé annuel
perçoit sa rémunération mensuelle, mais ne peut
prétendre à aucune autre indemnité au titre
dudit congé.

Le Chef de l’Exécutif d’une Collectivité
Territoriale peut prétendre à un véhicule de
fonction dont les caractéristiques sont fixées
par voie réglementaire.

(1) Les membres de l’Exécutif d’une Collectivité
Territoriale sont éligibles à une pension en cas
de cessation de fonctions, dans les conditions
fixées par la réglementation en vigueur.
(2) La pension susvisée est imputée au budget de
l’Etat.

(1) Les membres de l’organe délibérant de la Collectivité
Territoriale bénéficient, dans le cadre de l’exercice de
leurs fonctions :
– du remboursement des frais engagés pour l’exécution de
leur mandat ;
– du remboursement des frais de transport et de séjour
engagés à l’occasion des sessions du conseil ou des réunions
des commissions.
(2) Les membres des commissions constituées au sein de
l’organe délibérant de la Collectivité Territoriale
perçoivent, à l’occasion de leurs réunions, quelle qu’en,
soit la durée, outre le remboursement des frais de transport
et de séjour engagés, une indemnité fixée par délibération
approuvée par le Ministre chargé des Collectivités
Territoriales.

(1) Les membres de la délégation spéciale régionale ou
communale exercent la plénitude des attributions et
fonctions dévolues aux élus locaux.
(2) Ils bénéficient dans le cadre de l’exercice de leurs
fonctions :
– d’une indemnité journalière ;
– de frais de déplacement, en vue de l’exécution de leur
mission.
(3) Les indemnités prévues à l’alinéa 2 ci-dessus sont
fixées par voie réglementaire.

Dans l’exercice de ses fonctions, l’élu local est astreint aux obligations ci-après
:
– obligation de servir et de se consacrer à ses fonctions ;
– obligation de résidence ;
– obligation de désintéressement ;
– obligation de discrétion et de réserve.

(1) Le Maire, les Adjoints au Maire, le Président, le Premier
Vice-Président, les Vice-Présidents ou les membres du bureau du Conseil
Régional doivent consacrer leur activité à l’exercice de leur mandat.
(2) Pendant la durée de leur mandat, la rémunération des membres de
l’Exécutif des Collectivités Territoriales ne peut être cumulée avec la
solde de fonctionnaire ou tout autre traitement salarial servi par un
employeur public ou parapublic.
(3) Tout fonctionnaire de l’Etat ou de la Collectivité Territoriale élu
Maire ou Adjoint au Maire, Président, Premier Vice-Président,
Vice-Président ou Membre du Bureau du Conseil Régional, est de plein
droit en position de détachement auprès de la Collectivité Territoriale
pendant la durée du mandat.
(4) Le contrat de travail de l’agent public relevant du Code du travail
ou relevant du secteur privé, élu aux fonctions susvisées, est suspendu
pour la durée du mandat.
(5) L’élu local participe avec assiduité aux réunions de l’organe
délibérant et des instances au sein desquelles il a été désigné.

(1) Les membres de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale ont
obligation de résider au chef-lieu de la Collectivité Territoriale.
(2) L’obligation de résidence s’entend à la fois comme obligation de
résider effectivement sur le territoire de la Collectivité Territoriale
et comme obligation de poser les actes liés à l’exercice des fonctions
dans les services et le territoire de ladite collectivité.
(3) L’absence du membre de l’Exécutif du territoire de la Collectivité
Territoriale doit faire l’objet d’une information préalable :
– auprès du Gouverneur de la Région pour les membres de l’Exécutif
Régional ;
– auprès du Préfet, pour les membres des Exécutifs Municipaux, et, en
cas d’urgence, auprès du Sous-Préfet.
(4) Lorsqu’un membre de l’Exécutif ne réside pas dans le ressort de sa
Collectivité Territoriale, le Ministre chargé des Collectivités
Territoriales peut, après une mise en demeure du représentant de l’Etat
restée sans suite, suspendre la rémunération dudit membre.
(5) En cas de persistance de la violation de l’obligation de résidence,
le Ministre chargé des Collectivités Territoriales suspend le membre de
l’Exécutif de ses fonctions. Passé le délai de quatre-vingt-dix (90)
jours à compter de la suspension, le membre de l’Exécutif peut être
destitué par décret du Président de la République.

(1) Dans l’exercice de son mandat, l’élu local poursuit l’intérêt
général à l’exclusion de tout intérêt personnel, direct ou indirect, ou
de tout intérêt particulier.
(2) L’élu local exerce ses fonctions avec impartialité, objectivité,
diligence, dignité, probité, loyalisme et intégrité. A cet effet, il lui
est interdit, ainsi qu’à son conjoint et ses ayants-droits, de fournir
des biens ou prestations contre rémunération à la Collectivité
Territoriale dans laquelle il exerce.
(3) L’élu local veille à prévenir ou à faire cesser immédiatement tout
conflit d’intérêts. Lorsque ses intérêts personnels sont en cause dans
les affaires soumises à l’organe délibérant dont il est membre, l’élu
local les fait connaître avant le débat et le vote.

(1) L’élu local est astreint aux obligations de discrétion
professionnelle et de réserve. A cet effet, il doit s’abstenir
d’utiliser, pour son intérêt personnel ou celui de ses proches, ou de
communiquer, les faits et informations dont il a eu connaissance dans
l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions.
(2) Il doit, en tout temps, s’abstenir en public de tout acte ou geste,
propos ou manifestation susceptibles de jeter du discrédit sur les
institutions nationales et sur la Collectivité Territoriale dont il est
élu.

La Commune est la Collectivité Territoriale de base. Elle a une mission générale de
développement local et d’amélioration du cadre et des conditions de vie de ses
habitants.

(1) La Commune est créée par décret du Président de la République, lequel en fixe la
dénomination, le ressort territorial et le chef-lieu.
(2) Le Président de la République peut, par décret, en tant que de besoin, modifier
la dénomination, la délimitation géographique et le chef-lieu de la Commune.
(3) Il peut, en outre, prononcer la suppression par décret, d’une Commune. Le décret
qui prononce la suppression décide de son rattachement à une ou plusieurs Communes.

(1) Les actes portant modification des limites territoriales d’une ou de plusieurs
Communes en fixent les modalités, notamment celles liées à la dévolution des biens.
(2) Les actes visés à l’alinéa 1 ci-dessus fixent également les conditions
d’attribution, soit à la Commune ou aux Communes de rattachement, soit à l’Etat :
– des terrains ou édifices faisant partie du domaine public ;
– du domaine privé ;
– des libéralités avec charges faites en faveur de la Commune supprimée.

(1) La Commune peut, en plus de ses moyens propres, solliciter le concours de
l’Etat, de la population, des organisations de la société civile, d’autres
Collectivités Territoriales et des partenaires internationaux, conformément à la
législation et à la réglementation en vigueur.
(2) Le recours aux concours mentionnés à l’alinéa 1 ci-dessus est décidé par
délibération du Conseil Municipal concerné, prise au vu du projet de convention y
afférent.

(1) Le Président de la République peut, par décret, décider du regroupent temporaire
de certaines Communes, sur proposition du Ministre chargé des Collectivités
Territoriales.
(2) Le regroupement temporaire de Communes peut résulter :
a) d’un projet de convention identique adopté par délibération par chacun des
Conseils Municipaux concernés. Ce projet de convention entre en vigueur suivant la
procédure prévue à l’alinéa 1 ci-dessus ;
b) d’un plan de regroupement élaboré par le Ministre chargé des Collectivités
Territoriales. Dans ce cas, le projet de convention peut, en tant que de besoin,
être soumis aux Conseils Municipaux concernés, pour entérinement.
(3) Le décret prononçant le regroupement temporaire de Communes en précise les
modalités.

(1) Les biens appartenant à une Commune rattachée à une autre ou à une portion
communale érigée en Commune séparée deviennent la propriété de la Commune de
rattachement ou de la nouvelle Commune.
(2) Le décret qui prononce un rattachement ou un éclatement de Communes en détermine
toutes les autres modalités, y compris la dévolution des biens.

En cas de rattachement ou d’éclatement d’une Commune, le décret du président de la
République est pris après avis d’une commission dont la composition est fixée par
arrêté du représentant de l’Etat, sur la répartition entre l’Etat et la Commune de
rattachement, de l’ensemble des droits et obligations de la commune ou de la portion
de commune intéressée. La commission comprend des représentants des organes
délibérants des Communes concernées.

En cas de regroupement de Communes, les Conseils et Exécutifs Municipaux des
Communes concernées demeurent en fonction jusqu’à l’expiration de leur mandat.

Certaines agglomérations urbaines peuvent être dotées d’un statut spécial,
conformément aux dispositions de la présente loi.

Les compétences suivantes sont transférées aux Communes :
– la promotion des activités de production agricoles,
pastorales, artisanales et piscicoles d’intérêt communal ;
la mise en valeur et la gestion des sites touristiques
communaux
;
– la construction, l’équipement, la gestion et l’entretien
des marchés, gares routières et abattoirs;
– l’organisation d’expositions commerciales locales;
l’appui aux microprojets générateurs de revenus et
d’emplois
;
– l’exploitation des substances minérales non concessibles.

Les compétences suivantes sont transférées aux Communes :
l’alimentation en eau potable ;
– le nettoiement des rues, chemins et espaces publics
communaux ;
le suivi et le contrôle de gestion des déchets industriels;
les opérations de reboisement et la création de bois
communaux
;
la lutte contre l’insalubrité, les pollutions et les
nuisances
;
la protection des ressources en eaux souterraines et superficielles ;
l’élaboration de plans communaux d’action pour
l’environnement
;
– l’élaboration et la mise en œuvre des plans communaux
spécifiques de prévention des risques et d’intervention
d’urgence en cas de catastrophes ;
– la création, l’entretien et la gestion des espaces verts,
parcs et jardins d’intérêt communal ;
– la pré-collecte et la gestion au niveau local des ordures
ménagères.

Les compétences suivantes sont transférées aux Communes :
la création et l’aménagement d’espaces publics urbains ;
– l’élaboration et l’exécution des plans d’investissements
communaux ;
– la passation, en association avec l’Etat ou la Région, de
contrats-plans pour la réalisation d’objectifs de
développement ;
l’élaboration des plans d’occupation des sols, des
documents d’urbanisme, d’aménagement concerté, de rénovation
urbaine et de remembrement
;
– l’organisation et la gestion des transports publics
urbains ;
– les opérations d’aménagement ;
la délivrance des certificats d’urbanisme, des
autorisations de lotir, des permis d’implanter, des permis
de construire et de démolir
;
la création et l’entretien de voiries municipales, ainsi
que la réalisation de travaux connexes
;
– l’aménagement et la viabilisation des espaces habitables ;
– l’éclairage des voies publiques ;
– l’adressage et la dénomination des rues, places et
édifices publics ;
la création et l’entretien des routes rurales non classées
et des bacs de franchissement
;
– la création de zones d’activités industrielles ;
– la contribution à l’électrification des zones
nécessiteuses ;
– l’autorisation d’occupation temporaire et de travaux
divers sur la voie publique.

Chaque Conseil Municipal donne son avis sur les projets de
schéma régional d’aménagement avant son approbation dans les
conditions fixées par voie réglementaire.

Les compétences suivantes sont transférées aux Communes :
a. en matière de santé et de population :
– l’état civil ;
la création, l’équipement, la gestion et l’entretien des
centres de santé à intérêt communal
, conformément à la carte
sanitaire ;
le recrutement et la gestion du personnel infirmier et
paramédical des centres de santé intégrés et des centres
médicaux d’arrondissement
;
– l’assistance aux formations sanitaires et établissements
sociaux
;
– le contrôle sanitaire dans les établissements de
fabrication, de conditionnement, de stockage, ou de
distribution de produits alimentaires, ainsi que des
installations de traitement des déchets solides et liquides
produits par des particuliers ou des entreprises.
b. en matière d’action sociale :
la participation à l’entretien et à la gestion, en tant
que de besoin, de centres de promotion et de réinsertion
sociales
;
– la création, l’entretien et la gestion des cimetières
publics ;
l’organisation et la gestion de secours au profit des
nécessiteux
.

Les compétences suivantes sont transférées aux Communes :
a. en matière d’éducation :
la création, conformément à la carte scolaire, la gestion,
l’équipement, l’entretien et la maintenance des écoles
maternelles et primaires et des établissements préscolaires
de la Commune
;
le recrutement et la prise en charge du personnel
enseignant et d’appoint desdites écoles
;
l’acquisition du matériel et de fournitures scolaires;
– la participation à la gestion et à l’administration des
lycées et collèges de l’Etat et de la Région par le biais
des structures de dialogue et de concertation.
b. en matière d’alphabétisation :
– l’exécution des plans d’élimination de l’analphabétisme,
en relation avec l’administration régionale ;
– la participation à la mise en place et à l’entretien des
infrastructures et des équipements éducatifs ;
c. en matière de formation technique et professionnelle :
– l’élaboration d’un plan prévisionnel local de formation et
de recyclage ;
– l’élaboration d’un plan communal d’insertion ou de
réinsertion professionnelle ;
la participation à la mise en place, à l’entretien et à
l’administration des centres de formation
.

Les compétences suivantes sont transférées aux Communes :
a. en matière de culture :
l’organisation, au niveau local, de journées culturelles,
de manifestations culturelles traditionnelles et de concours
littéraires et artistiques
;
– la création et la gestion au niveau local d’orchestres,
ensembles lyriques traditionnels, corps et ballets et
troupes de théâtre ;
– la création et la gestion de centres socioculturels et de
bibliothèques de lecture publique ;
l’appui aux associations culturelles ;
b. en matière de promotion des langues nationales :
– la participation aux programmes Régionaux de promotion des
langues nationales ; · – la participation à la mise en place
et à l’entretien d’infrastructures et d’équipements.

(1) ·Les organes de la Commune sont :
– le Conseil Municipal ;
– l’Exécutif Communal.
(2) Le Conseil Municipal, par ses délibérations; et l’Exécutif Communal, par les
actes qu’il prend, par l’instruction des affaires et l’exécution des délibérations,
concourent à l’administration de la Commune.

Le Conseil Municipal est composé de Conseillers Municipaux
élus suivant des modalités fixées par la loi.

(1} Le nombre de Conseillers Municipaux est fixé ainsi qu’il
suit :
– moins de cinquante mille (50 000) habitants : vingt-cinq
(25} Conseillers ;
– de cinquante mille (50 000) à cent mille (100 000)
habitants : trente-un (31) Conseillers ;
– de cent mille un (100 001) à deux cent mille (200 000)
habitants : trente-cinq (35) Conseillers ;
– de deux cent mille un (200 001) à trois cent mille : (300
000) habitants : quarante-un {41) Conseillers ;
– plus de trois cent mille (300 000) habitants : soixante et
un (61) Conseillers.
(2) Le recensement officiel de la population précédant
immédiatement les élections municipales sert de base pour la
détermination, par voie réglementaire, du nombre de
Conseillers Municipaux par Commune, conformément aux
dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus.
(3) Le Conseil Municipal doit refléter les différentes
composantes sociologiques de la Commune. Il doit, notamment,
assurer la représentation des populations autochtones de la
Commune, des minorités et du genre.
(4) Les Sénateurs de la Commune de rattachement peuvent
assister aux travaux du Conseil Municipal, avec voix
consultative.

(1) Le Conseil Municipal est l’organe délibérant de la
Commune.
(2) Il règle, par délibérations, les affaires de la Commune.
(3) Il donne son avis toutes les fois que celui-ci est
requis par les lois et règlements ou à la demande du
représentant de l’Etat.
(4) Il peut formuler des vœux par résolutions sur toutes les
questions ayant un intérêt local, notamment sur celles
concernant le développement économique et social de la
Commune.
(5) Il est tenu informé de l’état d’avancement des travaux
et actions financés par la Commune ou réalisés avec sa
participation.
(6} Il est obligatoirement consulté pour la réalisation, sur
le territoire de la Commune, de tout projet d’aménagement ou
d’équipement de l’Etat; de la Région, de toute autre
collectivité ou tous organismes publics ou privés.

Le Conseil Municipal délibère, notamment, sur :
1. les documents de planification urbaine ;
2. les plans et programmes communaux de développement
économique, social et culturel ;
3. le budget et le compte administratif ;
4. la création et la gestion des équipements collectifs
d’intérêt communal dans les domaines concernant
l’enseignement préscolaire, fondamental, l’éducation non
formelle et l’apprentissage, la formation professionnelle,
la santé, l’hygiène publique et l’assainissement, les
infrastructures routières et de communication classées dans
le domaine communal, le transport public et les plans .de
circulation, l’eau et l’énergie, les foires et les marchés,
la jeunesse, le sport, les arts et la culture, les activités
d’exploitation artisanale des ressources minières de la
commune ;
5. la gestion du domaine d’intérêt communal, notamment la
lutte contre les pollutions et les nuisances, l’organisation
des activités agricoles et de santé animale, la gestion
foncière, l’acquisition et l’aliénation des biens du
patrimoine, la gestion des ressources forestières, fauniques
et halieutiques ;
6. la création et le mode de gestion des services publics
communaux ;
7. l’organisation des interventions dans le domaine
économique ;
8. l’organisation des activités artisanales et touristiques
;
9. l’organisation des activités de promotion et de
protection sociales ;
10. la fixation des taux des taxes communales, dans le
respect des fourchettes arrêtées par la loi ;
11. l’acceptation et le refus des dons, subventions et legs
;
12. les baux et autres conventions ;
13. les emprunts et les garanties d’emprunt ou avals ;
14. l’octroi de subventions ;
15. les prises de participation ;
16. les projets de jumelage et les actions de coopération
avec d’autres collectivités territoriales nationales ou
étrangères ;
17. les modalités de gestion du personnel ;
18. le Règlement Intérieur prévoyant, entre autres, les
modalités de fonctionnement des commissions municipales ;
19. la réglementation en matière de police municipale ;
20. les projets d’investissement humain ;
21. la création, la désaffection ou l’agrandissement des
cimetières ;
22. le régime et les modalités d’accès et d’utilisation des
points d’eau de toute nature ;
23. la création, la délimitation et la matérialisation de
chemins de bétail à l’intérieur. de la commune, à
l’exception des voies de grande circulation qui relèvent de
la compétence de l’Etat ;
24. la dénomination des places; rues, complexes et jardins
municipaux.

(1) Le Conseil Municipal peut déléguer l’exercice d’une
partie de ses attributions au Maire, à l’exception de celles
mentionnées à l’article 168 ci-dessus.
(2) La décision correspondante doit faire l’objet d’une
délibération déterminant l’étendue de la délégation.
(3) A l’expiration de la délégation, compte en est rendu au
Conseil Municipal.

(1) Le Conseil Municipal siège à l’Hôtel de Ville de la
commune ou dans le local servant de Mairie. Toutefois, le
Maire peut, à titre exceptionnel, réunir le Conseil dans
tout local approprié situé sur le territoire communal,
lorsque les circonstances l’y obligent. . Dans ce cas, il en
informe le représentant de l’Etat et les Conseillers
municipaux, au moins sept (07) jours avant la date retenue
pour la session.
(2) Le Conseil Municipal est présidé par le Maire ou, en cas
d’empêchement du Maire, par un Adjoint au Maire dans l’ordre
de préséance.

(1). Le Conseil Municipal se réunit en session ordinaire une
fois par trimestre pendant une durée maximale de sept (07)
jours, sur convocation du Maire.
(2) Pendant les sessions ordinaires, le Conseil Municipal ne
peut traiter que des matières qui rentrent dans ses
attributions.
(3) En cas de défaillance du Maire, et au terme d’une mise
en demeure de soixante-douze (72) heures restée sans suite,
le représentant de l’Etat signe les convocations pour la
tenue de la session du Conseil Municipal.

(1) Le Maire peut réunir le Conseil Municipal en session
extraordinaire chaque fois qu’il le juge utile. Il est
également tenu de le convoquer quand une demande motivée lui
est adressée par les deux tiers (2/3) des membres.
(2) Toute convocation est signée du Maire et précise l’ordre
du jour. Le Conseil ne peut traiter d’autres affaires en
dehors dudit ordre du jour.
(3) Le représentant de l’Etat peut demander au Maire de
réunir le Conseil Municipal en session extraordinaire ;
(4) Si la défaillance du Maire est constatée dans les cas
prévus aux alinéas 1, 2 et 3 ci-dessus, au terme d’une mise
en demeure restée sans suite, le représentant de l’Etat peut
signer les convocations requises pour la tenue d’une session
extraordinaire du Conseil :Municipal.

(1) La convocation du Conseil Municipal est mentionnée au
registre des délibérations, affichée à l’Hôtel de Ville ou à
la Mairie et adressée par écrit ou par tout moyen laissant
trace écrite aux Conseillers Municipaux, quinze (15) jours
francs au moins avant celui de la session. En cas d’urgence,
ce délai est ramené à trois (03) jours.
(2) En cas de nécessité, le délai de convocation peut être
abrégé à deux (02) jours, sous réserve du respect du quorum
prévu à l’article 174 ci-dessous.

(1) Le Conseil Municipal ne peut valablement siéger que
lorsque les deux tiers (2/3) de ses membres sont présents.
(2) Lorsqu’après une convocation régulièrement faite, le
quorum n’est pas atteint; toute délibération votée après la
seconde convocation, à trois (03) jours au moins
d’intervalle, est valable si la moitié (1/2) au moins des
membres du Conseil est présente.
(3) En cas de mobilisation générale, le conseil municipal
délibère valablement après une seule convocation, lorsque la
majorité de ses membres non mobilisés assistent à la séance.

(1) Les délibérations sont prises à la majorité simple des
votants.
(2) Un Conseiller Municipal empêché peut donner; à un
collègue de son choix, mandat écrit légalisé pour voter en
son nom. Un même Conseiller ne peut être porteur que d’un
seul mandat sauf cas de maladie, dûment constatée, un même
mandat ne peut être valable pour plus de deux (02) sessions
consécutives.
(3) Le vote a lieu au scrutin public. En cas de partage des
voix, celle du Président est prépondérante. Les prénoms et
noms des votants, avec la désignation de leurs votes, sont
insérés au procès-verbal.
(4) Par dérogation à l’alinéa 3 ci-dessus, le scrutin secret
est de droit toutes les fois que le tiers (1/3) des membres
présents le réclame ou qu’il s’agit de procéder à une
nomination ou à une représentation. Dans ce dernier cas, et
après deux (02) tours de scrutin, lorsqu’aucun des candidats
n’a obtenu la majorité absolue, il est procédé à un
troisième tour et l’élection est acquise à la majorité
relative. En cas d’égalité des voix, le candidat le plus âgé
est proclamé élu.

(1) Lors de la discussion relative au compte administratif,
le Président de la commission chargée des questions
financières ou, en cas d’absence de celui-ci, un membre de
ladite commission préside la séance du Conseil Municipal.
Dans ce cas, le Maire peut assister à la discussion mais
doit se retirer en cas de vote.
(2) Le Président de séance adresse directement la
délibération au représentant de l’Etat.

(1) Au début de chaque session et pour la durée de celle-ci,
le Conseil Municipal désigne un ou plusieurs de ses membres
pour superviser les diligences accomplies par le Secrétaire
Général dans les fonctions de rapporteur.
(2) Il peut adjoindre des auxiliaires pris en dehors de ses
membres, parmi le personnel municipal. Ces auxiliaires
assistent aux séances, mais ne participent pas aux
délibérations.
(3) Le représentant de l’Etat ou son délégué, dûment
mandaté, assiste de plein droit aux sessions du Conseil
Municipal. Il est entendu toutes les fois qu’il le demande,
mais ne peut ni participer au vote, ni présider les travaux
du Conseil Municipal. Ses déclarations sont portées au
procès-verbal.
(4) Le Conseil Municipal peut, s’il le juge nécessaire,
demander au représentant de l’Etat l’autorisation de
consulter, en cours de session, le personnel de l’Etat. Il
peut également consulter toute autre personne en raison de
ses compétences, suivant la même procédure.

(1) Les séances du Conseil Municipal sont publiques.
Toutefois, à la demande du Maire ou du tiers (1/3) des
membres, le conseil Municipal peut délibérer à huis clos.
(2) Le huis clos est de droit lorsque le Conseil Municipal
est appelé à donne son avis sur les mesures individuelles et
les matières suivantes :
– secours scolaire ;
– assistance médicale gratuite ;
– assistance aux vieillards, aux familles, aux indigents et
aux sinistrés.

(1) Le président de séance assure la police de la session.
(2) Les modalités d’application de l’alinéa 1 ci-dessus sont
déterminées dans le Règlement Intérieur du Conseil
Municipal.

(1) Le compte-rendu de la séance est dans un délai maximal
de huit
(08) jours, affiché par extraits à l’Hôtel de Ville ou à la
Mairie.
(2) Certification de l’affichage du compte-rendu est faite
par le Maire et mentionnée au registre des délibérations.
(3) Les délibérations sont inscrites par ordre de date sur
un registre côté et paraphé par le représentant de l’Etat.
Elles sont signées par tous les membres présents à la
séance. Le cas échéant, mention est faite de la cause qui
les a empêchés de signer.

(1) Le Conseil Municipal peut former, au cours de la
dernière session annuelle, pour le compte de l’exercice à
venir, des commissions pour l’étude des questions entrant
dans ses attributions. Chaque commission comprend en son
sein un Président et un Secrétaire.
(2) Les commissions peuvent se réunir pendant la durée et
dans l’intervalle des sessions. La participation aux travaux
des commissions est gratuite. Toutefois, les frais afférents
à leur fonctionnement sont imputables au budget communal.
(3) Les commissions sont convoquées par le Président dans un
délai maximal de huit (08) jours suivant leur constitution.
Au cours de la première réunion, chaque commission désigne
un Vice-Président, qui remplace le Président en cas
d’empêchement avéré. Elles peuvent, par la suite, être
convoquées à plus bref délai, à la demande de la majorité
des membres qui les composent.
(4) Le Président peut faire appel à toute personne, en
raison de ses compétences, pour prendre part aux travaux de
la commission, sans voix délibérative. Cette participation
aux travaux peut donner lieu à rémunération par délibération
du Conseil Municipal.

(1) Dans la limite des moyens disponibles, le Conseil
Municipal peut créer des comités de quartier ou de village
au sein des communes.
(2) Les comités de quartier ou de Village mentionnés à
l’alinéa 1 ci-dessus sont des cadres de concertation qui
visent à favoriser la participation des populations à
l’élaboration, à l’exécution et au suivi des programmes et
projets communaux ou à la surveillance, la gestion ou la
maintenance des ouvrages et équipements concernés.
(3) Un arrêté du Ministre chargé du développement local fixe
les modalités de .création, d’organisation et de
fonctionnement des comités de quartier et de village.

(1) Les Conseillers Régionaux participent de plein droit aux
travaux du Conseil Municipal de leur commune de rattachement
avec voix consultative.
(2) Le Maire peut, d’initiative ou à leur demande; inviter à
prendre part aux travaux, avec voix consultative, les
représentants des organisations de la société civile ou
toute autre personne, en raison de ses compétences.

Une indemnité ou des avantages particuliers peuvent être
attribués au personnel de l’Etat chargé d’assurer une
fonction accessoire dans les Communes, conformément à la
loi.

(1) Sont illégales, les délibérations du Conseil Municipal
accordant au personnel communal, par assimilation au
personnel mentionné à l’article 184 ci-dessus, des
traitements, salaires, indemnités ou allocations ayant pour
effet de créer pour ledit personnel une situation plus
avantageuse que celle prévue par la réglementation en
vigueur.
(2) Les dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus sont
applicables aux décisions prises, pour le personnel, par les
services en régie assurant un service public relevant des
Communes.

(1) Le Conseil Municipal peut être suspendu par arrêté
motivé du Ministre chargé des collectivités territoriales en
cas :
a) d’accomplissement d’actes contraires à la Constitution ;
b) d’atteinte à la sécurité de l’Etat ou à l’ordre public ;
c) de mise en péril de l’intégrité du territoire national ;
d) d’impossibilité durable de fonctionner normalement.
(2) La suspension prévue à l’alinéa 1 ci-dessus ne peut
excéder deux (02) mois.

Le Président de la République peut, par décret, dissoudre un
Conseil Municipal :
a) dans l’un des cas prévus à l’article 86 ci-dessus ;
b) en cas de persistance ou d’impossibilité de rétablir la
situation qui prévalait antérieurement, à l’expiration du
délai prévu à l’article 1-86 ci-dessus.

(1) Tout membre du Conseil Municipal dûment convoqué qui,
sans motif légitime, a manqué à trois (03) sessions
successives peut, après avoir été invite à fournir des
explications par le Maire, être déclaré démissionnaire par
décision du Ministre chargé des collectivités territoriales,
après avis du Conseil Municipal.
(2) La décision, dont copie est adressée 0 l’intéressé et au
représentant de l’Etat est susceptible de recours devant la
juridiction compétente.
(3) Le conseiller déclaré démissionnaire, conformément aux
dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus, ne peut poser sa
candidature à l’élection partielle ou générale au Conseil
Municipal qui suit immédiatement la date de sa démission
d’office.

(1) Tout membre du Conseil Municipal qui, sans excuse
valable, a refusé de remplir les fonctions qui lui sont
dévolues par les lois et· règlements, peut être déclaré
démissionnaire par décision du Ministre chargé des
collectivités territoriales, après avis du Conseil
Municipal.
(2) Le refus de remplir les fonctions mentionné à l’alinéa 1
ci-dessus, résulte soit d’une déclaration écrite adressée à
qui de droit ou rendue publique par son auteur, soit de
l’abstention persistante après mise en demeure du Ministre
chargé des collectivités territoriales.
(3) La décision correspondante est susceptible de recours
devant la juridiction compétente.

Les démissions volontaires sont adressées par lettre
recommandée au Maire avec copie au représentant de l’Etat.
Elles sont définitives à compter de la date de l’accusé de
réception par le Maire ou, en l’absence d’un tel accusé de
réception, dans un délai maximal d’un (01) mois, à compter
de la date du nouvel envoi de la démission; constatée par
lettre recommandée.

(1) En temps de guerre, le Conseil Municipal d’une commune
peut être suspendu par décret du Président de la République,
jusqu’à la cessation des hostilités.
(2) Le même décret constitue une délégation spéciale
habilitée à prendre les mêmes décisions que le Conseil
Municipal. Il en précise la composition dont un Président et
un Vice-Président.

(1) En cas de dissolution d’un Conseil Municipal, de
démission de tous ses membres en exercice, lorsque les
élections d’un Conseil Municipal sont matériellement
impossibles ou lorsqu’un Conseil Municipal ne peut être
constitué, une délégation spéciale en remplit les fonctions.
(2) Dans les huit (08) jours qui suivent la dissolution,
l’acceptation de la démission ou la constatation de
l’impossibilité matérielle d’organiser l’élection du Conseil
Municipal, cette délégation spéciale est nommée par décret
du Président de la République qui en désigne le Président et
le Vice-Président.
(3) Le nombre des membres qui la composent est fixé à trois
(03) dans les Communes où la population ne dépasse pas
cinquante mille (50 000) habitants. Ce nombre peut être
porté à sept (07) dans les communes d’une population
numériquement supérieure.

(1) La délégation spéciale exerce les mêmes attributions que
le Conseil Municipal.
(2) Toutefois, elle ne peut:
· aliéner ou échanger des propriétés communales ;
– augmenter l’effectif budgétaire ;
– créer des services publics ;
– voter des emprunts.

En cas de mobilisation, lorsque les élections au Conseil
Municipal sont ajournées, la délégation spéciale est
habilitée à prendre les mêmes décisions que le Conseil
Municipal.

(1) Chaque fois que le Conseil Municipal est dissout, ou en
cas d’acceptation de sa démission, et qu’urne délégation
spéciale est nommée, il est procédé à la réélection du
Conseil Municipal dans les six (06} mois à compter de la
date de la dissolution ou de la dernière démission.
(2) Le délai mentionné à l’alinéa ·1 ci-dessus peut être
prorogé par décret du Président de la République, pour une
période de six (06) mois, renouvelable au plus trois (03)
fois.

(1) Lorsque les élections d’un Conseil Municipal sont
matériellement impossibles ou lorsqu’un Conseil Municipal ne
peut être constitué, et qu’une délégation spéciale est
nommée, celle-ci reste en fonction pour une période de six
(06) mois renouvelable.
(2) La reconstitution du Conseil Municipal met
automatiquement fin à la délégation spéciale.
(3) En cas de constitution d’une délégation spéciale, le
Président remplit les fonctions de Maire et le
Vice-Président celles d’Adjoint au Maire. Leurs pouvoirs
prennent fin conformément aux dispositions de l’article 195
ci-dessus.

(1) Le Maire et ses Adjoints constituent l’Exécutif
Communal.
(2) Le Maire est le Chef de l’Exécutif Communal. Il est
assisté d’Adjoints dans l’ordre de leur élection.
(3) Le nombre d’Adjoints est déterminé de la manière
suivante selon le nombre de Conseillers Municipaux :
– commune disposant de vingt-cinq (25) à trente et un (31)
conseillers : deux
(02) Adjoints ;
– commune disposant de trente-cinq (35) à quarante et un
(41) Conseillers : quatre (04) Adjoints ;
– commune disposant de soixante et un (61) Conseillers : six
(06) Adjoints. ·

(1) Lorsqu’un obstacle quelconque ou l’éloignement rend
difficiles, · dangereuses ou momentanément impossibles, les
communications entre le chef-lieu et une portion de la
Commune, un poste d’Adjoint Spécial peut y être institué par
délibération motivée du Conseil Municipal soumise à
l’approbation préalable du représentant de l’Etat.
(2) L’Adjoint Spécial prévu à l’alinéa 1 ci-dessus est élu
parmi les Conseillers résidant dans cette portion de la
Commune.
(3) L’Adjoint Spécial :
-remplit les fonctions d’officier d’état civil ;
– peut être chargé de l’exécution des lois et règlements de
police dans cette portion de la Commune.
(4) Les fonctions d’Adjoint spécial cessent avec le
rétablissement de la situation normale. Cette cessation est
constatée par délibération du Conseil Municipal.

(1) La première session du Conseil Municipal est convoquée
par le représentant de l’Etat, le deuxième mardi suivant la
date de proclamation des résultats de l’élection des
Conseillers Municipaux. Cette session est consacrée à
l’élection du Maire et de ses Adjoints.
(2) La répartition des postes d’Adjoints au Maire doit,
autant que possible, refléter la configuration du Conseil
Municipal.

(1) Le Maire est élu au scrutin uninominal majoritaire à
deux (02) tours. L’élection est acquise au premier tour à la
majorité absolue des suffrages exprimés. Lorsqu’une majorité
absolue n’est pas obtenue à l’issue du premier tour, il est
organisé un deuxième tour. Le candidat ayant obtenu la
majorité relative des voix est alors proclamé élu. En cas
d’égalité, l’élection est acquise au plus âgé des candidats.
(2) Après l’élection du Maire, il est procédé à celle des
Adjoints au scrutin de liste à la représentation
proportionnelle, suivant la règle de la plus forte moyenne.
Ne sont valables que les bulletins portant un nombre de noms
égal au nombre de membres à élire.
(3) Les scrutins visés aux alinéas 1 et 2 sont secrets.
(4) La composition de l’organe Exécutif est constatée par
arrêté du Ministre chargé des collectivités territoriales.

(1) Le Maire et ses Adjoints prêtent serment devant le
tribunal d’instance compétent avant leur entrée en fonction.
(2) La formule du serment est la suivante : « Je jure sur
l’honneur et m’engage à servir les affaires de la commune et
les intérêts de tous ses habitants sans discrimination ni
favoritisme et à remplir loyalement et fidèlement mes
fonctions d’officier d’état civil dans le respect des lois
et conformément aux valeurs et principes de la démocratie,
de l’unité nationale et de l’intégrité de la République. »

(1) La séance du Conseil Municipal consacrée à l’élection du
Maire et de ses Adjoints est présidée par le plus âgé des
membres, assisté du plus jeune.
(2) La liste des élus est rendue publique par le Président
de séance dans un délai maximal de vingt-quatre (24) heures
après la proclamation des résultats, par voie d’affichage à
l’hôtel de Ville ou à la mairie. Elle est, dans le même
délai, notifiée au représentant de l’Etat.

(1) Le Maire et les Adjoints au Maire sont élus pour la même
durée que le Conseil Municipal.
(2) L’élection du Maire et des Adjoints peut faire l’objet
d’un recours en annulation, suivant les règles prévues par
la législation en vigueur pour l’annulation de l’élection
des Conseillers Municipaux.
(3) Lorsque l’élection est annulée ou que, pour toute autre
cause, le Maire ou les Adjoints ont cessé leurs fonctions,
le Conseil est convoqué pour procéder à leur remplacement
dans un délai maximal d’un(01) mois.
(4) Le Maire dont l’élection est contestée reste en fonction
jusqu’à l’intervention d’une décision ayant acquis
l’autorité de la chose jugée.

Les fonctions de Maire sont incompatibles avec celles :
– de membre du Gouvernement et assimilé ;
– de Député et Sénateur ;
– d’Autorité Administrative ;
– de Président des cours et des tribunaux ;
– de Directeur Général ou directeur d’établissement public
ou de société à participation publique ;
– de Secrétaire Général de ministères et assimilé ;
– de Directeur de l’administration centrale ;
– de Président de Conseil Régional ;
– de membre des forces du maintien de l’ordre ;
– d’agent et employé de la Commune concernée ;
– d’agent des administrations financières ayant à connaître
des finances ou de la comptabilité de la commune concernée.

(1) En cas de décès, de démission ou de révocation du Maire
ou d’un Adjoint au Maire, le Conseil Municipal est convoqué
pour élire un nouveau Maire ou un Adjoint au Maire, dans les
soixante (60) jours qui suivent le décès, la démission ou la
révocation.
(2) L’intérim est assuré pendant le délai prévu à l’alinéa 1
ci-dessus par un Adjoint au Maire, suivant l’ordre de
préséance ou à défaut, par l’un des cinq (05) Conseillers
les plus âgés, désigné par le conseil municipal.
(3) En cas de vacance d’un poste d’Adjoint au Maire, les
Adjoints en poste disposent sur les candidats au
remplacement d’un droit de préemption, suivant l’ordre de
préséance acquis à l’élection précédente.

(1) Le Maire représente la Commune dans les actes de la vie
civile et en justice.
A ce titre, il est chargé, sous le contrôle du Conseil
Municipal :
– de conserver, d’entretenir et d’administrer les propriétés
et les biens de la commune et d’accomplir tous actes
conservatoires de ces droits ;
– de gérer les revenus, de surveiller les services communaux
et la comptabilité communale ;
– de délivrer les permis de bâtir et de démolir, ainsi que
les autorisations d’occupation des sols ;
– de préparer et de proposer le budget, d’ordonnancer les
dépenses et de prescrire l’exécution des recettes ;
– de diriger les travaux communaux ;
– de veiller à l’exécution des programmes de développement
financés par la Commune ou réalisés avec sa participation ;
– de pourvoir aux mesures relatives à la voirie municipale ;
– de souscrire les marchés, de passer les baux et les
adjudications des travaux communaux, conformément à la
réglementation en vigueur ;
– de passer, selon les mêmes règles, les actes de vente,
d’échange, de partage, d’acceptation de dons ou legs
d’acquisition, de transaction, lorsque ces actes ont été
autorisés par le Conseil Municipal ;
– de prendre, à défaut des propriétaires ou des détenteurs
du droit de chasse préalablement mis en demeure, toutes les
mesures nécessaires à la destruction d’animaux déclarés
nuisibles, conformément à la législation et à la
réglementation en vigueur, et éventuellement, de requérir
les habitants avec armes et chiens propres à la chasse de
ces animaux, de surveiller et d’assurer l’exécution de ces
mesures et d’en dresser procès-verbal ;
– de veiller à la protection de l’environnement, de prendre,
en conséquence, les mesures propres à empêcher ou à
supprimer la pollution et les nuisances, à assurer la
protection des espaces verts et à contribuer à
l’embellissement de la commune ;
– de nommer aux emplois communaux et, d’une manière
générale, d’exécuter les délibérations du Conseil Municipal.
(2) Il est l’ordonnateur du budget de la Commune.

(1) Le Maire délègue, sous son contrôle, par arrêté, une
partie de ses attributions à ses Adjoints et, en l’absence
ou en cas d’empêchement de ses Adjoints, à des membres du
Conseil Municipal.
(2) Les délégations prévues à l’alinéa 1 ci-dessus
subsistent tant qu’elles ne sont pas rapportées. Toutefois;
elles cessent, sans être expressément rapportées, lorsque le
Maire est décédé, suspendu, révoqué ou déclaré
démissionnaire.

Dans le cas où les intérêts particuliers du Maire se
trouvent en opposition avec ceux de la Commune, .le Conseil
Municipal désigne un autre membre pour représenter la
Commune, notamment en justice ou dans toute transaction
contractuelle.

(1) Le Maire recrute, suspend et licencie le personnel régi
par la législation du travail et les conventions
collectives.
(2) Il affecte et gère le personnel placé sous son autorité.

(1) Un tableau-type des emplois communaux tenant compte
de l’importance respective des différentes Communes est
rendu exécutoire par arrêté du Ministre chargé des
collectivités territoriales
.
(2) Le mode et le taux de rémunération du personnel
communal, ainsi que les indemnités auxquelles il peut
prétendre, sont déterminés par voie réglementaire.

Dans sa Commune, le Maire est, chargé sous l’autorité du
représentant de l’Etat, de :
– la publication et l’exécution des lois, règlements et
mesures de portée générale ;
– l’exécution des mesures de sûreté générale.

Le Maire et ses Adjoints sont officiers d’état civil.

(1) L’Exécutif .communal est assisté d’un secrétaire Général
de Mairie.
(2) Le Secrétaire Général, cadre disposant d’une bonne
expérience en matière de management du développement local,
anime les services de l’administration municipale. Il
assure, sous l’autorité du Maire dont il est le principal
collaborateur, l’instruction des affaires et l’exécution des
décisions prises par celui-ci. Il reçoit à cet effet les
délégations de signature nécessaires.

(1) Le Ministre chargé des Collectivités Territoriales nomme
et met fin aux fonctions de Secrétaire Général de mairie,
sous proposition du Maire.
(2) Le Secrétaire Général de mairie assiste aux réunions de
l’Exécutif Communal dont il assure le secrétariat.

(1) Les actes pris par le Maire ou Ie Conseil Municipal sont
immédiatement communiqués au représentant de l’Etat, qui en
assure le contrôle.
(2) Ils deviennent exécutoires et sont enregistrés à leur
date dans un registre spécial tenu à la Mairie

Le Maire est chargé, sous le contrôle du représentant de
l’Etat, de la police municipale et de l’exécution des actes
de l’Etat y relatifs.
(2) La création d’un service de police municipale est
autorisée par délibération du Conseil Municipal qui en fixe
les attributions, les moyens et les règles de
fonctionnement.
(3) La délibération prévue à l’alinéa 2 ci-dessus est
soumise à l’approbation préalable du Ministre chargé des
collectivités territoriales.

(1) Dans les agglomérations érigées en Communautés Urbaines,
le service de police municipale est assuré, soit par des
agents de la Communauté Urbaine, soit par ceux des Communes
d’Arrondissement.
(2) Dans les deux cas, les services concernés ne peuvent
être créés sans une concertation préalable entre les organes
Exécutifs de la Communauté urbaine et des Communes
d’Arrondissement, sanctionnée par une convention.
(3) Les délibérations concordantes du Conseil de la
Communauté et du Conseil Municipal reprenant les
dispositions de la convention visée à l’alinéa 2 ci-dessus,
déterminent le niveau et le type d’intervention des services
respectifs de la Communauté Urbaine et des Communes
d’Arrondissement.
(4) En cas de désaccord, le service de police municipale mis
en place par la Commune d’Arrondissement exerce de plein
droit les activités de police municipale.

(1) La police municipale a pour objet d’assurer le bon
ordre, la sûreté, la tranquillité, la sécurité et la
salubrité publiques.
a) la sûreté et la commodité du passage dans les rues,
quais, places et voies publiques, en l’occurrence le
nettoiement, l’éclairage, l’enlèvement des encombrements, la
démolition ou la réparation des édifices menaçant ruine,
l’interdiction de ne rien exposer aux fenêtres ou autres
parties des édifices qui puisse causer des dommages ou des
exhalaisons nuisibles ;
b) le mode de transport des personnes décédées, des
inhumations et exhumations, le maintien du bon ordre et de
la décence dans les cimetières, sans qu’il soit permis
d’établir des distinctions ou des prescriptions
particulières en raison des circonstances qui ont accompagné
la mort ;
c) l’inspection des appareils et/ou instruments pour les
denrées qui se vendent au poids ou à la mesure, et sur la
salubrité des denrées comestibles exposées en vente ;
d) la prévention, par des précautions convenables, et
l’intervention, par la distribution des secours nécessaires,
en cas d’accident et de fléaux calamiteux, tels que les
incendies, les inondations ou tous autres accidents
naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les
épizooties, la mise en œuvre de mesures d’urgence en matière
de sécurité, d’assistance et de recours et, s’il y a lieu,
le recours à l’intervention du représentant de l’Etat,
auquel il est rendu compte des mesure prescrites ;
e) les mesures nécessaires contre les aliénés dont l’état
pourrait compromettre la morale publique, la sécurité des
personnes au la conservation des propriétés ;
f) l’intervention pour prévenir ou remédier aux événements
fâcheux qui pourraient être occasionnés par la divagation
des animaux ;
g) La démolition des édifices construits sans permis de
bâtir.

Les attributions confiées au Maire en cas de danger grave ou
imminent ne font pas obstacle au pouvoir du représentant de
l’Etat, dans la circonscription administrative où se trouve
la Commune, de prendre toutes mesures de sûreté exigées par
les circonstances.

(1) Le Maire exerce les pouvoirs de police en matière de
circulation routière, dans le ressort de sa commune.
(2) Il peut, moyennant le paiement de droits fixés par
délibération, donner des permis de stationnement ou de dépôt
temporaire sur la voie publique, sur les rivières, ports et
quais fluviaux relevant de la compétence de la Commune et
sur d’autres lieux publics, sous réserve que cette
attribution puisse avoir lieu sans gêner la circulation sur
la voie publique ou la navigation.
(3) Le Maire accorde les permissions de voirie à titre
précaire et essentiellement révocable sur les voies
publiques, conformément à la législation et à la
réglementation en vigueur. Ces permissions ont pour objet,
notamment, l’établissement dans le sol ou sur la voie
publique, des réseaux destinés à la distribution de l’eau,
de l’énergie électrique ou du téléphone.

Le Maire peut prescrire aux propriétaires usufruitiers,
fermiers ou à
Tous les autres possesseurs ou exploitants, d’entourer d’une
clôture suffisante le puits et les excavations présentant un
danger pour la sécurité publique, ainsi que les terrains
insalubres présentant un danger pour la santé publique.

(1) Les pouvoirs qui appartiennent au Maire ne font pas
obstacle au pouvoir du représentant de l’Etat de prendre,
pour toutes les communes d’une circonscription ou pour une
ou plusieurs d’entre elles, et dans tous les cas où il n’y
aurait pas été pourvu par les autorités municipales, toutes
mesures relatives au maintien du bon ordre, de la sécurité,
de la salubrité, de la sûreté et de la tranquillité
publiques.
(2) Le pouvoir mentionné à l’alinéa 1 ci-dessus ne peut être
exercé par le représentant de l’Etat à l’égard d’une seule
commune qu’après mise en demeure au Maire restée sans
résultat, au cas où la Commune concernée dispose d’un
service de police.

(1) En l’absence d’un service de police municipale, le Maire
peut créer un service d’hygiène chargé de la police
sanitaire de la Commune.
(2) Les agents de la police municipale prêtent serment
devant le tribunal d’instance compétent.

En matière de police municipale, le Conseil Municipal peut
émettre des vœux et avis mais n’a, en aucun cas, qualité
pour adresser des injonctions au Maire.

ET DE LA SUBSTITUTION DE L’EXECUTIF COMMUNAL

(1) En cas de violation des lois et règlements en vigueur ou
de faute
Lourde, les Maires et Adjoints, après avoir été entendus ou
invités à fournir des explications écrites sur les faits qui
leur sont reprochés, peuvent être suspendus par arrêté du
Ministre chargé des collectivités territoriales, pour une
période n’excédant pas trois (03) mois. Au-delà de cette
période, ils peuvent être soit réhabilités soit révoqués.
(2) La révocation prévue à l’alinéa 1 ci-dessus est
prononcée par décret du Président de la République.
(3) Les arrêtés de suspension et le décret de révocation
doivent être motivés.
(4) Les Maires et Adjoints au Maire révoqués ou destitués
conservent la qualité de Conseiller Municipal.

(1) En cas d’atteinte a la fortune publique, d’infraction
pouvant entraîner une sanction pénale assortie de déchéance,
de carence avérée ou de faute lourde dans l’exercice de
leurs fonctions, le Maire et ses Adjoints peuvent être
révoqués par décret du Président de la République, dans les
conditions prévues à l’article 225 ci-dessus.
(2) Ils peuvent également, après avoir été entendus, être
destitués par délibération du Conseil Municipal, dans le
cadre d’une session extraordinaire convoquée par le
représentant de l’Etat à son initiative ou à celle de la
majorité des deux tiers (2/3) des membres du Conseil. Cette
délibération emporte d’office suspension du Maire ou de ses
Adjoints dès son adoption. Elle est rendue exécutoire par
arrêté du Ministre chargé des collectivités territoriales.

(2) Dans le cas où le Maire refuse ou s’abstient de poser
des actes qui lui sont prescrits par la législation et la
réglementation en vigueur, le Ministre chargé des
collectivités territoriales, saisi par le représentant de
l’Etat, après mise en demeure, peut y faire procéder
d’office.
(2) Lorsqu’il s’agit d’une mesure présentant un intérêt
intercommunal, le Ministre chargé des collectivités
territoriales, saisi par le représentant de l’Etat, peut se
substituer, dans les mêmes conditions aux Maires des
Communes intéressées.

(1) La mise en demeure visée à l’article 227 ci-dessus est
adressée au Maire concerné, par tout moyen laissant trace
écrite.
(2) Elle doit indiquer le délai imparti au Maire pour
répondre au représentant de l’Etat.
(3) Lorsqu’aucune réponse n’est intervenue à l’expiration du
délai prévu à l’alinéa 2 ci-dessus, ce silence équivaut à un
refus.

(1) Le Maire ou l’Adjoint au Maire qui, pour une cause
postérieure à son élection, ne remplit plus les conditions
requises pour être Maire ou Adjoint au Maire ou qui se
trouve dans un des cas d’incompatibilités prévus par la
présente loi, doit cesser immédiatement ses fonctions.
(2) Le Ministre chargé des collectivités territoriales,
saisi par le représentant de l’Etat, enjoint le Maire ou
l’Adjoint au Maire de passer immédiatement le service à son
remplaçant désigné, sans attendre l’installation de son
successeur. Lorsque le Maire ou l’Adjoint refuse de
démissionner, le Ministre chargé des collectivités
territoriales prononce sa suspension par arrêté, pour une
durée qu’il fixe. Il est mis fin à ses fonctions par décret
du Président de la République.

(1) Le Maire nommé à une fonction incompatible avec son
statut est tenu de faire une déclaration d’option dans un
délai de trente (30) jours. Passé ce délai, il peut être
invité par le Ministre chargé des collectivités
territoriales, saisi par le représentant de l’Etat, à
abandonner une de ses fonctions.
(2) En cas de refus ou dans un délai maximal de quinze (15)
jours après la mise en demeure prévue à l’article 229
ci-dessus, le Maire est déclaré démissionnaire par arrêté du
Ministre chargé des Collectivités territoriales.

(1) Les démissions des Maires et Adjoints sont adressées au
Ministre chargé des collectivités territoriales par lettre
recommandée, avec accusé de réception. Elles sont
définitives à compter de la date de leur acceptation par le
Ministre chargé des collectivités territoriales ou, le cas
échéant, dans un délai maximal d’un (01) mois à compter de
l’envoi d’une nouvelle lettre recommandée.
(2) Les Maires et Adjoints au Maire démissionnaires
continuent l’exercice de leurs fonctions, jusqu’à
l’installation de leurs successeurs.

Les dispositions de la législation pénale en sont
applicables à tout Maire qui a délibérément donné sa
démission, en vue d’empêcher ou de suspendre soit
l’administration de la justice, soit l’accomplissement d’un
service quelconque.

La révocation emporte de plein droit l’inéligibilité aux
fonctions de Maire et à celles d’Adjoint, jusqu’à la fin du
mandat à compter de la date de publication du décret de
révocation.

(1) En cas de révocation, de suspension, d’absence ou de
tout autre empêchement, le Maire est provisoirement remplacé
par un Adjoint dans l’ordre de l’élection et, à défaut
d’Adjoint, par un Conseiller Municipal pris dans l’ordre de
la liste.
(2) Dans ce dernier cas, le Conseil Municipal peut, dans un
délai maximal de huit (08) jours, désigner un membre pour
assurer la suppléance.

(1) Lorsque le Maire est révoqué ou suspendu, son remplaçant
exerce la plénitude de ses fonctions jusqu’à l’élection du
nouveau Maire, laquelle intervient dans un délai de soixante
(60) jours à compter de la date de révocation ou de
suspension.
(2) En cas d’absence ou d’empêchement, le remplaçant du
Maire est chargé de l’expédition des affaires courantes. Il
ne peut, notamment, ni se substituer au Maire dans la
direction générale des affaires de la Commune, ni modifier
ses décisions ou l’effectif budgétaire.
(3) Les cas d’absence ou d’empêchement prévus à l’alinéa 1
ci-dessus ne peuvent excéder trois (03) mois. Passé ce
délai, le représentant de l’Etat convoque le Conseil
Municipal à l’effet de procéder au remplacement du Maire
absent ou empêché.

En temps de guerre, le Maire et les Conseillers Municipaux
pris individuellement peuvent être, pour des motifs d’ordre
public ou d’intérêt général, suspendus par décret du
Président de la République, jusqu’à la cessation des
hostilités. Les membres du Conseil ainsi suspendus ne sont
pas remplacés numériquement pendant la durée normale de leur
mandat.
(2) Toutefois, si cette mesure devait réduire d’un quart
(1/4) au moins le nombre des membres du Conseil, une
délégation spéciale est constituée.

(1) Sans que la liste ne soit limitative, les fautes
énumérées ci-dessous peuvent entraîner l’application des
dispositions de
l’Article 225 ci-dessus :
a) faites prévus par la législation relative au contrôle des
ordonnateurs, gestionnaires et gérants de crédits publics ;
b) utilisation des deniers publics de la Commune à des fins
personnelles ou privées ;
c) faux en écriture publique authentique tel que prévu dans
la législation pénale ;
d) concussion et corruption ;
e) spéculation sur l’affectation ou l’usage des terrains
publics et autres biens meubles et immeubles de la Commune,
les permis de construire, de lotir ou de démolir.
(2) Dans les cas énumérés ci-dessus, la sanction
administrative ne fait pas obstacle aux poursuites
judiciaires, conformément à la législation en vigueur.

Dans le cas où le Maire, les Adjoints au Maire, le Président
ou les membres de la délégation spéciale ont commis l’une
des irrégularités prévues par la législation relative au
contrôle des ordonnateurs, gestionnaires et gérants de
crédits publics, ils sont passibles de poursuites devant les
instances compétentes.

Le Maire, les Adjoints au Maire, le Président ou les membres
de la délégation spéciale qui se sont irrégulièrement
immiscés dans le maniement des deniers communaux sont
assimilés à des comptables de fait et peuvent, à ce titre,
être déférés devant les juridictions compétentes.

(1) Certaines agglomérations urbaines, en raison de leur particularité, peuvent être
érigées en Communautés Urbaines par décret du Président de la République, lequel en
fixe le siège et le ressort territorial.
(2) La Communauté Urbaine est une collectivité territoriale composée d’au moins deux
(02) communes.
(3) Les communes qui constituent la communauté urbaine portent la dénomination de
communes d’arrondissement.
(4) La communauté urbaine prend l’appellation « Ville de… », immédiatement suivie
de la dénomination de l’agglomération concernée.

(1) La communauté urbaine est compétente pour toute action relevant de
l’intercommunalité, des grands travaux et des projets structurants.
(2) Est d’intérêt communautaire, toute compétence ou ressource portant
sur les projets intercommunaux par nature ou par destination, les
infrastructures cédés à la Communauté Urbaine, construites ou aménagées
par celle-ci ainsi que celles ouvertes, par leur objet, leur position
géographique ou leur importance symbolique ou économique
interterritoriale à l’usage des populations émanant de plusieurs
communes d’arrondissement.
(3) Sont, en conséquence, de la compétence exclusive de la Communauté
Urbaine:
– la mise en valeur des sites touristiques communaux ;
– le nettoyage des routes nationales, régionales et départementales,
ainsi que des espaces publics communautaires ;
– le suivi et le contrôle de la gestion des déchets industriels ;
– l’élaboration des plans communautaires d’action pour l’environnement,
notamment en matière de lutte contre les pollutions et les nuisances, de
protection des espaces verts ;
– la création, l’entretien et la gestion des espaces verts, parcs et
jardins communautaires ;
– la collecte, l’enlèvement et le traitement des ordures ménagères ;
– la création et l’aménagement d’espaces publics urbains ;
– la planification urbaine, les plans et schémas directeurs
d’aménagement concerté, de rénovation urbaine et de remembrement. A cet
effet, la Communauté Urbaine donne son avis sur le projet de Schéma
Régional d’aménagement du territoire avant son approbation ;
– la participation à l’organisation et la gestion des transports publics
urbains ;
– les opérations d’aménagement d’intérêt communautaire ;
– la délivrance des certificats d’urbanisme, des autorisations de lotir,
des permis d’implanter, des permis de construire et de démolir ;
– la création, l’aménagement, l’entretien, l’exploitation et la gestion
des voiries primaires et secondaires, de leurs dépendances et de leurs
équipements, y compris l’éclairage public, la signalisation,
l’assainissement pluvial, les équipements de sécurité et les ouvrages
d’art ;
– la coordination des réseaux urbains de distribution d’énergie, d’eau
potable, de télécommunications et de tous intervenants sur le domaine
public viaire communautaire ;
– la création, l’aménagement, l’entretien, l’exploitation et la gestion
des équipements en matière d’assainissement, eaux usées et pluviales ;
– les plans de circulation et de déplacement urbains pour l’ensemble du
réseau viaire ;
– l’adressage et la dénomination des rues, places et édifices publics ;
– la création de zones d’activités industrielles ;
– la création, l’entretien et la gestion des cimetières publics ;
(4) En cas de conflit de compétences entre la Communauté Urbaine et la
Commune d’Arrondissement, le Maire de la Ville ou le Maire de la Commune
d’Arrondissement saisit le juge administratif territorialement
compétent.

La Communauté Urbaine fonctionne selon les règles
applicables à la Commune, telles que prévues par la présente
loi.

(1) L’organe délibérant de la Communauté Urbaine est le
Conseil de Communauté.
(2) L’organe Exécutif de la Communauté Urbaine est constitué
du Maire de la Ville et des Adjoints au Maire de la Ville.

(1) Le Conseil de Communauté est composé des Maires des
Communes d’Arrondissement et des représentants désignés au
sein des Communes d’Arrondissement. Ses membres prennent
l’appellation de Conseil de la Communauté Urbaine.
(2) Le Conseil de Communauté délibère sur toutes les
questions relevant de sa compétence.
(3) Les Sénateurs de la Communauté Urbaine de rattachement
peuvent assister à ses travaux avec voix consultative.

(1) Le mandat du Conseil de Communauté expire en même temps
que celui des Conseillers Municipaux des Communes
d’Arrondissement.
(2) La représentation d’un Conseil Municipal au sein du
Conseil de Communauté en cas de dissolution, de démission de
tous ses membres ou de suspension, est assurée par cinq (05)
membres de la délégation spéciale prévue aux articles 192 à 195 ci-dessus.
(3) En cas de vacance d’un poste de Conseiller à la
Communauté Urbaine par suite de décès, de démission ou pour
tout autre cause, le Conseil Municipal de la Commune
d’Arrondissement concerné pourvoit à son remplacement dans
un délai maximal de deux (02) mois.

Le Maire de la Ville, conseiller municipal d’une Commune
d’Arrondissement de ladite Communauté Urbaine, est une
personnalité autochtone de la Région de rattachement de la
Communauté Urbaine.
(2) Le Maire de la Ville et ses Adjoints sont élus par un
collège constitué de l’ensemble des Conseillers Municipaux
des Communes d’Arrondissement de la Ville. L’élection a lieu
le troisième mardi suivant la date de proclamation des
résultats de l’élection des Conseillers Municipaux
d’arrondissement, sur convocation du représentant de l’Etat,
suivant les modalités fixées à l’article 200 de la présente
loi.
(3) Il exerce la plénitude des fonctions municipales dans le
cadre des compétences dévolues à la Communauté Urbaine.

(1) Le Maire de la Ville est assisté d’Adjoints élus.
(2) Le nombre d’Adjoints est déterminé ainsi qu’il suit :
– Communauté Urbaine disposant de deux à trois Communes
d’Arrondissement : deux (02) Adjoints ;
– Communauté Urbaine disposant de quatre à cinq Communes
d’Arrondissement : trois (03) Adjoints ;
– Communauté Urbaine disposant de six à sept Communes
d’Arrondissement : quatre (04) Adjoints ;
– Communauté Urbaine dispose de plus de sept Communes
d’Arrondissement : cinq (05) Adjoints.
(3) La répartition des postes d’Adjoints au Maire de la
Ville doit, autant que possible, refléter la configuration
du Conseil de Communauté. En tout état de cause, le Maire de
la Ville et ses Adjoints ne peuvent ni cumuler leurs
fonctions avec celles de Maire ou Adjoint au Maire d’une
Commune d’Arrondissement, ni émaner du même Conseil
Municipal d’Arrondissement.
(4) La première session du Conseil de Communauté est
convoquée par le représentant de l’Etat le quatrième mardi
suivant la date de proclamation des résultats de l’élection
des conseillers municipaux d’arrondissement. Elle est
consacrée à la mise en place des commissions pour l’étude
des questions entrant dans ces attributions.

(1) Le Maire de la Ville convoque et préside les sessions du
Conseil de Communauté.
(2) Il est chargé :
– de la préparation et de l’exécution des délibérations du
Conseil de Communauté ;
– de la préparation et de l’exécution du budget de la
Communauté ;
– de l’organisation et de la gestion des services de la
Communauté ;
– de la gestion des ressources et du patrimoine de la
Communauté ;
– de la direction des travaux communautaires ;
– de la représentation de l’agglomération dans les
cérémonies protocolaires.

(1) Les délibérations du Conseil de Communauté obéissent au
régime juridique des délibérations du Conseil Municipal.
(2) Les copies de ces délibérations sont transmises dans les
dix (10) jours, à compter de la date de leur entrée en
vigueur, par le Maire de la Ville aux Maires des Communes
d’Arrondissement concernées.
(3) Les Maires des Communes d’Arrondissement sont tenus de
communiquer les délibérations prévues aux alinéas 1 et 2
ci-dessus à leur Conseil Municipal, à l’occasion de la
session suivant immédiatement la tenue du Conseil de
Communauté.

(1) Les dispositions de la présente loi relatives aux Communes
s’appliquent aux Communauté Urbaines et aux Communes d’Arrondissement.
(2) Les Communes d’Arrondissement exercent toutes les compétences
transférées aux Communes par la présente loi, à l’exception de celle
expressément attribuées à la Communauté Urbaine à
l’Article 241
ci-dessus.
(3) En tout état de cause, les compétences d’intérêt communal visent les
projets relatifs à la proximité et à la vie quotidienne des habitants,
les infrastructures cédées à la Commune d’Arrondissement, construites ou
aménagées par celle-ci ainsi que celles ouvertes, par leur objet, leur
position géographique ou leur importance symbolique, à l’usage principal
des populations de la Commune d’Arrondissement concernée.

(1) Le Maire de la Commune d’Arrondissement est membre de droit du
Conseil de Communauté.
(2) Outre le Maire, le Conseil Municipal de la Commune d’Arrondissement
élit en son sein dix (10) Conseillers appelés à siéger au sein du
Conseil de Communauté.
(3) L’élection prévue à l’alinéa 2 ci-dessus intervient à l’occasion de
la première session du Conseil suivant immédiatement la proclamation des
résultats des élections municipales.

(1) Le Conseil Municipal de la Commune d’Arrondissement donne son avis
toutes les fois qu’il est requis par le Conseil de la Communauté ou tout
autre organisme, sur des affaires intéressant la Commune concernée.
(2) La consultation prévue à l’alinéa 1 ci-dessus est obligatoire pour
toute opération ou tout projet d’intérêt général à exécuter, en totalité
ou en partie, sur son territoire.

(1) Les Conseils Municipaux des Communes d’Arrondissement peuvent être
réunis à la demande des deux tiers (2/3) des membres desdits Conseils
ou, à titre exceptionnel, du Maire de la Communauté Urbaine, sur un
ordre du jour précis, notamment lorsque l’intérêt communautaire est
engagé. Dans ce cas, ce dernier peut faire une communication aux
Conseillers Municipaux des Communes d’Arrondissement ainsi réunis.
(2) La convocation prévue à l’alinéa 1 ci-dessus est soumise à
l’approbation préalable du représentant de l’Etat, lorsqu’elle résulte
d’une initiative du Maire de la Ville.

(1) Sauf cas de consultation prévu à l’alinéa 252 ci-dessus, le Conseil
Municipal de la Commune d’Arrondissement ne peut délibérer sur une
compétence transférée à la Communauté Urbaine.
(2) En cas de consultation, les délibérations du Conseil Municipal de la
Commune d’Arrondissement ne peuvent être contraires à celles du Conseil
de Communauté.
(3) Lorsque le Conseil Municipal de la Commune d’Arrondissement,
nonobstant les dispositions de l’alinéa 2 ci-dessus, adopte une
délibération contraire à celle de la Communauté Urbaine, la délibération
de la Commune d’Arrondissement est nulle de plein droit, sauf hypothèse
de violation des textes en vigueur par la Communauté Urbaine.

Le Président de la République peut, par décret, soumettre
aux dispositions du présent Titre, toute Commune en raison
de son importance et de son niveau de développement.

(1) Les modalités de dévolution de l’actif et du passif de
l’agglomération urbaine éclatée en Communes d’Arrondissement
sont fixées par arrêté du Ministre chargé des Collectivités
Territoriales.

Toute création d’un service intercommunal par la Communauté
Urbaine est subordonnée à l’accord préalable des Communes
d’Arrondissement, par voie de délibérations concordantes.

Les dispositions de la présente loi relatives à
l’organisation et au fonctionnement des Communes sont
applicables mutatis mutandis à la Commune d’Arrondissement.

(1) La Région est une Collectivité Territoriale constituée de plusieurs Départements. Elle
couvre le même ressort que la Région, circonscription administrative.
(2) La Région est investie d’une mission générale de progrès économique et social. Ace titre,
elle contribue au développement harmonieux, équilibré, solidaire et durable du territoire.

La création des Régions, la modification de leur dénomination et de leur délimitation s’opèrent
conformément aux dispositions de l’article 61 de la Constitution.

Le chef-lieu de la Région, Collectivité Territoriale, est le chef-lieu de la Région,
circonscription administrative.

Entraînent la rectification des limites ou des chefs-lieux des circonscriptions administratives
concernées :
– le rattachement à une Région d’une Commune ou portion de Commune ;
– la modification des limites territoriales des Régions ;
– la désignation d’un nouveau chef-lieu.

Le rattachement d’une Commune ou portion de Commune à une Région est subordonnée à l’avis de
l’organe délibérant de la Commune et de l’organe délibérant de la Région.

Les modifications des ressorts territoriaux des Régions prennent effet à compter de la date
d’ouverture de la première session du Conseil Régional de l’entité nouvellement créée, sous
réserve des dispositions contraires du décret de modification. Dans ce dernier cas, le décret
prévoit la dissolution du ou des Conseils Régionaux concernés.

(1) Les actes portant modification des limites territoriales d’une ou de plusieurs Régions en
fixent les modalités, notamment celles liées à la dévolution des biens.
(2) Les actes mentionnés à l’alinéa 1 ci-dessus fixent également les conditions d’attribution
soit à la Région ou aux Régions de rattachement, soit à l’Etat :
– des terrains ou édifices faisant partie du domaine public ;
– du domaine privé ;
– des libéralités avec charge faites en faveur de la Région supprimée.

(1) Conformément à la législation en vigueur, la Région peut engager des actions complémentaires
à celles de l’Etat.
(2) Elle propose aux Communes de son ressort les mesures visant à favoriser la coordination des
actions de développement et des investissements locaux. A cet effet, les Conseillers Régionaux
participent, de plein droit, aux travaux du Conseil Municipal de leur Commune de rattachement,
avec voix consultative.

Les compétences suivantes sont transférées aux Régions :
– la promotion des petites et moyennes entreprises;
– l’organisation de foires et salons;
– la promotion de l’artisanat;
– la promotion des activités agricoles, pastorales et
piscicoles;
– l’encouragement à la création de regroupements Régionaux
pour les opérateurs économiques;
– l’appui aux microprojets générateurs de revenus et
d’emplois;
– la promotion du tourisme.

Les compétences suivantes sont transférées aux Régions :
– la gestion, la protection et l’entretien des zones
protégées et des sites naturels relevant de la compétence de
la Région;
la mise en défense et autres mesures locales de protection
de la nature
;
– la gestion des eaux d’intérêt régional;
– la création de bois, forêts et zones protégés d’intérêt
régional suivant un plan dûment approuvé par le représentant
de l’Etat;
la réalisation de pare-feu et la mise à feu précoce, dans
le cadre de la lutte contre les feux de brousse
;
– la gestion des parcs, naturels régionaux, suivant un plan
soumis du représentant de l’Etat;
l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des plans ou
schémas régionaux d’action pour l’environnement
;
– l’élaboration et la mise en œuvre de plans régionaux
spécifiques de prévention des risques et d’intervention
d’urgence.

Les compétences suivantes sont transférées aux Régions :
– l’élaboration et l’exécution des plans régionaux de
développement;
– la passation, en relation avec l’Etat, de contrats-plans
pour la réalisation d’objectifs de développement;
la participation à l’organisation et à la gestion des
transports publics interurbains
;
– la coordination des actions de développement;
– l’élaboration conformément au plan national, du schéma
régional d’aménagement du territoire;
la participation à l’élaboration des documents de
planification urbaine et des schémas directeurs des
Collectivités Territoriales
;
– la réhabilitation et l’entretien des routes
départementales et régionales;
– le soutien à l’action des Communes en matière d’urbanisme
et d’habitat.

Les compétences suivantes sont transférées aux Régions :
– la création, conformément à la carte sanitaire,
l’équipement, la gestion et l’entretien des formations
sanitaires de la Région;
– la participation à l’entretien et à la gestion des centres
de promotion et/ou de réinsertion sociale;
– le recrutement et la gestion du personnel infirmier et
paramédical des hôpitaux régionaux et de district;
– l’appui aux formations sanitaires et établissements
sociaux;
– la mise en œuvre des mesures de prévention et d’hygiène;
– l’organisation et la gestion de l’assistance au profit des
nécessiteux;
– la participation à l’élaboration de la tranche régionale
de la carte sanitaire;
– la participation à l’organisation et à la gestion de
l’approvisionnement en médicaments, réactifs et dispositifs
essentiels en conformité avec la politique nationale de
santé.

Les compétences suivantes sont transférées aux Régions :
a. en matière d’éducation :
– la participation à l’établissement et à la mise en œuvre de la tranche
régionale de carte scolaire nationale;
– la création l’équipement, la gestion, l’entretien, la maintenance des
lycées et collèges de la Région;
– le recrutement et la gestion du personnel enseignant et d’appoint
desdits établissements;
– l’acquisition du matériel et des fournitures scolaires;
– la répartition, l’allocation de bourses et d’aides scolaires;
– la participation à la gestion et à l’administration des lycées et
collèges de l’Etat, par le biais des structures de dialogue et de
concertation;
– le soutien à l’action des Communes en matière d’enseignement primaire
et maternel.
b. en matière d’alphabétisation :
– l’élaboration et l’exécution des plans régionaux d’élimination de
l’analphabétisme;
– la synthèse annuelle de l’exécution des plans de campagne
d’alphabétisation;
– le recrutement du personnel chargé de l’alphabétisation;
– la formation des formateurs;
– la conception et la production du matériel didactique;
– la réalisation de la carte de l’alphabétisation;
– la mise en place d’infrastructures et d’équipements éducatifs;
– le suivi et l’évaluation des plans d’élimination de l’illettrisme;
c. en matière de formation professionnelle :
– le recensement exhaustif des métiers régionaux et l’élaboration d’un
répertoire des formations professionnelles existantes avec indication
des aptitudes requises et des profils de formation;
– la participation à l’élaboration de la tranche régionale de la carte
scolaire se rapportant à l’enseignement technique et à la formation
professionnelle;
– l’élaboration d’un plan prévisionnel de formation;
– l’entretien et la maintenance des établissements, centres et instituts
de formation de la Région;
– le recrutement et la gestion du personnel d’appoint;
– la participation à l’acquisition du matériel didactique, notamment les
fournitures et matières d’œuvre;
– la participation à la gestion et à l’administration des centres de
formation de l’Etat par le biais des structures de dialogue et de
concertation;
– l’élaboration d’un plan régional d’insertion professionnelle des
jeunes;
– l’aide à l’établissement de contrats de partenariat
écoles-entreprises.

Les compétences suivantes sont transférées aux Régions :
– la délivrance d’autorisations d’ouverture de centres
éducatifs, dûment visées par le représentant de l’Etat;
– l’assistance aux associations sportives régionales;
– la réalisation, l’administration et la gestion des
infrastructures sportives et socio-éducatives à statut
régional;
– l’organisation, l’animation et le développement des
activités socio-éducatives;
– la promotion et la gestion des activités physiques et
sportives au niveau régional;
la création et l’exploitation des parcs de loisirs
d’intérêt régional
;
l’organisation des manifestations socioculturelles à des
fins de loisirs d’intérêt régional.

Les compétences suivantes sont transférées aux Régions :
a. en matière de culture :
– la promotion et le développement des activités culturelles;
– la participation à la surveillance et au suivi de l’état
de conservation des sites et monuments historiques, ainsi
qu’à la découverte des vestiges préhistoriques ou
historiques;
– l’organisation de journées culturelles, de manifestations
culturelles traditionnelles et de concours littéraires et
artistiques;
– la création et la gestion d’orchestres, d’ensembles
lyriques traditionnels, de corps de ballets et de troupes de
théâtres d’intérêt régional;
– la création et la gestion de centres socioculturels et des
bibliothèques de lecture publique d’intérêt régional;
– la collecte et la traduction des éléments de la tradition
orale, notamment les contes, mythes et légendes, en vue d’en
faciliter la publication;
– l’assistance aux associations culturelles.
b. en matière de promotion des langues nationales:
– la maîtrise fonctionnelle des langues nationales et la
mise au point de la carte linguistique régionale;
– la participation à la promotion de l’édition en langues
nationales;
– la promotion de la presse parlée et écrite en langues
nationales;
– la mise en place d’infrastructures et d’équipements.

(1) Les organes de la Région sont :
– le Conseil Régional ;
– le Président du Conseil Régional.
(2) Le Conseil Régional par ses délibérations, le Président du Conseil Régional par
les actes qu’il prend, l’instruction des affaires et l’exécution des délibérations,
concourent à l’administration de la Région.

(1) Le Conseil Régional est l’organe délibérant de la
Région.
(2) Il est composé de quatre-vingt-dix (90) Conseillers
Régionaux dont le mandat est de cinq (05) ans.
(3) Le Conseil Régional comprend :
– les délégués des départements élus au suffrage universel
indirect ;
– les représentants du commandement traditionnel élus par
leurs pairs.

(1) Le Conseil Régional doit refléter les différentes
composantes sociologiques de la Région. Il doit, notamment,
assurer la représentation de la population autochtone de la
Région, des minorités et du genre.
(2) Les parlementaires et les maires de la région peuvent
assister à ses travaux avec voix consultative.

(1) Le Conseil Régional règle par ses délibérations les
affaires de la Région.
(2) Il donne son avis toutes les fois que celui-ci est
requis par les lois et règlements ou à la demande du
représentant de l’Etat.
(3) il peut formuler des vœux par résolutions sur toutes les
questions ayant un intérêt régional.
(4) il est tenu informé de l’état d’avancement des travaux
et actions financés par la Région.
(5) il est obligatoirement consulté pour la réalisation, sur
le territoire de la Région, de tout projet d’aménagement ou
d’équipement de l’Etat, des Communes ou de tous organismes
publics, parapublics ou privés.
(6) Il fixe son Règlement Intérieur.

Le Conseil Régional délibère, notamment, sur :
1. les plans et programmes de développement ;
2. le budget et les comptes administratifs et de gestion ;
3. la création et la gestion des équipements collectifs
d’intérêt régional dans les domaines concernant
l’enseignement secondaire, la santé, l’hygiène publique et
l’assainissement, les infrastructures routières et de
communication classées dans le domaine régional, le
transport public et les plans de circulation, l’eau et
l’énergie, les foires te les marchés, la jeunesse, le sport,
les arts et la culture, les activités d’exploitation
artisanale des ressources minières de la Région ;
4. la gestion du domaine d’intérêt régional, notamment, la
lutte contre les pollutions et les nuisances, l’organisation
des activités agricoles de te santé animale, la gestion
foncière, l’acquisition et l’aliénation des biens du
patrimoine, la gestion des ressources forestières, fauniques
et halieutiques ;
5. la création et le mode de gestion des services publics
régionaux ;
6. l’organisation des interventions dans le domaine
économique ;
7. l’organisation des activités artisanales et touristiques
;
8. l’organisation des activités de promotion et de
protection sociales ;
9. la fixation des taux de prélèvement des impôts et taxes
régionaux dans le respect des fourchettes arrêtées par la
loi ;
10. l’acceptation ou le refus des dons, subventions et legs
;
11. les baux et autres conventions ;
12. les emprunts et les garanties d’emprunts ou avals ;
13. l’octroi de subventions ;
14. les prises de participation ;
15. les projets de jumelage et les actions de coopération
avec d’autres collectivités territoriales nationales ou
étrangères ;
16. les modalités de gestion du personnel ;
17. le règlement intérieur prévoyant, entre autres, les
modalités de fonctionnement des commissions régionales ;
18. le régime et les modalités d’accès et d’utilisation des
points d’eau de toute nature.

(1) Le Conseil Régional peut déléguer l’exercice d’une
partie de ses compétences au bureau, à l’exception de celles
visées à l’article 278 ci-dessus. La décision correspondante
doit faire l’objet d’une délibération déterminant m’étendue
et la durée de la délégation. A l’expiration de la durée de
la délégation, compte en est rendu au Conseil.
(2) Il désigne parmi ses membres des délégués appelés à
siéger au sein d’organismes extérieurs, conformément aux
textes régissant lesdits organismes. La détermination de la
durée des fonctions assignées à ces membres ou délégués ne
prive pas le Conseil Régional de la faculté de procéder à
leur remplacement, à tout moment et pour le reste de cette
durée.

(1) Le Conseil Régional se réunit une (01) fois par
trimestre en session ordinaire, sur convocation de son
Président qui en fixe l’ordre du jour. La durée de chaque
session ne peut excéder huit (08) jours, à l’exception de la
session budgétaire, qui peut durer quinze (15) jours.
(2) Pour les années de renouvellement du mandat des
Conseillers Régionaux, ainsi que pour la mise en place
initiale des Conseils Régionaux, la première session se
tient de plein droit le deuxième mardi suivant la
proclamation des résultats. Dans ce cas, la session est
convoquée par le représentant de l’Etat.
(3) En cas de renouvellement, conformément aux dispositions
de l’alinéa 2 ci-dessus, les pouvoirs du Conseil Régional
sortant expirent à l’ouverture de la session de plein droit.

Le Conseil Régional se réunit en session extraordinaire sur
un ordre du jour déterminé à la demande :
– de son Président ;
– des deux tiers (2/3) au moins de ses membres, pour une
durée qui ne peut excéder trois (03) jours ;
– du représentant de l’Etat.

(1) Le Conseil Régional dispose de quatre (04) commissions
présidées chacune par un Commissaire :
– la commission des affaires administratives, juridiques et
du Règlement Intérieur ;
– la commission de l’éducation, de la santé, de la
population, des affaires sociales et culturelles, de la
jeunesse et des sports ;
– la commission des finances, des infrastructures, du plan
et du développement économique ;
– la commission de l’environnement, de l’aménagement du
territoire, des domaines, de l’urbanisme et de l’habitat.
(2) Nonobstant les dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus, le
Conseil Régional peut :
– créer ou dissoudre toute autre commission par
délibération, sur demande de son Président ou des deux tiers
de ses membres ;
– appeler en consultation toute personne, en raison de ses
compétences, sur un sujet inscrit à l’ordre du jour d’une
session ou à l’ordre du jour de la réunion d’une commission
;
– créer ou dissoudre tout comité « ad hoc ».

Les personnes appelées en consultation, ainsi que les
membres autres que les élus des comités ad hoc bénéficient
d’une indemnité.

(1) L’enveloppe budgétaire servant d’assiette à la
détermination des indemnités et frais prévus à l’article 283
ci-dessus est la masse globale des recouvrements effectifs
figurant au dernier compte administratif approuvé.
(2) Pour la mise en place initiale des Conseils Régionaux,
l’enveloppe budgétaire prévue à l’alinéa 1 ci-dessus est
indexée sur la Dotation Générale de la Décentralisation.
(3) La détermination des montants, les modalités de
règlement des indemnités allouées aux Conseillers Régionaux
et personnes appelées en consultation, ainsi que le
remboursement des frais visés à l’alinéa 1 ci-dessus sont
fixés par voie réglementaire.

(1) Le Conseil Régional ne peut délibérer que lorsque la
majorité absolue de ses membres en exercice est présente.
Toutefois, si le Conseil Régional ne se réunit pas au jour
fixé par la convocation en nombre suffisant pour délibérer,
la prochaine réunion est convoquée de plein droit huit (08)
jours plus tard et les délibérations sont alors valables si
le quart au moins des membres du Conseil est présent.
(2) Les délibérations sont adoptées à la majorité simple des
membres présents et votants. En cas de partage des voix,
celle du Président est prépondérante, sauf scrutin secret.
Dans cette hypothèse, le vote est repris au scrutin public
sur demande du tiers au moins des membres. Les noms et
prénoms des votants, assortis de leur vote, sont insérés au
procès-verbal.

Les séances du Conseil Régional sont publiques, sauf
décision contraire adoptée à la majorité absolue des membres
présents ou représentés.

(1) Un Conseiller Régional empêché peut donner mandat écrit
à un autre Conseiller Régional pour la réunion à laquelle il
ne peut assister.
(2) Un Conseiller Régional ne peut recevoir qu’un mandat par
session.
(3) Le Conseil Régional peut annuler tout mandat, s’il
estime que l’absence du mandant n’est pas justifiée.

(1) La convocation prévue à l’article 280 ci-dessus doit
parvenir par écrit aux membres élus du Conseil Régional dans
un délai minimal de quinze (15) jours francs au moins avant
la tenue de la réunion.
(2) Elle assortie de documents de travail se rapportant à
chacun des sujets inscrits à l’ordre du jour. En tant que de
besoin, le Président du Conseil Régional dresse un rapport
sur chacun de ces sujets.

(1) Lorsque le Conseil Régional siège et statue en dehors de
ses sessions légales ou sur un objet étranger à ses
compétences, le représentant de l’Etat prend toutes mesures
appropriées afin de mettre immédiatement un terme à la
réunion.
(2) Dans ce cas, il est interdit au Conseil Régional de
publier des proclamations et adresses, d’émettre des vœux
politiques menaçant l’intégrité territoriale ou l’unité
nationale, ou de se mettre en communication avec un ou
plusieurs organes délibérants régionaux hors des cas prévus
par la législation en vigueur.
(3) Dans le cas prévu à l’alinéa 2 ci-dessus, les poursuites
judiciaires sont engagées à l’encontre des membres du
Conseil Régional auteurs desdits vœux, adresses,
proclamations ou communications, à la diligence du
représentant de l’Etat.
(4) En cas de condamnation, les participants à la réunion
sont exclus du Conseil Régional et inéligibles pendant les
cinq (05) années qui suivent cette condamnation.

(1) Le Président rend compte au Conseil Régional, par un
rapport spécial adressé au mois de Janvier suivant
l’exercice budgétaire, de la situation de la Région, sur les
matières transférées, de l’activité et du fonctionnement des
différents services et organismes de la Région, ainsi que
des crédits qui leur sont dévolus.

Les fonctions de secrétaire de séance lors des sessions du
Conseil Régional sont exercées par les secrétaires du bureau
régional. En cas d’empêchement ou d’absence, le Président du
Conseil Régional ou, le cas échéant, le président de séance,
désigne un autre Conseiller Régional pour assurer le
secrétariat.

(1) Au terme de chaque session, le secrétaire de séance
soumet à l’approbation du Conseil Régional un relevé écrit
des résolutions prises à l’occasion de la session concernée.
(2) Le relevé mentionné à l’alinéa 1 ci-dessus est signé de
tous les membres présents et votants. Il sert de fondement
pour la rédaction des projets de délibération.

(1) Le secrétaire de séance dresse un procès-verbal de
session cosigné du Président du Conseil Régional.
(2) Le procès-verbal de session prévu à l’alinéa 1 ci-dessus
retrace le déroulement des travaux du Conseil Régional. Il
est communiqué aux membres du Conseil Régional, quinze (15)
jours avant la tenue de la prochaine session, puis soumis à
leur adoption à l’ouverture de ladite session.

Les délibérations du Conseil Régional sont conservées par
ordre chronologique dans un registre côté et paraphé par le
représentant de l’Etat.

Les Conseillers Régionaux bénéficient de la protection
prévue à l’article 129 de la présente loi lorsqu’ils sont
chargés de l’exécution d’un mandat spécial.

(1) Le Conseil Régional peut être suspendu par décret du
Président de la République, sur proposition du Ministre
chargé des Collectivités territoriales, en cas :
– d’accomplissement d’actes contraires à la Constitution ;
– d’atteinte à la sécurité de l’Etat ou à l’ordre public ;
– de mise en péril de l’intégrité du territoire national ;
– d’impossibilité durable de fonctionner normalement.
(2) La suspension prévue à l’alinéa 1 ci-dessus ne peut
excéder deux (02) mois.
(3) La suspension peut être précédée d’une mise en demeure
adressée au conseil concerné par le Ministre chargé des
Collectivités territoriales.

Le Président de la République peut, par décret, après avis
du Conseil Constitutionnel, dissoudre un Conseil Régional :
– dans l’un des cas prévus à l’article 296 ci-dessus ;
– en cas de persistance ou d’impossibilité de rétablir la
situation qui prévalait antérieurement, à l’expiration du
délai prévu à l’article 296 ci-dessus.

(1) En cas de dissolution d’un Conseil Régional, le
Président de la République crée, par décret, une délégation
spéciale dont un Président et un Vice-Président, sur
proposition du Ministre chargé des Collectivités
territoriales.
(2) Les pouvoirs de la délégation spéciale prévue à l’alinéa
1 ci-dessus se limitent à l’expédition des affaires
courantes, aux mesures conservatoires et à la recherche de
solutions aux affaires dont l’urgence est avérée.
(3) La délégation ne peut en aucun cas :
– engager les finances de la Région, au-delà d’un seuil fixé
par voie réglementaire ;
– aliéner ou échanger propriétés de la Région ;
– modifier l’effectif des personnels régionaux ;
– voter des emprunts.
(4) Il est procédé à l’élection partielle des Conseillers
Régionaux dans un délai maximal de six (06) mois. Les
pouvoirs de la délégation prévue à l’alinéa 1 ci-dessus
cessent dès l’installation du nouveau Conseil Régional.

Une délégation spéciale est également mise sur pied, suivant
les mêmes conditions ; en cas de démission de tous les
membres d’un Conseil Régional ou de décision de justice
devenue définitive, d’annulation de l’élection.

La composition de toute délégation spéciale est fixée par le
décret qui la crée.

La substitution en matière budgétaire se déroule
conformément aux dispositions de la présente loi.

(1) Tout membre du Conseil Régional dûment convoqué qui,
sans motifs légitimes, a manqué à trois (03) sessions
consécutives peut être, après avoir été invité à fournir ses
explications par le président du Conseil Régional, déclaré
démissionnaire par décisions du Ministre chargé des
collectivités territoriales, sur avis du Conseil Régional.
La décision, dont copie doit être envoyée à l’intéressé et
au représentant de l’Etat, est susceptible de recours devant
la juridiction compétente.
(2) Le Conseiller déclaré démissionnaire conformément aux
dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus ne peut poser sa
candidature à l’élection au Conseil Régional, partielle ou
générale, qui suit immédiatement la date de sa démission
d’office.

(1) Tout membre du Conseil Régional qui, sans excuse
valable, a refusé de remplir des fonctions qui lui sont
dévolues par les lois et règlements peut être déclaré
démissionnaire par décision du Ministre chargé des
collectivités territoriales, après avis du Conseil Régional.
(2) Le refus résulte soit d’une déclaration écrite adressée
à qui de droit ou rendue publique par son auteur, soit d’une
abstention persistante, après mise en demeure du Ministre
chargé des collectivités territoriales, dans les délias
qu’il fixe.

Les démissions volontaires sont adressées par lettre
recommandée au président du Conseil Régional, avec copie au
représentant de l’Etat. Elles sont définitives à compter de
la date de leur accusé de réception par le président du
Conseil Régional ou, en cas d’absence d’accusé de réception,
dans un délai maximal d’un (01) mois à compter d’un second
envoi de la démission par lettre recommandée.

(1) En temps de guerre et en cas d’intelligence avec
l’ennemi, les Conseillers Régionaux pris individuellement
peuvent être, pour des motifs d’ordre public ou d’intérêt
général, suspendus par décret du président de la République
jusqu’à la cessation des hostilités. Les membres du Conseil
Régional ainsi suspendus ne peuvent être remplacés
numériquement pendant la fraction restant à courir du mandat
dudit conseil.
(2) Toutefois, si cette mesure doit réduire de moitié au
moins le nombre des membres du conseil, le même décret
institue une délégation spéciale habilitée à suppléer le
Conseil Régional.

Le Président du Conseil Régional est l’Exécutif de la Région. Il est
assisté par un Bureau Régional élu en même temps que lui au sein du
conseil. Le Bureau Régional doit refléter la composition sociologique de
la Région.

(1) Le Conseil Régional élit en son sein, au cours de sa
première session, un président assisté d’un bureau composé
d’un premier vice-président, d’un vice-président, de deux
questeurs et de deux secrétaires.
(2) Le président du Conseil Régional est une personnalité
autochtone de la Région, élue en son sein pour la durée du
mandat du Conseil.
(3) Au cours de la session prévue à l’alinéa 1 ci-dessus, le
Conseil Régional est présidé par son doyen d’âge, le plus
jeune membre assurant les fonctions de secrétaire de séance.
(4) L’élection a lieu au scrutin secret et à la majorité
absolue des membres du Conseil Régional présents et votants.
(5) Lorsque, suite à deux (02) tours de scrutin, aucun
candidat n’a obtenu la majorité absolue, il est procédé à un
troisième tour de scrutin et l’élection a lieu à la majorité
relative. En cas d’égalité de suffrages, le plus âgé des
candidats est déclaré élu.
(6) Le Conseil Régional ne peut délibérer dans le cas prévu
à l’alinéa 5 ci-dessus que si les deux tiers (2/3) de ses
membres sont présents. Si cette condition n’est pas remplie,
la réunion est convoquée de plein droit huit (08) jours au
plus tard. Elle peut alors se tenir sans condition de
quorum.
(7) Aussitôt après l’élection du président, et sous sa
présidence, le Conseil Régional complète son bureau en
élisant, dans les mêmes conditions que le président, le
premier vice-président. Le vice-président, les deux (02)
questeurs et les deux (02) secrétaires sont élus sur une
liste au scrutin majoritaire à un tour.

Après l’élection de son bureau, le Conseil Régional forme
ses commissions et procède à la désignation des membres ou
des délégués devant le représenter au sein des organismes
extérieurs.

(1) Le président et les membres du bureau régional sont élus
pour la durée du mandat.
(2) L’élection du président et des membres du bureau du
Conseil Régional est constatée par arrêté du Ministre chargé
des collectivités territoriales.
(3) Elle peut faire l’objet d’un recours en annulation,
suivant les règles prévues par la législation en vigueur
pour l’annulation de l’élection des conseillers régionaux.
(4) Lorsque l’élection est annulée ou que, pour toute autre
cause, un ou plusieurs membres du bureau régional ont cessé
leurs fonctions, le Conseil Régional est convoqué pour
procéder à leur remplacement dans un délai maximal d’un (01)
mois.

(1) Le président du Conseil Régional prête serment devant la
cour d’appel compétente avant son entrée en fonction.
(2) La formule du serment est la suivante : « Je jure sur
l’honneur et m’engage à servir les intérêts de la Région et
à remplir loyalement et fidèlement mes fonctions sans
discrimination ni favoritisme dans le respect de la loi et
conformément aux valeurs de la démocratie, aux principes de
l’unité et de l’intégrité de la République ».

Les fonctions de président du Conseil Régional sont
incompatibles avec celles de :
– membre du Gouvernement et assimilé ;
– député et Sénateur ;
– autorité Administrative ;
– Maire ;
– ambassadeur ou responsable dans une mission diplomatique ;
– président des cours et des tribunaux ;
– directeur général ou directeur d’établissement public ou
de société à participation publique ;
– secrétaire général de ministères et assimilé ;
– directeur de l’administration centrale ;
– membre des forces du maintien de l’ordre ;
– agent et employé de la Région concernée ;
– agent des administrations financières ayant à connaître
des finances ou de la comptabilité de la Région concernée.

(1) Le président du Conseil Régional est l’organe Exécutif
de la Région.
A ce titre, il :
– est l’interlocuteur du représentant de l’Etat ;
– représente la Région dans les actes de la vie civile et en
justice ;
– prépare et exécute les délibérations du Conseil Régional ;
– ordonnance les recettes et les dépenses de la Région, sous
réserve des dispositions particulières prévues par la
législation en vigueur ;
– gère le domaine de la Région et exerce les pouvoirs de
police afférents à cette gestion, notamment en ce qui
concerne la circulation sur ce domaine, sous réserve des
attributions dévolues au représentant de l’Etat et aux
maires.
(2) Il peut, sous son contrôle et sous sa responsabilité,
donner délégation de signature aux membres du bureau. Dans
les mêmes conditions, il peut déléguer sa signature au
secrétaire général de la Région ainsi qu’aux responsables
des services de la Région.

(1) Pour la préparation et l’exécution des délibérations du
Conseil Régional, le président peut disposer, en tant que de
besoin, des services déconcentrés de l’Etat dans le cadre
d’une convention signée avec le représentant de l’Etat,
précisant les conditions de prise en charge par la Région de
ces services.
(2) Le président du Conseil Régional peut, sous son contrôle
et sa responsabilité, donner délégation de signature aux
chefs desdits services pour l’exécution des missions qu’il
leur confie, en application de l’alinéa 1 ci-dessus.
(3) Les conventions-types relatives à l’utilisation par la
Région des services déconcentrés de l’Etat sont fixées par
voie réglementaire
.

Le président et le bureau régional peuvent être suspendus
par décret du président de la République, dans les cas
énumérés à l’article 296 de la présente loi.

Le président de la République peut, après avis du Conseil
Constitutionnel, destituer le président et le bureau
régional, conformément aux dispositions de
l’Article 297 de
la présente loi.

(1) Le président du Conseil Régional qui, pour une cause
postérieur à son élection, ne remplit plus les conditions
requises pour être président ou qui se trouve dans un des
cas d’inéligibilité prévus par la législation en vigueur,
cesse immédiatement ses fonctions. Le ministre chargé des
collectivités territoriales lui enjoint de se démettre
aussitôt desdites fonctions, sans attendre l’installation de
son successeur.
(2) Lorsque le président du Conseil Régional refuse de
démissionner, le ministre chargé des collectivités
territoriales lui notifie la cessation immédiate de ses
fonctions et propose au président de la République la
constatation de sa déchéance.

(1) Le président du Conseil Régional nommé à une fonction
incompatible avec son mandat, est tenu de faire une
déclaration d’option dans un délai de trente (30) jours à
compter de la date de sa nomination. Passé ce délai, il est
invité par le ministre chargé des collectivités
territoriales à abandonner l’une de ses fonctions.
(2) En cas de refus d’option ou dans un délai maximal de
quinze (15) jours, le président du Conseil Régional est
déclaré démissionnaire par décret du président de la
République, sur proposition du ministre chargé des
collectivités territoriales.

La démission du président du Conseil Régional est adressé au
ministre chargé des collectivités territoriales par lettre
recommandée avec accusé de réception. Elle est définitive à
compter de la date de son acceptation par ledit ministre ou,
en l’absence d’accusé de réception, dans un délai maximal
d’un (01) mois après envoi d’une nouvelle lettre
recommandée.

Tout président du Conseil Régional qui a délibérément donné
sa démission à l’effet d’empêcher ou de suspendre soit
l’administration de la justice, soit l’accomplissement d’un
service quelconque, est puni conformément à la législation
pénale en vigueur.

(1) En cas de décès, de démission, de destitution, de
suspension, d’absence ou de tout autre empêchement dûment
constaté par le représentant de l’Etat après avis du bureau,
le président est provisoirement remplacé par le premier
vice-président ou, en cas d’empêchement de ce dernier par le
vice-président ou, par tout autre membre du bureau dans
l’ordre protocolaire ou, à défaut, par un conseiller
régional pris dans le même ordre.
(2) A la session ordinaire suivante, il est procédé au
remplacement du président définitivement empêché ; le bureau
est complété en conséquence s’il y a lieu.

(1) En cas de décès, de démission ou de destitution d’un
président, son remplaçant exerce la plénitude de ses
fonctions.
(2) En cas de suspension ou d’empêchement dûment constaté
par le représentant de l’Etat après avis du bureau, le
remplaçant du président est uniquement chargé de
l’expédition des affaires courantes. Il ne peut ni se
substituer au président, dans la direction des affaires
générales de la région, ni modifier ses décisions.

(1) Dans le cas où le président du Conseil Régional refuse
ou néglige d’accomplir un des actes qui lui sont prescrits
par la législation ou la réglementation en vigueur qui
s’imposent absolument dans l’intérêt de la Région, le
ministre chargé des collectivités territoriales, après mise
en demeure, peut y faire procéder d’office.
(2) La mise en demeure visée à l’alinéa 1 ci-dessus est
faite par tout moyen laissant trace écrite. Elle indique le
délai imparti au président pour répondre au ministre chargé
des collectivités territoriales. Lorsque la mise en demeure
est restée sans effet dans le délai imparti, ce silence
équivaut à un refus.
(3) Lorsqu’il s’agit d’une mesure présentant un intérêt
inter-régional, le ministre chargé des collectivités
territoriales peut se substituer, dans les mêmes conditions,
aux présidents des conseils régionaux intéressés.

(1) Le président de la République nomme aux fonctions de
secrétaire général de la Région, sur proposition du ministre
chargé des collectivités territoriales. Il met fin auxdites
fonctions.
(2) Le secrétaire général, haut cadre disposant d’une bonne
expérience en matière de management du développement local,
anime les services de l’administration régionale. Il assure,
sous l’autorité du président du Conseil Régional dont il est
le principal collaborateur, l’instruction des affaires et
l’exécution des décisions prises par celui-ci. Il reçoit à
cet effet les délégations de signature nécessaires.
(3) Il assiste aux réunions du bureau et du Conseil Régional
dont il assure le secrétariat.

(1) Le président du Conseil Régional nomme, par arrêté, aux
emplois prévus par le texte organisant l’administration
régionale.
(2) L’arrêté de nomination des responsables de rang de
directeur est soumis au visa du représentant de l’Etat,
lequel dispose d’un délai de huit (08) jours pour approuver
ou rejeter les propositions de nomination. Passé ce délai,
le visa du représentant de l’Etat est réputé accordé.

(1) La présence du représentant de l’Etat ou de son délégué dûment mandaté aux
séances du Conseil Régional est de droit. Chaque fois qu’il le demande, le
représentant de l’Etat ou son délégué est entendu, mais ne peut ni participer au
vote, ni présider le Conseil Régional. Ses déclarations sont portées au
procès-verbal des délibérations.
(2) A la première session de l’année suivant la fin de l’exercice budgétaire, le
représentant de l’Etat présente devant le Conseil Régional, à travers un rapport
spécial, l’activité des services de l’Etat dans la Région. Ce rapport spécial donne
lieu à un débat en sa présence.
(3) Le représentant de l’Etat qui est dans l’impossibilité d’assister aux travaux de
la session prévue à l’alinéa 2 ci-dessus peut demander le report de la session dans
des conditions fixées par voie réglementaire.

Le représentant de l’Etat tient une conférence d’harmonisation au moins deux (02)
fois par an sur les programmes d’investissement de l’Etat et de la Région. Le
président du Conseil Régional et les membres du bureau y assistent.

(1) Un statut spécial est reconnu aux Régions du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest conformément aux dispositions de l’article 62 de la
Constitution.
(2) Le statut spécial visé à l’alinéa 1 ci-dessus se traduit, au plan de
la décentralisation, par des spécificités dans l’organisation et le
fonctionnement de ces deux Régions.

(1) Outre celles dévolues aux Régions par la présente loi, les Régions
du Nord-Ouest et du Sud-Ouest exercent les compétences suivantes :
– la participation à l’élaboration des politiques publiques nationales
relatives au sous-système éducatif anglophone ;
– la création et la gestion des missions régionales de développement ;
– la participation à l’élaboration du statut de la chefferie
traditionnelle.
(2) Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest peuvent être consultées
sur les questions liées à l’élaboration de politiques publiques de la
justice dans le sous-système de la Common Law.
(3) Elles peuvent être associées à la gestion des services publics
implantés dans leurs territoires respectifs.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’administrent librement par
des organes élus, dans les conditions fixées par la présente loi.

Les organes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont :
– l’Assemblée Régionale ;
– le Conseil Exécutif Régional.

(1) L’Assemblée Régionale est l’organe délibérant dans les
régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
(2) Elle exerce l’ensemble des attributions dévolues aux
conseils régionaux par la législation en vigueur.

(1) L’Assemblée Régionale est composée de quatre-vingt-dix
(90) conseillers régionaux dont le mandat est de cinq (05)
ans.
(2) Elle comprend deux chambres :
– la house of divisional representatives ;
– la house of chiefs.

(1) La house of divisional representatives
comprend soixante-dix (70) membres élus par les
conseillers municipaux de la Région au scrutin
de liste mixte à un tour comportant un système
majoritaire et un système de représentation
proportionnelle.
(2) La house of divisional representatives doit
refléter les composantes sociologiques de la
Région ainsi que le genre.

(1) La house of divisional representatives
statue sur toutes les matières relevant de la
compétence de l’Assemblée Régionale.
(2) Elle dispose de cinq (05) commissions :
– la commission des affaires administratives,
juridiques et du Règlement Intérieur ;
– la commission de l’éducation ;
– la commission de la santé, de la population,
des affaires sociales, culturelles, de la
jeunesse et des sports ;
– la commission des finances, des
infrastructures, du plan et du développement
économique ;
– la commission de l’environnement, de
l’aménagement du territoire, des domaines, de
l’urbanisme et de l’habitat.
(3) Les parlementaires de la Région peuvent y
prendre part, avec voix consultative.
(4) Le président de la house of divisional
representatives peut également associer des
membres de la société civile aux travaux, sans
voix délibérative, sur des questions
déterminées. Ces personnalités peuvent être
issues, soit du Conseil Economique et Social,
soit des corporations ou groupes sociaux
intéressés par les matières en examen.

(1) La house of divisional representatives est
présidée par le président du Conseil Exécutif
Régional.
(2) Lorsqu’il préside la house of divisional
representatives, le président du Conseil
Exécutif Régional est assisté d’un secrétaire du
Conseil Exécutif Régional, du secrétaire général
de la Région et des membres de l’Exécutif
Régional n’appartenant pas à la house of chiefs.
(3) En cas d’absence ou d’empêchement du
président du Conseil Exécutif Régional, le
conseiller régional le plus âgé préside les
travaux.

La house of chiefs comprend vingt (20) membres
issus du commandement traditionnel, élus
conformément à la législation en vigueur.

(1) La house of chiefs statue sur toutes les
matières relevant de la compétence de
l’Assemblée Régionale.
(2) Elle émet un avis conforme sur les questions
suivantes :
– le statut de la chefferie traditionnelle ;
– la gestion et la conservation des sites,
monuments et vestiges historiques ;
– l’organisation des manifestations culturelles
et traditionnelles dans la Région ;
– la collecte et la traduction des éléments de
la tradition orale.

La house of chiefs dispose de deux (02)
commissions :
– la commission des affaires administratives,
juridiques, du règlement Intérieur, de
l’éducation, de la santé, de la population, des
affaires sociales et culturelles, de la jeunesse
et des sports ;
– la commission des finances, des
infrastructures, du plan, du développement
économique, de l’environnement, de l’aménagement
du territoire, des domaines, de l’urbanisme et
de l’habitat.

(1) La house of chiefs est présidée par le
vice-président du Conseil Exécutif Régional,
assisté d’un secrétaire du Conseil Exécutif
Régional.
(2) En cas d’absence ou d’empêchement du
président de la house of chiefs, le doyen d’âge
préside les travaux.
(3) Tout parlementaire de la Région peut prendre
part à ses travaux, avec voix consultative.

Les chambres de l’Assemblée Régionale sont
convoquées par le président du Conseil Exécutif
Régional dans les conditions prévues aux
articles 280 et 281 de la présente loi.

(1) Les deux chambres se réunissent séparément
aux mêmes dates.
(2) Elles siègent en formation réunie :
a) à l’ouverture et à la clôture de la session ;
b) lorsque les matières inscrites à l’ordre du
jour portent sur :
– l’approbation du programme d’action du Conseil
Exécutif Régional ;
– la validation, en fin d’exercice, du rapport
d’activités du Conseil Exécutif Régional.
c) lorsque les circonstances l’exigent.

(1) Les deux chambres de l’Assemblée Régionale
siègent également en formations réunies en cas
de mise en œuvre de l’impeachment.
(2) Le règlement intérieur de l’Assemblée
Régionale fixe la procédure et le champ
d’application de l’impeachment.

L’initiative des questions à soumettre à
l’Assemblée Régionale appartient concurremment
au président du Conseil Exécutif Régional ou aux
deux tiers (2/3) des membres de chacune des
chambres de l’Assemblée Régionale.

(1) L’Assemblée Régionale est présidée par le
président du Conseil Exécutif Régional.
(2) En cas d’absence ou d’empêchement du
président du Conseil Exécutif Régional, le
vice-président préside l’Assemblée Régionale et,
en cas d’empêchement de celui-ci, la suppléance
est assurée par le commissaire au développement
économique.

(1) Lorsque la délibération régionale est
adoptée par la house of divisional
representatives, elle est transmise dans les
vingt-quatre (24) heures à la house of chiefs
qui peut y apporter des amendements et la
renvoyer en seconde lecture, accompagnée des
motifs justifiant le rejet, à la house of
divisional representatives.
(2) Le rejet de tout ou partie d’une
délibération par la house of chiefs n’est
valable que s’il est le fait de la majorité
absolue de ses membres.
(3) Si le désaccord persiste, la house of
divisional representatives adopte la
délibération à la majorité simple de ses membres
et la transmet au président du Conseil Exécutif
Régional pour exécution.
(4) Toutes les délibérations adoptées par
l’Assemblée Régionale font l’objet de
transmission au représentant de l’Etat.

(1) L’Assemblée Régionale fixe le règlement
intérieur de la chmbre entière.
(2) La house of divisional representatives et la
house of chiefs fixent, séparément, leurs
règlements intérieurs respectifs.

Les parlementaires et les maires participent, de
plein droit, aux travaux de l’Assemblée
Régionale, en formations réunies, sans voix
délibérative.

La présence du représentant de l’Etat ou de son
délégué dûment mandaté aux séances de
l’Assemblée Régionale est de droit. Chaque fois
qu’il le demande, le représentant de l’Etat ou
son délégué est entendu, mais ne peut ni
participer au vote, ni présider l’Assemblée
Régionale. Ses déclarations sont portées au
procès-verbal des délibérations.

(1) (2) Au mois de janvier suivant la fin de
l’exercice budgétaire, le représentant de l’Etat
expose devant l’Assemblée Régionale, à travers
un rapport spécial sur l’activité des services
de l’Etat dans la Région. Ce rapport spécial
donne lieu à un débat en sa présence.
(2) Au cours de ladite session, le président du
Conseil Exécutif Régional rend compte à
l’Assemblée Régionale, par un rapport spécial,
de la situation de la Région, sur les matières
transférées, de l’activité et du fonctionnement
des différents services et organismes de la
Région, ainsi que des crédits qui leur sont
alloués. Ce rapport précise l’état d’exécution
des délibérations de l’Assemblée Régionale et la
situation financière de la Région. Il donne lieu
à un débat. Il est ensuite transmis au
représentant de l’Etat et au Sénat pour
information, puis rendu public.

Les délibérations de l’Assemblée Régionale sont
conservées par ordre chronologique dans un
registre côté et paraphé par le représentant de
l’Etat.

Sous réserve des dispositions spécifiques du
présent Titre, les modalités de fonctionnement
du Conseil Régional s’appliquent à l’Assemblée
Régionale des régions du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest.

(1) Le Conseil Exécutif Régional est l’organe exécutif de la
Région.
(2) Il est composé ainsi qu’il suit :
– un (01) président ;
– un (01) vice-président ;
– un (01) commissaire chargé du développement économique ;
– un (01) commissaire chargé du développement sanitaire et
social ;
– un (01) commissaire chargé du développement éducatif,
sportif et culturel ;
– deux (02) secrétaires ;
– un (01) questeur.

(1) Les membres du Conseil Exécutif Régional
sont élus au cours de la première session, parmi
les conseillers régionaux de la Région et pour
la durée de leur mandat.
(2) Le président et le vice-président du Conseil
Exécutif Régional du Nord-Ouest sont des
personnalités autochtones élues au sein de
l’Assemblée Régionale pour la durée de leur
mandat.
(3) Le président et le vice-président du Conseil
Exécutif Régional du Sud-Ouest sont des
personnalités autochtones élues au sein de
l’Assemblée Régionale pour la durée de leur
mandat.

(1) La répartition des postes au sein du Conseil
Exécutif Régional doit, autant que possible,
refléter la configuration de l’Assemblée
Régionale.
(2) En tout état de cause, trois (03) membres du
Conseil Exécutif Régional ne peuvent émaner d’un
même département.

(1) Au cours de la session prévue à l’article
353 ci-dessus, l’Assemblée Régionale est
présidée par son doyen d’âge, le plus jeune
membre exerçant la fonction de secrétaire de
séance.
(2) L’élection a lieu au scrutin de liste,
secret à la majorité absolue des membres de
l’Assemblée Régionale présents et votants.
(3) Lorsque, suite à deux tours de scrutin,
aucune liste n’a obtenu la majorité absolue, il
est procédé à un troisième tour de scrutin et
l’élection a lieu à la majorité relative. En cas
d’égalité de suffrages, la liste présentant la
moyenne d’âge la plus élevée est déclarée élue.
(4) L’Assemblée Régionale ne peut délibérer dans
le cas prévu à l’alinéa 1 ci-dessus que si les
deux tiers (2/3) de ses membres sont présents.
Si cette condition n’est pas remplie, la réunion
est convoquée de plein droit huit (08) jours
plus tard, elle peut alors se tenir sans
condition de quorum.

(1) L’élection des membres du Conseil Exécutif
Régional est constatée par arrêté du ministre en
charge des collectivités territoriales.
(2) Elle peut faire l’objet d’un recours en
annulation, suivant les règles prévues par la
législation en vigueur pour l’annulation de
l’élection des conseillers régionaux.
(3) Lorsque l’élection est annulée ou que, pour
toute autre cause, un ou plusieurs membres du
Conseil Exécutif Régional ont cessé leurs
fonctions, l’Assemblée Régionale est convoquée
pour procéder à leur remplacement dans un délai
maximal d’un (01) mois.

La liste des membres élus du Conseil Exécutif
Régional est rendue publique par le président de
séance dans un délai maximal de vingt-quatre
heures après la proclamation des résultats, par
voie d’affichage au siège de la Région. Elle
est, dans le même délai, notifiée au
représentant de l’Etat.

Les membres du Conseil Exécutif Régional prêtent
serment devant la cour d’appel compétente avant
leur entrée en fonction. La formule du serment
prononcé en langue anglaise est la suivante : «
Je jure sur l’honneur et m’engage à servir les
intérêts de la Région et à remplir loyalement et
fidèlement mes fonctions sans discrimination ni
favoritisme dans le respect des lois et des
valeurs de la démocratie, des principes de
l’unité et de l’intégrité de la République ».

(1) Le président du Conseil Exécutif Régional
est le chef de l’Exécutif de la Région.
A ce titre, il :
– est l’interlocuteur du représentant de l’Etat
;
– représente la Région dans les actes de la vie
civile et en justice ;
– préside les sessions de l’Assemblée Régionale
;
– préside les sessions de la chambre de la house
of divisional representatives lorsqu’elle siège
séparément de la house of chiefs ;
– prépare et exécute les délibérations de
l’Assemblée Régionale ;
– ordonnance les recettes et les dépenses de la
Région, sous réserve des dispositions
particulières prévues par la législation en
vigueur ;
– gère le domaine de la Région et exerce les
pouvoirs de police afférents à cette gestion,
notamment en ce qui concerne la circulation sur
ce domaine, sous réserve des attributions
dévolues au représentant de l’Etat et aux
maires.
(2) Le président du Conseil Exécutif Régional
est issu de la catégorie des délégués des
départements.

(1) Le vice-président du Conseil Exécutif
Régional est issu de la catégorie des
représentants du commandement traditionnel.
(2) Il assiste le président dans l’exercice de
ses fonctions et bénéficie de lui d’une
délégation de signature pour l’exécution des
missions qui lui sont confiées.

Les dispositions du chapitre 2 du Titre 3 du
présent Livre relatives au président du Conseil
Régional s’appliquent au président du Conseil
Exécutif Régional, sous réserve des dispositions
spécifiques prévues par le présent Titre.

Le commissaire au développement économique est
chargé de la mise en œuvre de la politique de la
Région relative à l’exercice des compétences
transférées dans les domaines de l’action
économique, de la gestion de l’environnement et
des ressources naturelles, de la planification,
de l’aménagement du territoire, des travaux
publics, de l’urbanisme et de l’habitat.

Le commissaire au développement sanitaire et
social est chargé de la mise en œuvre de la
politique de la Région relative à l’exercice des
compétences transférées dans les domaines de la
santé et de l’action sociale.

Le commissaire au développement éducatif,
sportif et culturel est chargé de la mise en
œuvre de la politique de la Région relative à
l’exercice des compétences transférées dans les
domaines de l’éducation, de l’alphabétisation,
de la formation professionnelle, de la jeunesse,
des sports, des loisirs, de la culture et de la
promotion des langues nationales.

(1) Les secrétaires assurent le secrétariat au
sein de chacune des chambres de l’Assemblée
Régionale.
(2) Les attributions des secrétaires et du
questeur sont déterminées par le règlement
intérieur de l’Assemblée Régionale.

Les règles relatives à l’administration
régionale, conformément aux dispositions des articles 323 et 324 ci-dessus, s’appliquent aux Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

(1) Il est institué auprès des Régions du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest un public independent conciliator.
(2) Le public independent conciliator, autorité
indépendante, est une personnalité jouissant d’une solide
expérience et d’une réputation d’intégrité et d’objectivité
établie.
(3) Le public independent conciliator est chargé, dans les
régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest :
– d’examiner et régler à l’amiable les litiges opposant les
usagers à l’administration régionale et communale ;
– de défendre et protéger les droits et libertés dans le
cadre des relations entre les citoyens et la Région ou les
Communes de la Région ;
– de concevoir et mettre en œuvre les mesures de prévention
et lutte contre les discriminations, directes ou indirectes,
dont pourraient être victimes les usagers des services
régionaux ou communaux ;
– de veiller au respect par les personnes exerçant au sein
de l’administration régionale ou communale de leurs
obligations déontologiques ;
– de mener, à la demande de cinq (05) parlementaires ou de
cinq (05) conseillers régionaux toute investigation sur le
fonctionnement des services publics régionaux et communaux ;
– de dresser un rapport sur le fonctionnement des services
régionaux et communaux.

(1) Le public independent conciliator est nommé par décret
du président de la République sur proposition concertée du
représentant de l’Etat et du président du Conseil Exécutif
Régional, pour un mandat de six (06) ans non renouvelable.
(2) Les fonctions de public independent conciliator sont
incompatibles avec l’exercice d’un mandat, d’une fonction,
d’un emploi public ou de toute activité professionnelle
rémunérée. Le titulaire d’un mandat public qui accepte sa
désignation en qualité de public independent conciliator est
démis de plein droit de son mandat.
(3) Dans les limites de ses attributions, le public
independent conciliator ne reçoit ni ne sollicite aucune
instruction.
(4) Le secret professionnel ne lui est pas opposable.
(5) Il prête serment devant la cour d’appel territorialement
compétente avant son entrée en fonction.

(1) Le public independent conciliator peut être saisi par
toute personne physique ou morale qui s’estime lésée dans
ses droits et libertés par le fonctionnement de
l’administration régionale ou communale ou des
établissements publics régionaux ou communaux.
(2) Il peut en outre être saisi par toute personne qui
s’estime victime d’une discrimination, directe ou indirecte,
prohibée par la loi ou par un engagement international
régulièrement ratifié ou approuvé par le Cameroun.
(3) L’intervention du public independent conciliator n’est
possible que lorsque les conditions suivantes sont réunies :
– le litige doit opposer une personne morale ou physique ou
un agent public à un service public régional ou communal ;
– le demandeur doit avoir au préalable introduit un recours
auprès de l’organ isme avec lequel il se trouve en conflit ;
– le litige ne doit pas avoir fait l’objet d’une décision
juridictionnelle.

(1) Lorsqu’il est saisi, le public independent conciliator
dispose d’un pouvoir de recommandation en vue de garantir le
respect des droits et liberté de la personne lésée et de
régler le litige à lui soumis ou à en prévenir le
renouvellement.
(2) Si la recommandation n’a pas été suivie d’effet, le
public independent conciliator peut enjoindre à
l’administration régionale ou communale mise en cause de
prendre, dans un délai déterminé, les mesures nécessaires.
(3) Lorsqu’il n’a pas été donné suite à son injonction, le
public independent conciliator établit un rapport spécial,
qui est communiqué à la personne mise en cause et au
représentant de l’Etat dans la collectivité territoriale
concernée.
Ce rapport peut être rendu public ainsi que, le cas échéant,
la réponse de la personne mise en cause.
(4) Le public independent conciliator peut proposer au
président de la République des modifications législatives et
règlementaires.

Un décret du président de la République détermine les
modalités d’exercice des fonctions du public independent
conciliator.

(1) Le régime financier des collectivités territoriales fixe l’ensemble
des règles relatives à la nature, au contenu, à la présentation, à
l’élaboration, à l’adoption, à l’exécution et au contrôle de l’exécution
des budgets des Régions, des Communes, des Communautés Urbaines,
Syndicat des Communes, établissements publics régionaux et communaux ou
de toute autre Collectivité Territoriale créée par la loi.
(2) Les dispositions de la loi portant Code de transparence et de bonne
gouvernance dans la gestion des finances publiques et celles de la loi
portant régime financier de l’Etat et des autres entités publiques
s’appliquent aux Collectivités Territoriales, sous réserve des
spécificités prévues par la présente loi.

(1) Chaque année, l’organe exécutif de la collectivité territoriale
établit un cadre budgétaire à moyen terme définissant, en fonction
d’hypothèses économiques réalistes, l’évolution sur une période minimale
de trois (03) ans :
– de l’ensemble des dépenses et des recettes de la Collectivité
Territoriale et de ses établissements publics, y compris les
financements de l’Etat, des bailleurs de fonds nationaux et
internationaux, de la coopération décentralisée, ainsi que de tous
autres partenaires ;
– du besoin ou de la capacité de financement de la Collectivité
Territoriale et de ses établissements publics ;
– des éléments de financement, ainsi que du niveau global d’endettement
financier de la Collectivité Territoriale et de ses établissements
publics.
(2) Sur la base de ce cadre budgétaire à moyen terme et dans les limites
qu’il fixe, l’organe exécutif de la Collectivité Territoriale établit le
cadre moyen des dépenses à moyen terme (CDMT), décomposant, sur une
période minimale de trois (03) ans, les grandes catégories de dépenses
publiques locales.
(3) Le cadre de dépenses à moyen terme mentionné à l’alinéa 2 ci-dessus
est établi en tenant compte du plan de développement de la collectivité
territoriale concernée, préalablement adopté par l’organe délibérant.
(4) Ces documents de cadrage à moyen terme sont rendus publics par tous
moyens.

(1) Chaque année, avant le 1er Août, l’organe exécutif de la
collectivité territoriale transmet à l’organe délibérant les documents
de cadrage à moyen terme mentionné à l’article 373 ci-dessus,
accompagnés d’un rapport sur la situation économique régionale ou locale
et le niveau d’exécution du budget de l’exercice en cours.
(2) Sur la base de ces documents et rapports, l’organe délibérant tient
un débat d’orientation budgétaire, en séance publique, mais sans vote.
(3) Le budget de la collectivité territoriale adopté et approuvé doit
être conforme à la première année du cadrage à moyen terme, tel
qu’arrêté à l’occasion du débat d’orientation budgétaire.

L’exercice budgétaire couvre une année civile. Toutefois, une période complémentaire
allant du 1er au 31 Janvier de l’année suivante est accordée aux collectivités
territoriales pour le règlement des opérations d’ordre à la clôture d’exercice.

(1) Le montant intégral des recettes attendues et des dépenses à effectuer est
inscrit au budget.
(2) Est proscrite, toute contraction entre les recettes et les dépenses.
(3) Aucune recette précise ne peut être affectée à une dépense particulière, sauf en
ce qui concerne certaines ressources affectées comme telles.
(4) Toutes les recettes et toutes les dépenses sont retracées dans un document
unique intitulé « budget de… » suivi du nom de la collectivité territoriale.
Cependant, sur délibération approuvée par le représentant de l’Etat, une
collectivité territoriale peut voter des budgets annexes dans les conditions prévues
à
l’Article 433 ci-dessous.
(5) Un décret du premier ministre fixe la nomenclature du budget des collectivités
territoriales.

Le budget voté est équilibré en recettes et en dépenses.

(1) Un crédit voté pour une dépense déterminée et qui fait l’objet d’une imputation
budgétaire précise, ne peut être utilisé que pour les besoins correspondant à cette
imputation.
(2) Par dérogation à l’alinéa 1 ci-dessus, les virements de crédits peuvent être
opérés de programme à programme, par délibération approuvée par le représentant de
l’Etat.
(3) Les virements de crédits à l’intérieur d’un programme sont opérés par décision
du chef de l’exécutif, conformément au seuil prévu à
l’Article 426 ci-dessus.

Le budget d’une collectivité territoriale est voté et approuvé avant le début de
l’exercice budgétaire.

Aucune recette ne peut être émise et recouvrée, ni aucune dépense engagée ou
ordonnancée pour le compte d’une collectivité territoriale sans avoir été prévue et
autorisée par le budget de la collectivité territoriale.

(1) La population est tenue informée des grandes étapes de la procédure budgétaire
et de leurs enjeux économiques, sociaux et financiers.
(2) L’information prévue à l’alinéa 1 ci-dessus est organisée dans un souci de
transparence et d’objectivité.

Une collectivité territoriale ne peut effectuer un prélèvement sous forme d’impôt ou
de taxe que s’il est prévu par la loi et voté par l’organe délibérant.

Les modalités d’assiette, d’émission, de recouvrement et de reversement des impôts
et taxes destinées aux collectivités territoriales sont fixées par la loi.

(1) Les collectivités territoriales, leurs établissements et les bailleurs de fond
internationaux doivent informer les ministres chargés respectivement des
collectivités territoriales et des finances, de tous financements apportés à ces
derniers, y compris ceux découlant de la coopération décentralisée.
(2) La mise en place de ces financements est soumise à l’approbation préalable du
ministre en charge des finances. Ces financements sont intégrés en recettes et en
dépenses au budget de cette dernière.
(3) Une annexe au budget donne le détail de l’origine et de l’emploi de ces fonds.

Le budget décrit les ressources et les charges de la collectivité territoriale
autorisées par l’organe délibérant sous forme de recettes et des dépenses dans le
cadre d’un exercice.

(1) Le budget présente l’ensemble des programmes concourant au développement
économique, social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif de la collectivité
territoriale.
(2) Le budget et les programmes de la collectivité territoriale doivent être en
cohérence avec les objectifs économiques et financiers de l’Etat.
(3) Le budget et les programmes de la commun e doivent être en cohérence avec les
programmes de la région de rattachement.
(4) Le budget est élaboré et contrôlé de manière participative, en vue de prendre en
compte les besoins exprimés et les suggestions formulées par les populations.
(5) Les services compétents de l’Etat sont tenus de fournir aux collectivités
territoriales les informations nécessaires à l’établissement de leurs budgets.

(1) Le budget initial est voté par l’organe délibérant et mis en
exécution en début d’exercice.
(2) Le budget rectificatif est, le cas échéant, voté par l’organe
délibérant en cours d’urgence.

(1) Le budget rectificatif est destiné à ajuster les prévisions du
budget initial. Il comprend, notamment, les crédits supplémentaires
nécessaires en cours d’exercice, les recettes nouvelles non prévues dans
le budget initial et les opérations de recettes et de dépenses reportées
au titre du budget de l’année précédente.
(2) Le budget rectificatif est préparé, voté et approuvé dans les mêmes
formes que le budget initial, conformément aux dispositions de la
présente loi.

(1) Le budget comprend deux (02) parties : le première partie est
consacrée aux recettes et la deuxième partie aux dépenses.
(2) L’ensemble des recettes assure l’exécution de l’ensemble des
dépenses.
(3) Les opérations de fonctionnement sont annuelles et ont vocation à se
renouveler. Les opérations d’investissement sont celles qui ont un
impact sur le patrimoine de la collectivité territoriale et peuvent être
pluriannuelles.
(4) Les modalités de répartition, entre les collectivités territoriales
; de la dotation générale de la décentralisation instituée par
l’Article 23 de la présente loi peuvent être fixées par la loi de finances.

Les recettes des collectivités territoriales, décrites
suivant leur nature, comprennent les recettes fiscales, le
produit de l’exploitation du domaine et des services, les
dotations et les subventions, les ressources de trésorerie
et de financement.

Les recettes fiscales des collectivités
territoriales sont constituées de tous les
prélèvements opérés par les services fiscaux de
l’Etat ou les services compétents de la
collectivité territoriale au profit de cette
dernière. L’ensemble de ces prélèvements est
désigné sous l’appellation « impôts locaux ».

Les impôts locaux comprennent :
– les impôts communaux ;
– les centimes additionnels communaux sur les
impôts et taxes de l’Etat ;
– les taxes communales ;
– les impôts et taxes des Régions ;
– tout autre type de prélèvements prévus par la
loi.

Le produit de l’exploitation du domaine et des
services régionaux ou communaux comprend :
– les revenus du domaine public régional ou
communal ;
– les revenus du domaine privé régional ou
communal ;
– les revenus tirés des prestations de services.

Les collectivités territoriales perçoivent de
l’Etat des dotations et des subventions pour
l’accomplissement de leurs missions.

Une dotation générale de fonctionnement est
allouée aux communes d’arrondissement par la
Communauté Urbaine de rattachement.

(1) La dotation générale de fonctionnement
mentionnée à l’article 395 ci-dessus est indexée
sur certaines recettes de la Communauté Urbaine.
(2) Les modalités de reversement de la dotation
générale de fonctionnement prévue à l’article
395 ci-dessus, ainsi que celles de l’indexation
prévue à l’alinéa 1 ci-dessus sont fixées par
arrêté du ministre chargé des collectivités
territoriales
.

Les collectivités territoriales peuvent recevoir
des fonds de dotation et des subventions au
titre de l’investissement, de l’équipement ou du
fonctionnement.

Les autres recettes comprennent notamment :
– les réserves affectées pour le fonctionnement
;
– les ristournes et redevances consenties par
l’Etat ;
– les produits financiers ;
– les transferts reçus ;
– les autres produits et profits divers ;
– les reprises sur amortissements ;
– les emprunts à moyen et long terme ;
– les fonds de concours ;
– les dons et legs assortis de charges
d’investissement ;
– le produit de la vente des biens et de
l’aliénation d’immeubles ;
– le produit de la vente des animaux ou du
matériel mis en fourrière et non réclamés dans
les délais réglementaires ;
– les plus-values sur cession d’éléments actifs
immobilisés ;
– les réserves affectées pour l’investissement ;
– les restes à recouvrer des exercices
précédents jugés recouvrables ;
– les réserves non affectées, mais maintenues en
quasi-monnaie à l’actif ;
– la production d’immobilisation par la
collectivité territoriale pour elle-même ou en
auto-équipement ;
– les dividendes et autres produits sur retour
d’investissement ;
– toute ressource provenant de la coopération
internationale ou décentralisée.

(1) Les emprunts intérieurs sont autorisés par
délibération de l’organe délibérant, soumise à
l’approbation du représentant de l’Etat. Ils
sont destinés en priorité au financement des
investissements. La délibération y afférente
fixe le montant de l’emprunt.
(2) Sont interdits, les emprunts contractés
auprès des personnes physiques ou morales ayant
un lien direct ou indirect avec la collectivité
territoriale.
(3) Les emprunts extérieurs, autorisés par
délibération, soumise à l’approbation du
représentant de l’Etat, sont garantis par
l’Etat.

(1) L’acceptation des dons et legs se fait sur
délibération approuvée par le représentant de
l’Etat.
(2) Nonobstant les dispositions de l’alinéa 1
ci-dessus, l’organe exécutif peut, à titre
conservatoire, accepter des dons et legs ; la
délibération y afférente, indiquant notamment
l’usage qui va en être fait, est soumise à
l’organe délibérant lors de la session suivante
de cette dernière.
(3) Le refus motivé, par l’organe délibérant,
d’admettre les dons et legs acceptés à titre
conservatoire, par le chef de l’exécutif,
entraîne leur restitution à leur propriétaire
dans un délai de quinze (15) jours à compter de
la date de la délibération.

Les dépenses des collectivités territoriales comprennent les
dépenses de fonctionnement et les dépenses d’investissement.

Les dépenses de fonctionnement sont celles liées
au fonctionnement des services, et qui se
renouvellent. Elles permettent à la collectivité
territoriale de faire face à ses charges et
obligations courantes. Elles sont obligatoires
ou facultatives.

Les dépenses obligatoires sont celles qui sont
imposées par la loi. Elles sont nécessaires au
fonctionnement optimal de la collectivité
territoriale en raison de l’intérêt particulier
qu’elles présentent. A ce titre, elles doivent
impérativement figurer au budget.

(1) Sont obligatoires, les dépenses ci-après :
– les traitements et salaires ;
– les indemnités et autres avantages prévus par
les textes en vigueur ;
– les cotisations sociales ;
– les impôts et taxes à reverser ;
– les charges incompressibles liées au
fonctionnement des services ;
– les dettes exigibles ;
– les contributions aux organismes d’appui aux
collectivités territoriales prévues par la
législation et la réglementation en vigueur ;
– les dépenses résultant de l’exécution des
décisions de justice passées en force de chose
jugée ;
– les contributions aux regroupements ou
associations dont la collectivité territoriale
est membre ;
– les dépenses de maintenance et d’entretien des
routes, de l’éclairage public, des formations
sanitaires, des établissements scolaires et de
toutes autres infrastructures ;
– les dépenses relatives aux fonds de
contrepartie ;
– les dépenses de transfert.
(2) La dotation générale de fonctionnement
allouée aux communes d’arrondissement constitue
une dépense obligatoire pour la Communauté
Urbaine.

Les dépenses facultatives sont celles qui ne
figurent pas parmi les dépenses obligatoires
prévues à l’article 404 ci-dessus. Elles peuvent
être momentanément suspendues lorsque les moyens
financiers de la collectivité territoriale
s’avèrent insuffisants.

(1) Les dépenses interdites sont celles qui sont
formellement prohibées par les lois et les
règlements en vigueur.
(2) Sont notamment interdits :
– les prêts consentis par une collectivité
territoriale à une personne privée ;
– les subventions aux associations non déclarées
et autres structures non agréées ;
– les subventions aux association et
congrégations religieuses ;
– les subventions aux partis politiques.
(2) Les fonds dépensés en violation des alinéas
1 et 2 ci-dessus sont imputés à leur
ordonnateur.

(1) Les dépenses d’investissement sont celles
qui permettent la réalisation des équipements,
bâtiments et infrastructures, ainsi que
l’acquisition du matériel relatif à ces travaux,
dans les domaines économique, social, sanitaire,
éducatif, culturel et sportif.
(2) A ce titre, les dépenses d’investissement
concourent notamment :
– à la construction et à l’équipement des
marchés, gares routières et abattoirs ;
– à l’amélioration de la qualité de
l’environnement, de l’accès à l’eau potable et
de la gestion des ressources naturelles ;
– à la réalisation des opérations d’aménagement
;
– à la création des voiries municipales ainsi
qu’à la réhabilitation des routes
départementales et régionales ;
– au développement de l’éclairage public et à
l’électrification des zones nécessiteuses ;
– à la création des routes rurales non classées
;
– à l’équipement des formations sanitaires ;
– à la réalisation des infrastructures sportives
et socio-éducatives au niveau régional ou local
;
– à l’acquisition des matériels pour
l’amélioration des services locaux de base ;
– à la réalisation des programmes
d’investissement.
(3) Les dépenses d’investissement ont une
incidence sur le patrimoine de la collectivité
territoriale.

(1) Un crédit budgétaire est le montant maximum de dépenses que l’organe
délibérant autorise l’organe exécutif à engager et à payer, pour un
objet déterminé, au cours de l’exercice budgétaire.
(2) Les crédits budgétaires sont fixés dans le budget adopté et
approuvé.

(1) Les crédits ouverts dans le budget de la collectivité territoriale
sont regroupés par programme.
(2) Le programme regroupe les crédits destinés à mettre en œuvre une
action ou un ensemble cohérent d’actions auquel sont associés des
objectifs précis, définis en fonction de finalités d’intérêt général,
ainsi que des résultats attendus. Les objectifs de chaque programme sont
assortis d’indicateurs de résultats.
(3) Les programmes communaux s’inscrivent dans le cadre de la stratégie
nationale de développement et des stratégies sectorielles définies au
niveau national. Ils sont en outre en cohérence avec les programmes de
la Région de rattachement, ainsi qu’avec les documents de cadrage à
moyen terme mentionnés à l’article 373 ci-dessus.
(4) Les programmes de la Région s’inscrivent dans le cadre de la
stratégie nationale de développement et des stratégies sectorielles
définies au niveau national et sont en cohérence avec les programmes des
communes relevant de leur ressort territorial, ainsi qu’avec les
documents de cadrage à moyen terme mentionnés à l’article 373 ci-dessus.
(5) Un arrêté du ministre chargé des collectivités territoriales fixe la
nomenclature des programmes, à charge pour lesdites collectivités de les
décliner en actions et en activités.
(6) Les programmes et documents mentionnés ci-dessus sont rendus
publics.

Les crédits sont spécialisés par programme.
(2) A l’intérieur de chaque programme, les crédits sont fongibles dans
les proportions prévues à
l’Article 414 ci-dessous et leur présentation
par titre n’est qu’indicative et ne s’impose ni aux ordonnateurs, ni aux
comptables dans les opérations d’exécution du budget.
(3) Toutefois, au sein d’un programme, les crédits ouverts :
– au titre des dépenses de personnel ne peuvent être augmentés ;
– au titre des dépenses d’investissement ne peuvent être diminués.

Les crédits ouverts au titre des dépenses de personnel sont assortis des
plafonds d’autorisation des emplois rémunérés par la collectivité
territoriale. Le nombre et la répartition des emplois rémunérés ne
peuvent être modifiés que par une délibération.

(1) Les crédits ouverts dans le budget de la collectivité territoriale
pour couvrir chacune de ses dépenses sont constitués d’autorisation
d’engagement et de crédits de paiement.
(2) Les autorisations d’engagement constituent la limite supérieure des
dépenses pouvant être engagées au cours d’un exercice budgétaire et dont
le paiement peut s’étendre, le cas échéant, sur une période de plusieurs
années dans le cadre budgétaire à moyen terme.
(3) Les crédits de paiement constituent la limite supérieure des
dépenses pouvant être payées pendant l’année pour la couverture des
engagements contractés dans le cadre des autorisations d’engagement.
(4) Pour les dépenses de fonctionnement, le montant des autorisations
d’engagement ouvertes est égal au montant des crédits de paiement
ouverts.
(5)Pour les dépenses d’investissement qui se réalisent au cours d’un
exercice, le montant des autorisations d’engagement ouvertes est égal au
montant des crédits de paiement ouverts.

(1) Des virements de crédit peuvent, en cours d’exercice, modifier la
répartition des crédits budgétaires entre programmes.
(2) Le montant cumulé, au cours d’une même année, des crédits ayant fait
l’objet de virements ne peut excéder 2 % des crédits ouverts pour chacun
des programmes concernés. Les virements des crédits de paiement au
profit des dépenses d’investissement ne peuvent conduire à majoration
d’autorisations d’engagement. Ils sont effectués par arrêté du chef de
l’exécutif de la collectivité territoriale.
(3) Les arrêtés de virement sont immédiatement communiqués, pour
information, à l’organe délibérant.

(1) Sous réserve des dispositions concernant les autorisations
d’engagement, les crédits ouverts et les plafonds d’autorisations
d’emploi fixés au titre d’une année ne créent aucun droit au titre des
années suivantes.
(2) Les autorisations d’engagement non utilisées à la fin de l’année ne
peuvent être reportées.
(3) Les crédits de paiement disponibles sur un programme à la fin de
l’année peuvent être reportés sur le même programme, dans la limite des
autorisations d’engagement effectivement utilisées, mais n’ayant pas
encore donné lieu à paiement.
(4) Ces reports s’effectuent par arrêté du chef de l’exécutif après avis
conforme de la commission chargée des questions financières.

(1) La préparation, l’adoption et l’approbation du budget de la collectivité
territoriale se déroulent selon un calendrier et des modalités fixés par arrêté
conjoint du ministre chargé des collectivité territoriale et du ministre chargé des
finances.
(2) Ce calendrier doit être en cohérence avec le calendrier budgétaire de l’Etat.

(1) Le chef de l’exécutif prépare le budget de la collectivité
territoriale.
(2) Le projet de budget mentionné à l’alinéa 1 ci-dessus est élaboré en
se référant :
– à la lettre circulaire conjointe du ministre chargé des collectivités
territoriales et au ministre chargé des finances ;
– aux résultats des consultations citoyennes ;
– au cadrage à moyen terme arrêté à la suite du débat d’orientation
budgétaire.

(1) Le budget de la commune et de la communauté urbaine est élaboré dans
le respect des ratios ci-après :
– les prévisions des dépenses d’investissement doivent être fixées à un
taux minimum de 40% des dépenses totales ;
– les prévisions des dépenses de fonctionnement ne doivent pas excéder
le taux de 60% des dépenses totales ;
– les dépenses de personnel ne doivent pas excéder 35% des dépenses de
fonctionnement.
(2) Le budget de la Région est élaboré dans le respect des ratios
ci-après :
– les prévisions des dépenses d’investissement doivent être fixées à un
taux minimum de 60% des dépenses totales ;
– les prévisions des dépenses de fonctionnement ne doivent pas excéder
le taux de 40% des dépenses totales ;
– les dépenses de personnel ne doivent pas excéder 30% des dépenses de
fonctionnement.

(1) Est joint au projet de budget, un rapport sur la situation et les
perspectives économiques et sociales de la collectivité territoriale.
(2) Le rapport mentionné à l’alinéa 1 ci-dessus présente notamment :
– les hypothèses et les résultats des projections sur la base desquels
est établi le projet de budget ;
– les documents de cadrage budgétaire à moyen terme prévus à
l’Article 373 de la présente loi ;
– une analyse de l’évolution budgétaire par rapport au précédent
exercice ;
– une analyse des prévisions des recettes budgétaires de l’année
considérée et, à titre indicatif, des montants attendus pour les deux
(02) années suivantes ;
– la situation de l’endettement accompagnée de la stratégie
d’endettement ;
– un tableau des opérations financières de la collectivité territoriale
;
– un plan de trésorerie annuelle mensualisé ;
– des annexes explicatives indiquant, par programme, le montant des
crédits présentés par titre pour le compte de l’année considérée, ainsi
qu’à titre indicatif au cours des deux (02) années suivantes. Ces
annexes sont accompagnées du projet de performance annuel de la
collectivité territoriale ;
– un récapitulatif de l’ensemble des financements extérieurs prévus dans
le cadre de l’exercice budgétaire à venir précisant leur montant, leur
objet et leur mode d’intégration. A ce récapitulatif, sont jointes les
copies des conventions de financement concernées ;
– une annexe présentant les concours financiers de la collectivité
territoriale à ses entreprises, ses établissements publics, les
syndicats et autres regroupements ;
– un rapport identifiant et évaluant les principaux risques budgétaires
;
– une description des principales mesures de dépenses et de recettes
précisant leur contribution aux objectifs des politiques de la
collectivité territoriale et leur cohérence avec les grandes politiques
publiques nationales, ainsi qu’avec les politiques des autres
collectivités territoriales ;
– une annexe présentant l’évolution des principaux projets
d’investissement.

(1) Le projet de performance annuel de la collectivité territoriale,
annexé au projet de budget, présente, pour chaque programme, les
objectifs poursuivis et les résultats attendus, mesurés au moyen
d’indicateurs et de résultats.
(2) Il est élaboré par les responsables de programmes, désignés
conformément aux dispositions de
l’Article 435 ci-dessous de la présente
loi, sous l’autorité du chef de l’exécutif.

Outre les documents mentionnés à l’article 418 ci-dessus, sont
obligatoirement annexées au projet de budget, les pièces suivantes :
– la liste du personnel ;
– l’inventaire du parc des véhicules et engins ;
– la situation des immeubles en propriété ou en location ;
– le projet de délibération portant vote du budget ;
– les délibérations à caractère financier ;
– les résultats du dernier compte administratif approuvé ;
– la situation des recettes et des dépenses de l’exercice en cours à la
date de la tenue de la séance ;
– toutes autres pièces utiles.

(1) Lorsque le chef de l’exécutif de la collectivité territoriale n’a
pas présenté le budget avant le 15 Novembre, il peut être suspendu pour
une période n’excédant pas trois (03) mois.
(2) En cas de suspension du chef de l’exécutif, son remplaçant, dans
l’ordre de préséance, exerce la plénitude de ses fonctions. Il est tenu
de présenter le budget dans un délai de quinze (15) jours.

(1) Le budget de la collectivité territoriale est voté par l’organe
délibérant au plus tard le 15 décembre de chaque année, sous réserve des
dispositions de l’Article 423 alinéa 2 ci-dessous.
(2) L’organe délibérant est convoqué au moins quinze (15) jours avant la
tenue de la session au cours de laquelle le budget est voté. Ce délai
peut être ramené à trois (03) jours en cas d’urgence.
(3) Le projet de budget soumis au vote est accompagné des documents et
pièces prévus aux articles 419 et 429 de la présente loi.
(4) Le budget est adopté par délibération.
(5) Faute pour le chef de l’exécutif de la collectivité territoriale de
convoquer la session dans les délais susvisés, le représentant de l’Etat
en prescrit la convocation sans délai.

(1) Lorsque l’organe délibérant refuse de voter le budget, le chef de
l’exécutif saisit le représentant de l’Etat pour arbitrage. En cas
d’arbitrage infructueux, l’organe délibérant peut, sur proposition
motivée du représentant de l’Etat, être suspendu par le ministre chargé
des collectivités territoriales pour une période n’excédant pas deux
(02) mois.
(2) Au terme de la suspension, un nouveau délai de quinze (15) jours est
accordé à l’organe délibérant pour le vote du budget.
(3) En cas de persistance du refus, l’organe délibérant peut être
dissout.
(4) Pendant la suspension ou la durée de la dissolution, suivant le cas,
le représentant de l’Etat reconduit le budget par douzième provisoire.
Le budget ainsi reconduit est exécuté par une délégation spéciale
jusqu’à la mise en place d’un nouvel organe délibérant.

L’organe délibérant peut amender le projet de budget présenté par
l’exécutif de la collectivité territoriale dans le respect des lois et
règlements en vigueur.

Le chef de l’exécutif de la collectivité territoriale dispose d’un délai
de sept (07) jours pour transmettre au représentant de l’Etat, le budget
voté, ses pièces annexes, ainsi que le procès-verbal de séance.

Le budget de la collectivité territoriale est approuvé par arrêté du
représentant de l’Etat dans un délai de quinze (15) jours suivant la
date de sa réception par celle-ci. Passé ce délai, le budget est réputé
adopté.

(1) Le représentant de l’Etat qui approuve le budget de la collectivité
territoriale peut, après une mise en demeure restée sans effet, le
modifier d’office lorsque :
– ledit budget n’est pas voté en équilibre ;
– les crédits inscrits pour couvrir les dépenses obligatoires sont
insuffisants ;
– les dépenses sont interdites au sens des dispositions de
l’Article 406
de la présente loi ;
– les ratios prévus à l’article 417 ci-dessus ne sont pas respectés.

(1) Lorsque le budget n’a pas été voté au début de l’exercice, le
représentant de l’Etat met en demeure le collectivité territoriale
concernée d’y remédier sous quinze (15) jours.
(2) Jusqu’au vote et à l’approbation du budget, le représentant de
l’Etat reconduit le budget de l’exercice précédent par douzième
provisoire.

Le budget approuvé est publié sur le site électronique de la
collectivité territoriale, par voie d’affichage, par tous autres moyens
et déposés à son siège où il peut être consulté. Une copie est transmise
aux ministres chargés respectivement des collectivités territoriales et
des finances.

Les autorisations spéciales de recettes et de dépenses sont votées et
approuvées dans les mêmes formes que le budget.

(1) Un budget annexe est établi pour tout service public
régional ou communal doté de l’autonomie financière, mais
sans personnalité juridique.
(2) Le budget annexe retrace les opérations résultant des
activités de production de biens ou de prestation de
services donnant lieu à paiement d’un prix.
(3) Le budget annexe est voté dans les mêmes conditions que
le budget de la collectivité territoriale et approuvé par le
représentant de l’Etat.
(4) Les opérations du budget annexe sont prévues, autorisées
et exécutées dans les mêmes conditions que le budget de la
collectivité territoriale.

Le budget du syndicat des communes est préparé, voté et
approuvé conformément à la convention de création, et dans
les mêmes formes que le budget de la commune.

(1) Les opérations d’exécution du budget de la collectivité territoriale incombent
aux ordonnateurs, aux contrôleurs financiers et aux comptables publics dans les
conditions définies par la réglementation en vigueur.
(2) Les fonctions d’ordonnateurs et celles de comptables publics sont et demeurent
séparées et incompatibles tant en ce qui concerne l’exécution des recettes que
l’exécution des dépenses.
(3) Toutefois, l’ordonnateur et le comptable exercent leurs attributions respectives
en étroite collaboration.

(1) Le président du Conseil Régional et le président du Conseil Exécutif
Régional sont respectivement ordonnateur du budget de la Région et
ordonnateur du budget de la Région à statut spécial.
(2) Le Maire est l’ordonnateur du budget de la commune, de la communauté
urbaine et de la commune d’arrondissement.
(3) Le président du syndicat des communes est l’ordonnateur du budget du
syndicat des communes.
(4) Les autorités mentionnées aux alinéas 1, 2 et 3 ci-dessus sont des
ordonnateurs principaux.

(1) Le responsable de programme est désigné par décision du chef de
l’exécutif de la collectivité territoriale. L’acte de désignation
précise les conditions dans lesquelles les compétences d’ordonnateur lui
sont déléguées, ainsi que les modalités de gestion du programme. Cet
acte est transmis, pour information, au représentant de l’Etat, à la
juridiction des comptes de rattachement, au ministre chargé des
collectivités territoriales et au ministre des finances.
(2) Sur la base des objectifs généraux définis dans la charte de
gestion, le responsable de programme détermine les objectifs
spécifiques, affecte les moyens et contrôle les résultats des services
chargés, sous sa responsabilité, de la mise en œuvre du programme. Il
s’assure du respect des dispositifs de contrôle de gestion.

(1) Un contrôleur financier est nommé auprès de l’ordonnateur principal
de la collectivité territoriale par le ministre chargé des finances.
(2) Le contrôleur financier est chargé des contrôles des opérations
budgétaires, dans les conditions fixées par décret du président de la
République.
(3) Le contrôleur financier donne un avis sur le caractère sincère et
soutenable des plans d’engagement des dépenses.
(4) Il ne peut, en aucun cas, subordonner l’apposition du visa à
l’appréciation de l’opportunité des décisions prises par l’ordonnateur.
(5) Il est tenu, dans un délai de soixante-douze (72) heures, dès
réception du dossier, de motiver tout rejet, le cas échéant.

(1) La collectivité territoriale est dotée d’un poste comptable autonome
détenant l’exclusivité de ses opérations financières. Ce poste comptable
est créé par arrêté du ministre chargé des finances. Un texte
réglementaire en fixe l’organisation et le fonctionnement.
(2) Le poste comptable est placé sous l’autorité d’un comptable public.
Il est un comptable principal.

Le recouvrement des recettes et le paiement des dépenses locales sont
effectués par le comptable public de la collectivité territoriale
dénommé « receveur régional » ou « receveur municipal ».

(1) Le receveur régional et le receveur municipal auprès d’une
communauté urbaine sont choisis au sein du personnel des services civils
et financiers de l’Etat et nommés par arrêté conjoint du ministre chargé
des collectivités territoriales et du ministre des finances.
(2) Les autres responsables du poste comptable régional et les autres
responsables du poste comptable auprès d’une communauté urbaine sont
choisis au sein du personnel des collectivités territoriales ou, le cas
échéant, au sein du personnel des services civils et financiers de
l’Etat, et nommés par arrêté conjoint du ministre chargé des
collectivités territoriales et du ministre des finances.
(3) Les autres receveurs municipaux sont nommés au sein du personnel des
collectivités territoriales ou, le cas échéant, au sein du personnel des
services civils et financiers de l’Etat, par arrêté du ministre chargé
des collectivités territoriales.
(4) Les autres responsables des postes comptables des communes sont
nommés au sein du personnel des collectivités territoriales par arrêté
du chef de l’organe exécutif de la collectivité territoriale.
(5) L’organisation de la fonction de comptable des collectivités
territoriales est fixée par voie réglementaire.
(6) Le statut et les attributions des comptables des collectivités
territoriales sont fixés par un texte réglementaire.
(7) Lorsqu’une collectivité territoriale ne dispose pas de contrôleur
financier, cette fonction est assurée par le comptable public de la
collectivité territoriale.

Il est interdit aux conseillers régionaux, aux membres des organes
exécutifs régionaux, aux conseillers municipaux, aux organes exécutifs
municipaux, aux receveurs régionaux et municipaux, ainsi qu’à leurs
conjoints et autres ayants-droits, de fournir des biens ou prestations à
la collectivité territoriale dans laquelle ils exercent ou à laquelle
ils appartiennent.

La procédure d’exécution des recettes comprend la phase d’émission du
titre exécutoire qui relève de l’ordonnateur et la phase de recouvrement
qui relève du comptable. Pour les recettes encaissées directement par le
comptable, les titres sont émis en régularisation.

A l’initiative du comptable, l’ordonnateur peut, sur délibération
approuvée par l’autorité de tutelle, procéder à l’admission en
non-valeur des créances jugées irrécouvrables, dans le respect de la
réglementation en vigueur.

Les réclamations, annulations et poursuites relatives aux créances des
collectivités territoriales obéissent aux mêmes règles et procédures que
celles de l’Etat.

L’ordonnateur du budget d’une collectivité territoriale ne peut exécuter
une dépense qu’après s’être assuré :
– qu’elle correspond à l’imputation budgétaire correcte et que son
montant entre dans la limite des crédits votés ;
– qu’elle peut être couverte par les fonds disponibles ;
– que les pièces justificatives sont complètes ;
– que le service ou la fourniture a été fait(e) ;
– que les formalités requises par les lois et règlements en vigueur ont
été préalablement respectées.

La procédure d’exécution des dépenses comprend deux (02) phases :
– la phase administrative qui relève de l’ordonnateur. Elle comporte
l’engagement, la liquidation et l’ordonnancement ;
– la phase comptable qui relève du comptable de la collectivité
territoriale et qui consiste au paiement de la dépense.

L’exécution des dépenses obéit aux dispositions applicables en matière
de commande publique des collectivités territoriales.

Par dérogation aux dispositions de l’article 446 ci-dessus,
l’ordonnateur peut, sur la base d’une délibération approuvée par le
représentant de l’Etat, ouvrir une régie d’avance pour le paiement des
dépenses courantes de fonctionnement conformément à la réglementation en
vigueur.

Le comptable de la collectivité territoriale contrôle la régularité de
la dépense. Il ne peut, en aucun cas, subordonner ses actes de paiement
à une appréciation de l’opportunité des décisions prises par
l’ordonnateur. Il est tenu, dans un délai de soixante-douze (72) heures,
dès réception du dossier, de motiver la suspension ou le refus de
paiement.

Le règlement des dépenses locales se fait par bon de caisse, par
virement, par chèque ou par opération d’ordre, suivant les modalités
fixées par la réglementation en vigueur.

Le chef de l’organe exécutif ne peut contraindre le receveur de la
collectivité territoriale à viser ou à payer des dépenses en violation
des prescriptions prévues par la loi.

(1) Les opérations d’engagement sur le budget de la collectivité
territoriale au titre de l’année budgétaire sont arrêtées au 30
Novembre.
(2) Les opérations d’ordonnancement au titre de l’année budgétaire sont
arrêtées au 31 Décembre.

(1) Les crédits de fonctionnement non engagés en fin d’exercice sont
réputés annulés. Quant aux crédits d’investissement, ils sont reportés
au budget suivant.
(2) Les dépenses liquidées mais non ordonnancées en fin d’exercice sont
transmises par l’ordonnateur au comptable pour prise en charge.
(3) Les crédits de paiement ouverts sur un programme et disponibles à la
fin de l’année sont reportés sur le même programme ou à défaut sur un
programme poursuivant le même objectif. Le montant des crédits ainsi
reportés s’inscrit dans le cadre d’une provision constituée à cet effet
dans le budget.

(1) Sont définies comme opérations de trésorerie :
– tous les mouvements de numéraires, de valeurs mobilisables, de comptes
de dépôts et de comptes courants ;
– les opérations concernant les comptes de créances et de dettes.
(2) Les opérations de trésorerie sont décrites par nature par les
comptables de la collectivité territoriale pour leur totalité et sans
contraction entre elles.
(3) Les charges et les produits résultant de l’exécution des opérations
de trésorerie sont imputés aux comptes budgétaires.

(1) Les fonds de la collectivité territoriale sont versés à la recette
régionale, à la recette municipale ou à la caisse de dépôt et
consignation.
(2) Les fonds centralisés ou faisant l’objet de péréquation ainsi que
les fonds d’emprunt dont la gestion est confiée aux organismes visés à
l’article 497 de la présente loi, peuvent être déposés dans un sous
compte du compte unique du trésor ouvert à la banque centrale ou à la
caisse de dépôt et consignation.

(1) Le receveur municipal ou régional assure le recouvrement, la garde
et le maniement des fonds et valeurs de la collectivité territoriale
concernée.
(2) Toute personne qui, sans autorisation légale, s’immisce dans le
maniement des deniers publics, est assimilée à un comptable de fait.
(3) Les fonds des collectivités territoriales sont des deniers publics.

(1) A la fin de chaque journée, le receveur est tenu d’adresser à
l’ordonnateur l’état de la trésorerie.
(2) Dans la collectivité territoriale où un comptable du trésor exerce
de droit les fonctions du receveur, les fonds de la collectivité
territoriale servent exclusivement à la couverture de ses dépenses.

Sur leur demande, l’Etat peut accorder aux collectivités territoriales
une avance de trésorerie sur les recettes escomptées, après avis motivé
du ministre chargé des collectivités territoriales.

Les créances non réclamées sont réputées prescrites dans un délai de
quatre (04) ans à partir de l’exercice auquel elles sont rattachées et
définitivement éteintes au profit de la collectivité territoriale.

(1) Un plan annuel d’engagement, produit par l’ordonnateur, et un plan
de trésorerie, produit par le comptable sont annexés au budget de la
collectivité territoriale.
(2) Ils sont mis à jour et présentent tous les trois (03) mois la
situation de la trésorerie et de l’exécution budgétaire.

(1) Les ressources provenant de la coopération décentralisée, celles
mises à la disposition des collectivités territoriales par les
institutions et organisations internationales, ainsi que par les Etats
étrangers obéissent aux règles d’exécution, de comptabilité, de gestion
de trésorerie et de contrôle prévues par la présente loi.
(2) Les conventions de financement négociées avec les partenaires au
développement et jointes en annexe du budget de la collectivité
territoriale fixe les modalités de mise en œuvre des règles et régime
prévus à l’alinéa 1 ci-dessus.

La collectivité territoriale tient trois (03) types de comptabilité :
– une comptabilité budgétaire des recettes et dépenses ;
– une comptabilité générale ;
– une comptabilité analytique.

(1) La comptabilité budgétaire retrace les opérations d’exécution du
budget en recettes et en dépenses. Elle est tenue, en partie simple, par
l’ordonnateur et par le comptable, chacun en ce qui le concerne, selon
la nomenclature budgétaire sectorielle des collectivités territoriales.
(2) La comptabilité budgétaire est destinée à vérifier le respect, par
l’organe exécutif, de l’autorisation de l’organe délibérant.
(3) La comptabilisation des recettes et des dépenses budgétaires obéit
aux principes suivants :
– les recettes sont prises en compte au titre du budget de l’année en
cours de laquelle elles sont encaissées par un comptable public ;
– les dépenses sont prises en compte, successivement au moment de leur
engagement puis de leur paiement, au titre du budget de l’année en cours
de laquelle elles sont engagées par l’ordonnateur, puis payées par le
comptable public ;
– toutes les dépenses doivent être imputées sur les crédits de l’année
considérée, quelle que soit la date de la créance.
(4) L’ordonnateur tient une comptabilité budgétaire auxiliaire des
liquidations et des émissions des recettes d’une part, et une
comptabilité budgétaire auxiliaire des liquidations et des
ordonnancements des dépenses d’autre part.
(5) Le comptable public tient une comptabilité budgétaire auxiliaire qui
renseigne sur les encaissements en ce qui concerne les opérations de
recettes, et les paiements en ce qui concerne les dépenses. Elle permet
de dégager les restes à recouvrer et les restes à payer.
(6) Toutefois, des dépenses budgétaires engagées et liquidées au cours
de l’exercice budgétaire peuvent être payées après la fin de l’exercice,
au cours d’une période complémentaire dont la durée ne peut excéder
trente (30) jours.

(1) La comptabilité générale retrace les opérations budgétaires, les
opérations de trésorerie, les opérations faites avec les tiers, les
mouvements du patrimoine et les valeurs d’exploitation.
(2) La comptabilité générale de la collectivité territoriale est fondée
sur le principe de la constatation des droits et obligations. Les
opérations sont prises en compte au titre de l’exercice auquel ils se
rattachent, indépendamment de leur date de paiement ou d’encaissement.
(3) La comptabilité générale est tenue selon le système de la partie
double. Les principes comptables sont déterminés par le plan comptable
sectoriel des collectivités territoriales, établir par voie
réglementaire.
(4) Les règles applicables à la comptabilité générale de la collectivité
territoriale s’inspirent des normes comptables de l’Etat. Elles ont pour
finalité la production :
– du tableau de la situation nette ou bilan, ou d’un état récapitulant
les actifs financiers et les passifs de la collectivité territoriale ;
– le tableau des flux des opérations de trésorerie ;
– le tableau des opérations financières des collectivités territoriales.

Les comptes de la collectivité territoriale comprennent les résultats de
la comptabilité budgétaire et ceux de la comptabilité générale : ils
doivent être réguliers, sincères et donner une image fidèle de
l’exécution du budget, de l’évolution du patrimoine de la collectivité
territoriale et de sa situation financière.

La comptabilité analytique, instituée auprès des ordonnateurs, permet
d’analyser les coûts détaillés des services rendus ou des différents
programmes et projets engagés dans le cadre du budget de la collectivité
territoriale.

Les ordonnateurs sont tenus de rendre compte de l’exécution des
programmes et projets. Ils prescrivent l’exécution du budget.
A ce titre, ils :
– constatent les droits et liquident les recettes ;
– engagent, liquident et ordonnancent les dépenses.

(1) Les ordonnateurs sont astreints à la production d’un compte
administratif retraçant les actes de leur gestion et d’un rapport annuel
de performance sur les programmes.
(2) Le rapport annuel de performance présente, pour chaque programme,
les résultats obtenus comparés aux objectifs fixés, les actions
développées et les moyens utilisés, accompagnés d’indicateurs
d’activités et de résultats, ainsi que d’une estimation des coûts des
activités et des services rendus.
(3) Le rapport annuel de performance est produit par les responsables
des programmes sous l’autorité du chef de l’exécutif de la collectivité
territoriale.

(1) Le compte administratif est adopté par l’organe délibérant au plus
tard le 31 Mars de l’année suivant l’exercice budgétaire auquel il se
rattache. Il est approuvé au plus tard le 30 Avril de la même année.
(2) Le compte administratif et le budget ne peuvent être votés au cours
de la même session.
(3) Le projet de budget ne peut être mis en discussion devant l’organe
délibérant, avant le vote, pat celui-ci, du compte administratif
afférent à l’année qui précède celle de la discussion dudit projet de
budget.
(4) La forme du compte administratif visé à l’alinéa 1 ci-dessus est
déterminée par voie réglementaire.

(1) Au cours de la session consacrée à l’adoption du compte
administratif, l’organe délibérant élit un président de séance. Les
membres de l’organe exécutif assistent au débat, mais se retirent au
moment du vote.
(2) Est nulle et de nul effet, toute délibération portant adoption du
compte administratif, prise en violation des dispositions prévues à
l’alinéa 1 ci-dessus.

L’organe délibérant ne peut modifier les chiffres du compte
administratif. En cas d’irrégularité de gestion constatée, le compte
administratif est rejeté. Un rapport circonstancié est adressé par le
président de séance au représentant de l’Etat, pour saisine des services
compétents de l’Etat, dans un délai de soixante-douze (72) heures.

(1) Le compte administratif adopté par l’organe délibérant est
accompagné des pièces annexes suivantes :
– le rapport annuel de performance ;
– le procès-verbal de séance de délibération ;
– la délibération portant vote du compte administratif ;
– l’état des restes à recouvrer et des restes à payer accompagné d’un
rapport indiquant les mesures envisagées pour maîtriser ces restes à
recouvrer et ces restes à payer ;
– l’état des dépenses engagées mais non liquidées ;
– le tableau des opérations financières de la collectivité territoriale
;
– le rapport d’exécution des projets d’investissement justifiant les
écarts constatés au cours de l’année concernée entre les prévisions et
les réalisations ;
– l’état du matériel et des immeubles acquis au cours de l’exécution du
budget correspondant ;
– le compte de gestion patrimoniale de l’ordonnateur-matière.
(2) Il est approuvé par le représentant de l’Etat et déposé au siège de
la collectivité territoriale.
(3) Le compte administratif approuvé est publié sur le site électronique
de la collectivité territoriale et déposé à son siège où il peut être
consulté. Une copie est transmise aux ministres chargés respectivement
des finances et des collectivités territoriales.
(4) Tout habitant ou contribuable de la collectivité territoriale
concernée peut à ses frais, demander communication ou obtenir copie
totale ou partielle du compte administratif et de ses pièces annexes.
(5) En cas de silence dans un délai de dix (10) jours, tout requérant
peut saisir le représentant de l’Etat qui lui donne suite dans un délai
de soixante-douze (72) heures.

Les ordonnateurs des collectivités territoriales sont soumis au même
régime que les ordonnateurs du budget de l’Etat.

(1) Les comptables des collectivités territoriales sont des agents
publics régulièrement préposés aux comptes et/ou chargés du
recouvrement, de la garde et du maniement des fonds et valeurs.
(2) Ils rendent compte annuellement des opérations rattachées à leur
gestion conformément aux lois et règlements en vigueur.
(3) La forme des comptes mentionnés à l’alinéa 1 ci-dessus et les
justificatifs y relatifs sont déterminés par voie réglementaire.

(1) Les comptables des collectivités territoriales sont des comptables
publics.
(2) Le chef de poste, comptable principal, est astreint à la production
d’un compte de gestion.
(3) Le compte de gestion est soumis à l’organe délibérant en même temps
que le compte administratif. Les deux (02) comptes doivent être
concordants.

(1) Les comptables des collectivités territoriales sont personnellement
et pécuniairement responsables :
– des fonds et valeurs dont ils ont la charge ;
– du recouvrement des titres de perception pris en charge ;
– des paiements effectifs ;
– de l’exactitude de leurs écritures.
(2) Les comptes des comptables publics des collectivités territoriales
sont jugés par la juridiction des comptes.

La juridiction des comptes juge les comptes des personnes qu’elle
déclare comptable de fait.

En cas de mutation en cours d’année, le compte est produit par le
receveur sortant sur sa période de gestion.

(1) Le chef de l’exécutif est l’ordonnateur-matières de la collectivité
territoriale.
(2) Il peut être assisté par un agent public ayant les compétences
requises à cet effet.

(1) L’ordonnateur-matières est responsable de la régularité des
écritures de prise en charge.
(2) Il assure la garde et la conservation du mobilier et du matériel de
la collectivité territoriale.
(3) Il tient une comptabilité-matières dans les conditions fixées par la
réglementation en vigueur.

Les règles régissant la comptabilité-matières de l’Etat sont applicables
à la comptabilité-matières des collectivités territoriales.

(1) Les opérations relatives à l’exécution du budget sont soumises au contrôle
juridictionnel, au contrôle administratif, au contrôle de l’organe délibérant et aux
audits.
(2) Les contrôles mentionnés à l’alinéa 1 ci-dessus portent sur la régularité des
actes de gestion et la performance dans l’exécution des programmes.
(3) Pendant l’exercice de leur mandat, les organes de contrôle ci-dessus jouissent
d’une indépendance vis-à-vis de la collectivité territoriale soumise au contrôle et
disposent des pouvoirs d’investigation conformément aux lois et règlements en
vigueur, ainsi qu’aux normes professionnelles.

Le contrôle juridictionnel des comptes des collectivités territoriales
est exercé par la juridiction des comptes, conformément aux lois et
règlements en vigueur.

(1) Le contrôle administratif comprend :
– le contrôle exercé par les institutions et organes de contrôle de
l’Etat ;
– le contrôle financier et comptable tel que défini par le régime
financier de l’Etat et des autres entités publiques ;
– l’audit interne exercé par l’exécutif de la collectivité territoriale.
(2) Un contrôle de régularité et de performance et de la gestion des
collectivités territoriales et des établissements publics locaux ainsi
que des entités privées ayant reçu une subvention, au aval ou une
caution de la collectivité territoriale, peut être mené par les services
spécialisés de l’Etat, conformément aux lois et règlements en vigueur.
(3) Les modalités d’organisation de ces contrôles sont fixées par voie
réglementaire.

Lors de l’examen du projet de budget ou du compte administratif,
l’organe délibérant exerce un contrôle sur l’exécution du budget, ainsi
que des programmes et projets y afférents.

(1) L’organe délibérant peut constituer des commissions ad hoc sur des
sujets intéressant la gestion financière de la collectivité
territoriale. Les rapports de ces commissions sont soumis à
l’appréciation de l’organe délibérant.
(2) L’organe délibérant peut saisir l’autorité de tutelle ou tout autre
service compétent des faits répréhensibles constatés.
(3) L’organe délibérant peut s’appuyer sur la juridiction des comptes
pour l’exercice de son pouvoir de contrôle. A cet effet, la commission
chargée des finances peut demander à la juridiction des comptes la
réalisation de toute enquête sur la gestion des services ou organisme
qu’elle contrôle.

Des audits peuvent être effectués à la demande du représentant de
l’Etat, de l’organe délibérant ou de l’exécutif.

Sont rendues obligatoires à compter du 1er Janvier 2023, les dispositions concernant :
– la gestion des financements extérieurs ;
– la budgétisation des emplois ;
– la comptabilité d’analyse des coûts ;
– la comptabilité patrimoniale ;
– les recettes.

(1) Lorsque le maire, le président du conseil régional, les membres du bureau régional ou du
conseil exécutif régional, le président d’un syndicat de communes ou tout autre conseiller
régional ou communal est condamné pour crime, sa déchéance est de droit.
(2) Lorsqu’il fait l’objet d’une condamnation pour délit ou lorsque son comportement met
gravement en cause les intérêts de la commune, de la communauté urbaine, de la région ou du
syndicat de communes, sur la base de fait précis qualifiés comme tels par le conseil ou
l’assemblée et après avoir été entendu ou invité par le représentant de l’Etat à fournir des
explications écrites sur les faits qui lui sont reprochés, il peut être déchu par arrêté du
ministre chargé des collectivités territoriales.
(3) A titre de mesure conservatoire, et en cas d’urgence, le représentant de l’Etat peut
notifier au responsable ou conseiller incriminé, par tout moyen laissant trace écrite, la
cessation immédiate de ses fonctions. Dans ce cas, l’arrêté prévu à l’alinéa 2 ci-dessus est
publié dans un délai maximal d’un (01) mois à compter de la date de la notification.

La déchéance emporte de plein droit l’inéligibilité aux fonctions exécutives ou délibérantes
pour une durée de dix (10) ans.

Sans que la liste soit limitative, peuvent entraîner l’application des dispositions de l’article
489 de la présente loi :
a) les faits prévus et punis par la législation instituant les organismes de discipline
budgétaire et financière ;
b) l’utilisation des deniers publics de la commune, de la communauté urbaine, de la région ou du
syndicat de communes, à des fins personnelles ou privées ;
c) le faux en écriture publique ou authentique, tel que prévu dans la législation pénale ;
d) la concussion ou la corruption ;
e) la spéculation sur l’affectation ou l’usage des terrains publics et autres biens meubles et
immeubles de la commune, de la communauté urbaine, de la région ou du syndicat de communes, les
permis de construire, de lotir ou de démolir suivant le cas.

En l’absence d’un texte particulier, tout engagement d’un agent par la commune, la communauté
urbaine, la région ou le syndicat de communes s’effectue suivant les modalités de recrutement,
rémunération et déroulement de carrière applicables aux emplois équivalents de l’Etat.

Les communes, communautés urbaines et communes d’arrondissement dotées d’un service de police
municipale disposent d’un délai d’un (01) an pour se conformer aux dispositions de la présente
loi.

Les cahiers des charges types et les règlements types concernant les services publics locaux
sont rendus exécutoires par voie réglementaire.

(1) Il ne peut être dérogé aux cahiers des charges types et aux règlements types que par arrêté
du ministre intéressé et dans le cas de circonstances particulières avérées.
(2) L’arrêté prévu à l’alinéa 1 ci-dessus est pris sur proposition du ministre chargé des
collectivités territoriales.

En vue d’assurer le développement harmonieux de toutes les collectivités territoriales sur la
base de la solidarité nationale, des potentialités régionales et de l’équilibre inter-régional,
un ou plusieurs organismes sont créés, en tant que de besoin, par décret du président de la
République.

Pour la mise en place des Régions :
un décret du premier ministre définit l’organigramme-type de l’administration régionale, après
avis des présidents des conseils régionaux et des présidents des conseils exécutifs régionaux ;
le ministre chargé des collectivités territoriales fixe par arrêté un règlement intérieur-type
pour le fonctionnement du conseil régional et de l’assemblée régionale, lequel est applicable
jusqu’à l’adoption d’un règlement intérieur par chaque organe délibérant.

(1) Les services déconcentrés de l’Etat, initialement placés sous l’autorité du gouverneur de
région, et dont les compétences sont intégralement transférées aux régions, sont reversés auprès
du président du conseil régional ou du président du conseil exécutif régional.
(2) Les services d’arrondissement de l’Etat dont les compétences sont intégralement transférées
aux communes, sont reversés auprès du maire de la commune ou de la commune d’arrondissement
selon le cas.
(3) Le personnel de l’Etat, ainsi que les biens meubles et immeubles relevant ou appartenant
initialement aux services déconcentrés de l’Etat mentionnés à l’alinéa 1 et 2 sont mis à la
disposition de la région, de la commune ou de la commune d’arrondissement selon le cas.
(4) Le personnel visé à l’alinéa 3 ci-dessus reste régis par les statuts qui lui sont
applicables lors de l’entrée en vigueur de la présente loi.
(5) Un décret du président de la République détermine les modalités de transfert, d’affectation
ou de mise à disposition prévues au présent article, selon que le transfert des compétences est
intégral ou partiel.

Avant le transfert effectif des services et la mise en place de la fonction publique locale, les
conditions d’utilisation de chaque service de l’Etat par les collectivités territoriales, ainsi
que les modalités de gestion du personnel obéissent aux mécanismes actuellement en vigueur.

En cas de silence du titre V du livre quatrième, les dispositions communes relatives à
l’organisation et au fonctionnement des régions contenues dans les titres I à III du même livre
s’appliquent.

Sont abrogées les dispositions antérieures contraires, notamment :
– La loi n° 2004/017 du 22 Juillet 2004 d’orientation de la décentralisation ;
– La loi n° 2004/018 du 22 Juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes ;
– La loi n° 2004/019 du 22 Juillet 2004 fixant les règles applicables aux régions ;
– La loi n° 2009/011 du 10 Juillet 2009 portant régime financier des collectivités territoriales
décentralisées.

La présente loi sera enregistrée, publiée suivant la procédure d’urgence, puis insérée au
Journal Officiel en anglais et en français.